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Pour un accord inclusif avant le 19 décembre 2016 : T. Perriello à Kinshasa pour un coup de pouce à la CENCO !

Thomas Perriello

L’Emissaire de Washington  dans la région des Grands Lacs a demandé l’appui du Congrès américain à la médiation de l’Episcopat catholique, même s’il y a  encore de la  méfiance entre acteurs politiques congolais

L’Emissaire du  gouvernement américain dans la Région des Grands Lacs, Thomas Perriello est annoncé à Kinshasa le vendredi 2 décembre 2016,sauf changement de dernière minute, après avoir pris part  à une session spéciale de la Commission des droits de l’homme du Congrès américain consacrée à la situation  en RDC surtout sur la démocratie et des droits de l’homme en République démocratique du Congo le mardi 29 novembre 2016.

Il vient à Kinshasa pour suivre de près le travail de bons offices que mène la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) pour parvenir à un large consensus entre les parties congolaises.

Pour lui, la démarche des évêques est une allure de dernière chance pour éviter le pire qui pointe à l’horizon à l’approche de la date du 19 décembre.

L’Envoyé spécial américain dans la Région des Grands Lacs a expliqué que la situation en RDC est « tendue », craignant « le pire si rien n’est fait ».

Devant la tribune de la Commission des droits de l’homme du Congrès américain consacrée à la situation  en RDC, Perriello a appelé à des sanctions individuelles contre les personnalités congolaises qui entravent le processus démocratique.

Selon lui, c’est « le seul moyen pouvant inciter le gouvernement à respecter les droits de l’homme et éviter la crise qui se profile au 19 décembre ».

Il a demandé aussi l’appui du Congrès américain à la médiation des évêques de la CENCO, même si, dit-il, il y a de la « méfiance entre acteurs politiques congolais. »

L’arrivée de l’émissaire d’Obama à Kinshasa ce vendredi est une bonne chose car, en un bon diplomate, Thomas Perriello peut cette fois ci convaincre la Majorité au pouvoir et le Rassemblement des Forces Politiques et sociales acquises au changement rangé derrière Etienne Tshisekedi de trouver un compromis afin de sortir le pays du bourbier dont les conséquences risquent de déstabiliser toute la région.

Lors de son intervention au congrès américain, Thomas Perriello a félicité les efforts du président Denis Sasou Nguesso du Congo d’en face et d’autres héros dans l’ombre pour qu’un compromis soit trouvé entre les parties congolaises.

HRW toujours intransigeant vis-à-vis de Kabila

La chercheuse Senior de Human Rights Watch, Ida Sawyer a regretté  de constater qu’a trois semaines de la date limite du 19 décembre, le président Joseph Kabila n’a pas dit clairement qu’il quitterait le pouvoir, mais les violations des droits de l’homme continuent.

Pour Ida, Kabila doit partir avant le 19 décembre 2016. Elle a indiqué que la porte est encore ouverte pour le président Kabila et l’opposition pour s’entendre. Elle a également évoqué le cas de l’impunité en faisant allusion à  Gédéon Kyungu qu’elle considère comme criminel hors pair protégé aujourd’hui par le gouvernement de la RDC.

Mme Sawyer  a signifié aux congressistes que depuis 2015, les autorités de la RDC ont arrêté et torturé des centaines d’activistes des droits de l’homme. Elle a rappelé que des sièges des partis d’opposition avaient été attaqués et des sociétaires tués.

« Si le président Kabila reste au pouvoir après le 19 décembre sans annonce publique claire d’une date pour son retrait du pouvoir et sans un large consensus sur l’organisation d’une période de transition jusqu’aux élections, il existe un risque que des manifestations éclatent et que les forces de sécurité répondent avec une force excessive. Le pays pourrait s’enfoncer dans une violence généralisée et dans le chaos », a déclaré Ida.

Elle a encouragé les Etats-Unis à accroitre les sanctions contre les supérieurs, parmi les forces de sécurité.
«  Les partenaires régionaux et internationaux de la RD Congo devraient être mobilisés aux plus hauts niveaux pour éviter ce scénario.

Ils devraient mettre en place des sanctions ciblées contre les responsables impliqués dans les abus pour montrer que la répression a des conséquences réelles et pour dissuader de nouvelles violences », a-t-elle martelé.

Vivement la surveillance du flux financier

De son coté, l’activiste congolais Fred Bauma, membre du mouvement de la Lutte pour le Changement (Lucha) avait pris parole pour expliquer l’évolution de la situation politique en RDC caractérisée par les violations massives des droits humains.

Il a rappelé ses 17 mois de détention en tant que membre actif du mouvement Lucha et le calvaire subi. Fred Bauma a parlé aussi de cas de blanchissement d’argent et de corruption dénoncés ces derniers temps à travers le monde. C’est pourquoi, cet activiste a suggéré la surveillance du flux financier pour contrôler la situation et connaitre les responsables.

« Les autorités disent qu’il n’y a pas d’argent pour les élections, mais ils dépensent des millions pour faire du lobbying même ici aux Etats-Unis. Je suggère que le Congres demande à l’administration américaine d’accroitre les sanctions financières contre ceux impliqués dans ces malversations et dans la répression des manifestations pacifiques. Il faut le faire maintenant pour éviter les violences après le 19 décembre. Après, j’ai bien peur qu’il soit trop tard », a dit Fred Bauma.

Pour lui, Joseph Kabila pourrait être un héros s’il se retirait à la fin de son mandat. Il veut que la Monusco ne joue pas que le rôle de partenariat avec le gouvernement.

MM Barnabé Kikaya, Zénon Mukongo et François Balumuene, respectivement Conseiller diplomatique de Joseph Kabila, Ambassadeur de la RDC en Suisse et Représentant des Congolais aux USA ont été présents lors de la session spéciale. Il en est aussi d’autres congolais de la Diaspora  dont l’écrivain Mvemba Dizolele qui avait même pris la parole.

Par Godé Kalonji

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