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A travers son homélie de la messe de Noël : Le Cardinal Monsengwo interpelle encore les acteurs politiques congolais

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C’est à l’occasion des festivités de Noël 2016 que le Cardinal Laurent Monsengwo, Archevêque  de Kinshasa, à travers  son message envoyé et lu en lieu et place de l’homélie dans toutes les messes, a trouvé les mots justes pour interpeller une fois de plus les acteurs politiques congolais.

En effet, l’adresse du prélat catholique arrive à point nommé parce qu’elle vient apporter de lumière sur toutes les questions que d’aucuns se posaient au sujet du silence qu’a gardé ce dernier depuis un certain temps et surtout avant et pendant les travaux des négociations directes qui se tiennent au Centre interdiocésain sous les bons offices de la Conférence Episcopale Nationale du Congo(CENCO), dont il fût président.

Dans son message, l’évêque métropolitain de Kinshasa a d’abord parlé de la venue du christ comme la plénitude du temps, c’est-à-dire au temps fixé par Dieu dès l’origine pour l’accomplissement de ses promesses, c’est le temps d’une longue histoire d’amour entre Dieu et les hommes, faite des hauts et des bas temps où l’homme pécheur a fait l’expérience incessante de la miséricorde de Dieu à son endroit, autrement dit, l’histoire de la pédagogie divine pour apprendre à l’homme à s’émanciper du péché par la loi de Moise pour finalement vivre de l’esprit saint.

Focalisant aussi son adresse sur le respect de la constitution et les droits de l’homme, le Cardinal Monsengwo s’étonne que pendant que Dieu nous envoie son fils pour être l’un de nôtre, nous apprendre comment vivre en hommes raisonnables, justes et religieux, d’aucuns mijotent nuit et jour, mort et tueries ; les armes crépitent.

Pour lui, il est plus facile de tuer que de ne pas tuer. Il est plus facile de céder à la violence que de résister à la force. Il est plus beau d’être artisan de paix qu’artisan de la violence. Il n’y a pas de grandeur à manier les armes pour tuer les gens.

Le fait de prendre le pouvoir par les armes ne justifie pas qu’on ne puisse le quitter que par les armes – « Qui tue par l’épée, périra par l’épée », dit Jésus (Mt 26, 52).

La paix de Noël, a-t-il poursuivi, est pour tous sans exception, parce qu’elle est destinée à tous ceux que Dieu aime. C’est la paix des cœurs, et la paix des esprits ; la paix qui signifie intégrité corporelle, mais qui dit surtout une âme intègre, en communion avec Dieu et en quête de Dieu et des biens éternels.

C’est à juste titre qu’il convient de prendre en compte l’appel du Pape François, lorsqu’il exhorte tous les congolais à être des artisans de réconciliation et de paix et que tous ceux qui ont des responsabilités politiques écoutent la voix de leur propre conscience , sachant voir les souffrances cruelles de leurs compatriotes et aient à cœur le bien commun (Audience générale , mercredi 21 décembre 2016).

La paix de Noël exclut les assassinats, les tueries, la violence. Elle implique la justice, l’amour, la vérité, sans lesquels on s’expose à des mécontentements, des frustrations, des troubles sinon à des émeutes ; contraires à l’harmonie sociale, indispensable à la réconciliation : celui qui respecte la constitution n’a rien à craindre de la justice.

Celui dont les droits sont bafoués se sent protégé par la même constitution. Pour terminer, Laurent Monsengwo a prié pour que Emmanuel, notre paix fasse de tous les Congolais les artisans de paix.

Message de noël du Cardinal Laurent Monsengo

1. Cette nuit, partout dans le monde chrétien, on crie : « Il est né le divin Enfant… Chantons tous son avènement ». Comme le dit Saint Paul : « Lorsque vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils » (Gal 4, 4). Il vient à la plénitude du temps, c’est-à-dire au temps fixé par Dieu dès l’origine pour l’accomplissement de ses promesses.

2.Le temps qui, dans le projet et le plan de salut de Dieu, a été voulu pour que son Verbe, par qui tout a été créé (Jn 1, 3), s’incarne et se fasse présence visible de Dieu parmi les hommes (Jn 1, 14). Ce temps des origines a précédé le péché de l’homme et sa création.

Mais aussitôt que l’homme a péché, Dieu annonce le salut : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Celui-ci t’écrasera la tête tandis que tu tenteras de l’atteindre au talon » (Gn 3, 15).

3.Cette plénitude du temps, c’est le temps de l’accomplissement des promesses, le temps d’une longue histoire d’amour entre Dieu et les hommes, faite des hauts et des bas, temps où l’homme pécheur a fait l’expérience incessante de la miséricorde de Dieu à son endroit. Autrement dit, l’histoire de la pédagogie divine pour apprendre à l’homme à s’émanciper du péché par la loi (de Moïse) pour finalement vivre de l’Esprit Saint.

4.    Et le Verbe de Dieu, comment vient-il sauver et racheter l’humanité ? Pas en grande pompe, dans la gloire et la grandeur extérieures, mais dans la simplicité et l’humilité d’un enfant; un enfant né dans une étable, parce qu’il n’y avait pas de place pour lui dans le caravansérail.

Le Fils de Dieu n’a pas où loger sur terre. A qui annonce-t-il en premier sa naissance ? A des bergers, des gens pauvres, des petits, des humbles et des simples. Tels sont donc les premiers interlocuteurs du Ciel.

5.    « Soyez sans crainte » dit l’Ange, je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une grande joie pour tout le peuple : « Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ-Seigneur» (Lc 2, 10-11).

Ensuite se joignit à l’Ange l’armée céleste en masse qui chante les louanges de Dieu en disant « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 14). Tels sont les vœux et souhaits du Ciel à la naissance du Christ :

Gloire à Dieu, et paix aux hommes. Il est normal que la naissance du Messie apporte à l’humanité l’abondance des biens messianiques.

Chers frères et sœurs,

6.    Pendant que Dieu nous envoie son Fils, pour être l’un des nôtres, pour nous apprendre comment vivre en hommes raisonnables, justes et religieux (Tt 2, 12), d’aucuns mijotent nuit et jour, mort et tueries ; les armes crépitent.

7.    Il est plus facile de tuer que de ne pas tuer. Il est plus facile de céder à la violence que de résister à la force. Il est plus beau d’être artisan de paix qu’artisan de la violence. Il n’y a pas de grandeur à manier les armes pour tuer les gens.

Le fait de prendre le pouvoir par les armes ne justifie pas qu’on ne puisse le quitter que par les armes – « Qui tue par l’épée, périra par l’épée », dit Jésus (Mt 26, 52).
Bien-aimés dans le Seigneur,

8.    La paix de Noël est pour tous sans exception, parce qu’elle est destinée à tous ceux que Dieu aime. C’est la paix des cœurs, et la paix des esprits ; la paix qui signifie intégrité corporelle, mais qui dit surtout une âme intègre, en communion avec Dieu et en quête de Dieu et des biens éternels.

C’est à juste titre qu’il convient de prendre en compte l’appel du Pape François, lorsqu’il exhorte tous les congolais à être des artisans de réconciliation et de paix et que tous ceux qui ont des responsabilités politiques écoutent la voix de leur propre conscience , sachant voir les souffrances cruelles de leurs compatriotes et aient à cœur le bien commun (Audience générale , mercredi 21 décembre 2016).

9.    La paix de Noël exclut les assassinats, les tueries, la violence. Elle implique la justice, l’amour, la vérité, sans lesquels on s’expose à des mécontentements, des frustrations, des troubles sinon à des émeutes ; contraires à l’harmonie sociale, indispensable à la réconciliation : celui qui respecte la constitution n’a rien à craindre de la justice. Celui dont les droits sont bafoués se sent protégé par la même constitution.

10.    Que l’Emmanuel, notre Paix, fasse de nous des artisans de paix. Puisse la Vierge Marie, Notre Dame du Congo et Mère du Rédempteur, intercéder pour la paix dans notre pays. C’est avec ces vœux que je bénis affectueusement chacun et chacune de vous et vous souhaite un joyeux Noël et une heureuse année nouvelle.

+ L. Card. Monsengwo Pasinya, Archevêque de Kinshasa

                                                                                                                                                          Kinshasa, 25 décembre 2016

Par Thony Kambila

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