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Tout en saluant la signature du Compromis politique obtenu sous la médiation de la CENCO : HRW appelle à l’application de l’Accord politique

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Pour Ida Sawyer, Directrice de Hulan Rights Watch pour l’Afrique centrale, d’énormes défis attendent encore le peuple congolais

Après la signature de l’Accord du Centre Interdiocésain, d’énormes défis subsistent, a noté Ida Sawyer, Directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch(HRW) dans son compte Twiter. Mais elle se félicite de cet accord  qui, selon elle, contient des dispositions claires selon lesquelles une élection présidentielle se tiendra avant la fin de 2017, le président Joseph Kabila ne briguera pas un troisième mandat et il n’y aura ni référendum ni modification de la constitution.

L’accord prévoit qu’un conseil national de suivi supervise la mise en œuvre de ses dispositions, notamment l’organisation dans le courant de 2017 d’élections présidentielle, législatives et provinciales. Il stipule également qu’un nouveau Premier ministre sera nommé, au choix du Rassemblement et que le gouvernement national et les gouvernements provinciaux seront composés conjointement de membres de la majorité et de l’opposition.

Mais il n’établit pas de calendrier détaillé. Il ne précise pas clairement comment le conseil de suivi sera structuré, ni quand le nouveau Premier ministre et les gouvernements national et provinciaux seront nommés, regrette Ida Sawyer.

De nombreux observateurs doutent également que le pays soit en mesure d’organiser trois élections en 2017 et estiment qu’il serait plus réaliste de mettre l’accent sur les élections présidentielles et législatives avant d’organiser des élections provinciales.

Kabila n’a pas encore signé l’accord et bien que l’avis selon lequel il suffit que ses représentants l’aient signé en son nom soit largement répandu, l’accord aurait probablement beaucoup plus de crédibilité aux yeux de la population s’il portait la signature de Kabila, estime la Directrice pour l’Afrique Centrale à HRW.

Le plus important comme  des  » mesures de décrispation politique  » n’ont pas encore été mises en œuvre et il n’y a pas de garanties claires qu’il sera remédié à deux ans de répression, regrette -t- elle.

Elle déplore aussi le fait que des membres de haut rang des services de renseignement et des forces de sécurité, responsables d’une large part de la répression, sont restés en poste.

L’Accord affirme que quatre des sept cas  » emblématiques  » de prisonniers politiques ou d’activistes en exil ont été réglés, notamment Antipas Mbusa Nyamwisi, Roger Lumbala, Moïse Moni Della et Floribert Anzuluni. Mais ces quatre personnalités ne sont pas encore libérées ou acquittés de tout chef d’accusation.

Quant aux trois autres cas,  notamment Moïse Katumbi, Jean-Claude Muyambo et Eugène Diomi Ndongala, l’Accord stipule qu’ils seront réglés par une commission de magistrats.

Le chemin reste encore long

Pour Ida Sawyer estime, même si l’Accord politique qui vient d’être conclu est un grand pas vers une transition démocratique, le chemin est encore long pour y parvenir.

La directrice de HRW estime que les parties devraient maintenant s’efforcer d’assurer une stricte mise en œuvre de l’Accord. Selon elle, des mesures concrètes sont nécessaires pour mettre fin à l’actuel climat de répression.

 » Des élections crédibles ne peuvent être organisées lorsque les dirigeants et les activistes de l’opposition sont jetés en prison ou brutalisés, et condamnés sur la base d’accusations fallacieuses, quand des médias indépendants sont fermés ou empêchés d’émettre, et quand les forces de sécurité tirent à balles réelles sur des manifestants pacifiques « , tance Ida Sawyer.

Les partenaires régionaux et internationaux de la RD Congo  dont les pressions semblent avoir amené Kabila à faire d’importantes concessions devraient rester engagés. Ils doivent soutenir l’organisation au moment approprié d’élections crédibles et signaler qu’ils se tiennent prêts à imposer de nouvelles sanctions ciblées, ainsi que d’autres mesures punitives, si la répression se poursuit, si les responsables d’abus commis dans le passé ne sont pas amenés à en répondre devant la justice, ou si des efforts sont déployés pour empêcher ou retarder l’organisation des élections, a conclu Ida Sawyer.

Pour rappel, le signal émetteur de Radio France Internationale (RFI), la plus importante source internationale d’informations en RD Congo, est toujours coupé à Kinshasa depuis près de deux mois. Et au moins six médias congolais sont toujours suspendus.

Par Godé Kalonji

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