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Fabregas : « Ce qui tue la musique congolaise, c’est l’état d’esprit des musiciens »

Fabregas alias métis noir

A Goma où il a fait trembler la scène du Festival Amani, l’actuelle coqueluche de la musique congolaise ne passe pas inaperçue. Beaucoup de maîtrises et d’humilité dans ses prises de parole, Fabrice Mbuyulu, de son vrai nom, Fabregas « Fabros », après son passage dans la chorale St Alphonse a fait un tour dans l’orchestre « Quartier Général » du Président Chris Kasua, à Laviniora Esthétique de Dakumuda New Man, au F-Victime de Fally Ipupa dans « Droit chemin » et au Wenge Musica Maison Mère.

Disque d’or en 2016, dans cet entretien avec MCNTeam, le « Maitre » nous emmène à la découverte de sa face b au-delà de « Ya Mado » et « Tengama », deux de ses danses d’anthologie.

MCNTeam : Etait-ce facile de prendre la décision de quitter Wenge de Werrason ?
Fabregas : Non, ce n’était pas facile…

… Mais d’où est venue la motivation ?

Au sein de Wenge Musica Maison Mère (WMMM), j’étais vraiment un vrai pion dans le jeu. Ce n’était pas facile pour moi et j’aimais beaucoup ce groupe là. Avant tout, Wenge Musica, c’est ma famille. On s’est séparé au niveau professionnel, mais la famille reste la famille. Oui, ma musique était plus forte que moi. Je voyais autre chose dans ce que je faisais. En gros, il n’y avait pas de souci entre nous, je voulais simplement donner autre chose aux gens.

Parlant de « donner autre chose aux gens », qu’est-ce que vous reprochiez à Wenge Musica Maison Mère (WMMM) ?
WMMM est un patrimoine de notre musique. Je n’avais rien à lui reprocher, sauf que je voulais ajouter ma sauce à la musique congolaise.

Vous êtes l’un des rares anciens de WMMM à avoir été accueilli comme un Prince à la « Zamba Playa » pour présenter un album. Quelles sont vos relations avec Werrason ?

Ça reste la relation d’un père et d’un fils. Werrason pour moi, c’est un père. Il est mon patron. Même si, je ne suis pas dans Wenge, mais je bosse pour Wenge aussi. Devant les gens, j’ai l’image de Werrason derrière mon dos. Les gens me reconnaissent d’abord par rapport à Werrason. Ça reste la famille.

Après trois albums et comparativement à vos collègues qui chantent la femme dans un angle plus sentimental, vous vous êtes dans les réalités sociales. Dites-nous la source de vos inspirations ?

Ma société. Nous venons tous des familles diverses. Nos vécus quotidiens sont la base de mon inspiration. D’ailleurs, on m’appelle « Métis Noir », le métissage est au niveau musical et Noir, je suis. C’est le côté métissage qui m’oblige d’inclure le côté social dans ma musique. Je chante aussi pour l’amour, les femmes et je fais aussi danser.

Vos fans vous appellent « Maître », n’est-ce pas un surnom de trop ?

(Rire…), ce n’est pas à moi qu’il faut poser cette question. Il serait mieux de l’adresser à ceux-là qui m’ont surnommé. (rire…), Pour moi, Maitre, c’est d’abord quelqu’un qui maitrise ce qu’il fait. Il y a eu beaucoup de choses qui se sont racontées autour de ce surnom.

Après tout, Quand on sait, on sait. Moi je connais ma musique, je maitrise mon boulot, c’est ce qui fait ma partie « Maitre ». Surtout que j’enseigne, à ma manière, la musique à ceux qui m’entourent.

J’ai sorti un double album « Poison et Anti dote ». J’ai voulu simplement cultiver l’amour du travail chez les jeunes. Ils veulent tous devenir millionnaires mais ne veulent pas travailler sérieusement et ne réfléchissent pas suffisamment aux voies pour y arriver. Seul, un maître peut transmettre cet enseignement.

Papa Wemba c’était « Maître d’Ecole », vous vous dites « Maître », il y a un rapport ?

Non. Papa Wemba, c’est tout un esprit. Là, c’est un autre niveau. Moi, on m’appelle Maître parce que je le suis dans ma petite école. Mais en même temps, nous faisons tous partie de l’école de Papa Wemba. On a perdu un élément incomparable.

Votre groupe a enregistré quelques départs en Angola, qu’est-ce qui s’était passé ?

Je ne sais pas ce qui était à la base de leur départ. Peut être qu’ils ont trouvé mieux ailleurs. Nous, on essaie d’avancer. On était parti pour une mission de service, ils ont jugé bon de rester. Humblement, je leur ai remis leurs passeports, après tout, ça reste la famille.

Ils ont toutes les bonnes chances de ma part.

Comment évaluez-vous votre carrière depuis que vous faites cavalier solitaire ?
Je dirai merci à ceux qui me consomment. C’est grâce à eux qu’on est respecté. Aujourd’hui, on a un disque d’or, c’est aussi grâce à eux.

Parlant d’ailleurs de ce disque d’or, Fabregas, son obtention a fait l’objet d’une forte polémique sur les réseaux sociaux.  Justifiez-vous sa véracité ?

(Rire aux éclats…), ce n’est pas à moi de le justifier. Moi, j’ai un disque d’or, un point c’est tout. Ceux qui n’en ont pas, ils doivent travailler pour l’avoir aussi. C’est juste 50 mille exemplaires, ce n’est pas grand-chose. Or, avant c’était dans les 100 mille, mais les gens y parvenaient quand même.

Moi j’ai un double album « Poison et Anti dote », j’en ai vendu 27 mille d’un côté et 25 000 de l’autre en 8 mois. Il y a K-Black qui a eu son disque d’or en deux jours avec une seule chanson et moi j’ai plusieurs chansons. Il ne faut jamais suivre les détracteurs et leurs calomnies.

Qu’est-ce qui bloque, selon vous, la réaffirmation de la musique congolaise sur la scène mondiale ?

L’état d’esprit des musiciens congolais. On est trop mauvais.
… vous aussi y compris ?

Oui, je dis, on est trop mauvais. De fois, on oublie ce que nous représentons pour la société. On doit se remettre à niveau. Savoir ce qu’on doit proposer pour la culture de notre pays. La conscience professionnelle doit être renforcée. Mais j’insiste beaucoup, ce qui tue la musique congolaise, c’est l’état d’esprit des musiciens.

Au-delà des danses « Ya Mado », « Tengama », quel est le message passé au Festival Amani ?

L’amour. Moi, ma musique prône l’amour du prochain. S’il y a l’amour, il n’y aura aucune guerre. Ce coin est connu comme instable pour des guerres inutiles. Il n’y pas plus fort que l’amour sur terre. Et, ensuite, je leur ai donné la nouvelle collection de la musique congolaise.
Fabregas aime le football ?
Bien sûr.

En RDC, vous soutenez quelle équipe ?

(Rire aux éclats…) toutes les équipes (rire). Ah ! Je soutiens toutes les équipes, Mazembe, Dragons, Vita, DCMP, Renaissance Fibo na Fibo…

Vous avez fêté l’une des victoires de DCMP sur votre page facebook et vous portez un maillot vert-blanc dans l’un de vos clips. Etes-vous supporter de DCMP Imana ?

Je me rappelle de ce post. C’était un pote centrafricain Salif Keita qui joue au DCMP, qui m’a envoyé la photo dans laquelle il dansait « la danse des africains ». Et je l’ai posté question pour moi de le remercier. Sinon, toutes les équipes m’appartiennent.

Après Goma, quel est le calendrier de Fabregas ?

J’ai concert le 14 février à l’hôtel Venus. Le 26 février au Théâtre de verdure. Mon label Wanted Record produit l’album Tatiana Cruz qui sort le 8 mars de cette année. J’essaie de faire mes premiers pas dans la production, que les gens nous accordent juste la chance « po biso soki bango te mobulu » ! (nous vivons grâce à eux).

MCN TEAM / mediacongo.net

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