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Festival Amani, une occasion ratée : Pour HRW, cette rencontre culturelle devrait constituer un espace sûr pour la liberté d’expression pacifique

festival amani

La semaine dernière, des dizaines de milliers de personnes se sont réunies dans une ambiance festive dans la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, à l’occasion du Festival de musique Amani.   En effet, cette manifestation culturelle  annuelle, dont c’était la quatrième édition, s’inspire de la riche vie artistique de la ville.

Il présentait une série de vedettes nationales et internationales qui se sont produites parallèlement à des expositions et à des ateliers mis sur pied par des entreprises locales, des organisations de défense des droits humains, des agences humanitaires et des ambassades.

Dans une région ravagée par des conflits depuis 20 ans, ce festival offre une rare occasion de répit, a noté Ida Sawyer, Directrice pour l’Afrique centrale chez Human Rights Watch. Et pourtant, le principal slogan du festival « jouer pour le changement et chanter pour la paix » a semblé remis en cause lorsque des policiers ont confisqué des pancartes à des membres du mouvement de jeunes Lutte pour le changement (LUCHA) et quand les organisateurs du festival leur ont par la suite ordonné de cesser de chanter des slogans, regrette Ida Sawyer.

Pourtant les jeunes activistes réclamaient la paix dans les régions de Beni, du Tanganyika et du Kasaï Central  des zones de RD Congo ravagées par les conflits et où des centaines de personnes ont été tuées ces derniers mois. Ils appelaient également à la libération de leur collègue Fabrice Mutsiirwa, qui a été arrêté lors d’une manifestation pacifique à Goma le 19 décembre, jour où a expiré le second et dernier mandat du président Joseph Kabila autorisé par la constitution.

Les activistes toujours en détention

Au cours des deux dernières années, note HRW des dizaines d’autres activistes de LUCHA ont été arrêtés et détenus pour avoir participé à des activités pacifiques similaires. Après la confiscation de leurs pancartes par la police, les activistes de LUCHA se sont donné la main et ont dansé en cercle en face d’une zone d’accès restreint réservée aux personnalités, parmi lesquelles le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku.

Les activistes ont scandé que Paluku, ainsi que d’autres dirigeants politiques, se maintenaient au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles de leurs mandats. Bien que le message était fort, leur danse était festive et non confrontationnelle.

Paluku était assis aux côtés du chef de la police provinciale, Vital Awashango, et du maire de Goma, Dieudonné Malere. Tous trois ont été parmi les principaux artisans de la répression politique généralisée exercée dans la ville au cours des deux dernières années, a précisé HRW.

Une occasion ratée

Au bout de quelques minutes, dans un épisode qui a été filmé par Human Rights Watch, l’un des organisateurs du Festival Amani s’est approché des activistes et leur a ordonné de cesser de scander, affirmant qu’ils risquaient de « foutre en l’air » le festival.

Dans ce qui est devenu typique de la réponse des activistes de LUCHA à la répression, ils ont tout d’abord refusé de partir et se sont accroupis sur le sol poussiéreux pour observer un moment de silence.

Si le Festival Amani est vraiment déterminé à promouvoir le changement et la paix dans l’Est de la RD Congo, il devrait constituer un espace sûr où les jeunes activistes peuvent s’exprimer librement et pacifiquement, note Ida.

Compte tenu de leur adhésion aux principes de la participation civique, des droits humains et de la démocratie, ils pourraient être les agents du changement pour l’avenir du pays. Leurs voix ne devraient pas être réduites au silence, regrette la directrice en charge de l’Afrique centrale.

Par Godé Kalonji

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