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Clôture des journées sociales du CEPAS 2017 : La mise en œuvre de l’Accord de la CENCO et d’un leadership fort en RDC exigée

L’assistance lors de la cérémonie de signature de l’accord du dialogue inclusif le 31/12/2016 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.

« Paix, Justice et Travail : fondement d’un ordre social pour le peuple », tel est le thème qui a été choisi pour les journées sociales du Centre d’Etudes pour l’Action Sociale (CEPAS) édition 2017  clôturées hier Mercredi 08 mars à Kinshasa. Pour la circonstance, le CEPAS a réuni d’éminents professeurs et chercheurs pour échanger avec les personnes qui, dans leur quotidien à travers les provinces et territoires, palpent du doigt les réalités de la RDC.

Pour le Directeur du CEPAS, Alain Nzadi-a-Nzadi, comme la devise de la RDC, ce thème chargé de symboles et d’histoire a investi les participants d’un devoir en tant que fils et filles de ce pays. Il s’agit de construire une nation où règnent la justice et la paix pour tous, et où le travail n’est pas une denrée rare mais un plat accessible à tous.

« Cette année, il a été question de confronter cette belle devise à l’agir congolais politique et social », a-t-il déclaré Et d’ajouter : « le CEPAS, a travers les conclusions de ces journées et ses échanges fructueux et constructifs, a donné de l’étoffe au sens de son nom ; c’est-à-dire un centre d’études capable d’impulser le changement social dans notre pays, dans le sens d’un mieux-être pour tous ».

Le Chef du secteur recherche et animation sociopolitique au CEPAS, le Père Emanuel Bueya, a expliqué que ces journées ont été constituées de conférences suivies d’échanges et débats. A l’ouverture, le lundi 06 mars dernier, le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a animé la première conférence, portant sur le paradoxe de la représentation.

Le deuxième exposé de la journée était celui du Professeur Léon de Saint Moulin, qui s’est focalisé sur la perception de l’Etat par la population.  Deux conférences ont également eu lieu le lendemain, au cours desquelles le Sénateur, Professeur Jacques Djoli a exposé sur le mapping report et la justice transitionnelle en RDC, tandis que  l’ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamhere, a parlé des négociations pour la paix au Congo.

Les journées du CEPAS ont pris fin  avec la présentation du Professeur Daniel Mukoko Samba, qui a tourné autour du sujet : « le travail base de l’ordre social ». En effet, « au cours de ces journées les participants ont échangé sur un sujet donné et proposé des pistes de solutions pouvant permettre l’éradication du problème posé », a expliqué le Père Emanuel Bueya.

Recommandations

Ces pistes de solutions sont présentées sous forme de recommandations. Le sujet étant délicat, les participants ont proposés plus de vingt recommandations, selon les différents sujets exploités cette année. Au titre de la représentation démocratique, ils recommandent notamment la création de mécanismes d’évaluation des politiques publiques  et le renforcement des sanctions dans le régime disciplinaire du règlement intérieur.

Par ailleurs, il est aussi question de procéder systématiquement au monitoring, à l’audit et à la vulgarisation des actions réalisées pendant les vacances parlementaires et d’instaurer un canevas-type du rapport parlementaire, à présenter à l’issue des vacances.

S’agissant de la perception de l’Etat par la population, les participants ont adopté les résolutions suivantes
: la restauration d’un leadership fort, visionnaire et proactif ; la restauration de l’autorité de l’Etat ; sanctionner de manière équitable et impartiale ; lutter contre l’impunité et renforcer la justice sociale ; apprendre à la population à protester de façon pacifique ; renforcer la participation citoyenne ; déclencher une déprogrammation positive des mentalités ; et enfin déconstruire les préjugés et les clichés sociétaux qui minent et ruinent l’imaginaire collectif.

Au titre des négociations pour la paix au Congo, il a été demandé aux dirigeants politiques de faire preuve de bonne foi, d’éviter une lecture biaisée de certaines dispositions constitutionnelles ainsi que de vulgariser la Constitution en langues nationales, pour son appropriation par la population.

A la société civile et aux partis politiques, de vulgariser la loi fondamentale, ainsi que d’autres textes légaux  dans les quartiers et villages ; clarifier certains concepts ambigus ; rendre impossible la révision des dispositions verrouillées ; mettre en place des stratégies contraignant la classe politique congolais à œuvrer pour l’intérêt général ; conscientiser la population sur le caractère sacré de la constitution ainsi que l’intangibilité des certains articles verrouillés ; et éveiller au patriotisme et à la conscience civile.

En matière de voies de sortie de crise pour une paix durables, il a été recommandé de prévoir des mesures contraignantes et des sanctions dans les dispositions des accords signés ; accepter et garantir le principe de l’alternance dans les institutions ; former une presse citoyenne et professionnelle ; exercer des pressions sur les gouvernants ;confier la gestion du gouvernement aux secrétaires généraux durant la période pré-électorale ; éviter les prétexte tendant à alourdir au retarder la mise en œuvre de l’accord du 31 Décembre 2016 ; exiger la démission du gouvernement en place ; etc.

Au titre de justice pour une paix durable, le gouvernement est appelé à mettre en œuvre une commission vérité et réconciliation ; punir selon la loi les auteurs et co-auteurs des crimes et violences quelque soient leurs bords politiques ; éduquer, informer les populations sur les droits de l’homme dès l’école primaire jusqu’au niveau de l’enseignement universitaire ; doter le pouvoir judiciaire des matériels requis qui garantissent la confiance du peule ; et enfin recourir à la justice traditionnelle en milieu rural (arbre de palabre), sans abandonner le volet institutionnel.

Quid du CEPAS

Le CEPAS est une œuvre de la province d’Afrique Centrale de la Compagnie de Jésus (Pères Jésuites). « Il vise à assurer le lien entre l’Etude et l’action sociale, à dégager, à partir d’une connaissance approfondie des réalités politiques, économiques, sociales et culturelles du Congo, les éléments d’une doctrine, inspirée par l’Evangile, de promotion de la justice et du développement intégral et à contribuer à l’effort d’étude économique et sociale au Congo, par l’analyse de la société, de ses structures et des conditions d’un véritable développement durable », a expliqué  le Chef du secteur recherche et animation sociopolitique, le Père Emanuel Bueya.

Par Carroll Madiya

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