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Au cours d’une conférence-débat tenue à Limete/Salongo : Alexis Mutanda enseigne le combat héroïque et les valeurs morales d’Etienne Tshisekedi

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Pour le SG honoraire de l’Udps, on ne peut pas parler de la RDC d’hier, d’aujourd’hui et de demain, sans parler des «Pères de l’Indépendance»; Patrice Emery Lumumba, Joseph Kasavubu, et les autres. Et de préciser, « à ces figures, il faut ajouter Etienne Tshisekedi qui a incarné pendant longtemps la dignité et la valeur du Congolais, qui a su activer l’espoir aux cœurs des Congolais !

Invité à une conférence-débat sur le parcours et l’héritage du «Père de la démocratie congolaise» décédé le 1ère février 2017 à Bruxelles, en Belgique, Alexis Mutanda, haut cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), a enseigné le «combat héroïque et les valeurs morales d’Etienne Tshisekedi».

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Ce forum s’est tenu vendredi 17 mars 2017 au quartier Debonhomme-Salongo, dans la commune de Limete, à Kinshasa. Un public select de plus 150 personnes, parmi lesquelles les membres de l’association Les Amies d’Alexis Mutanda (Adam) ainsi que des jeunes pour la plupart étudiants, a répondu présent à ce rendez-vous.

Le député national Alexis Mutanda a, d’entrée de jeu, relevé que « ce sont les grands hommes qui font l’histoire dans un pays». Il a donné ainsi les exemples de Mao Zedong qui a combattu pendant plus de 20 ans pour la Chine, Louis XIV, Napoléon et de Charles de Gaule pour la France. Ce dernier avait libéré l’Hexagone de la deuxième guerre mondiale, d’Abraham Lincoln, de Georges Washington et de John Kennedy pour les Etats-Unis d’ Amérique.

 Pour Alexis Mutanda, on ne peut pas parler de la République Démocratique du Congo d’hier, d’aujourd’hui et de demain, sans parler des «Pères de l’indépendance»; Patrice Emery Lumumba, Joseph Kasavubu, et les autres. Et de préciser, « à ces figures, il faut ajouter Etienne Tshisekedi qui a incarné pendant longtemps la dignité et la valeur du Congolais. Il a su activer l’espoir aux cœurs des Congolais», a-t-il relevé.

L’élu de Mbuji-Mayi pour le compte de l’Udps n’a pas hésité de comparer Etienne Tshisekedi wa Mulumba à Nelson Mandela. Pour lui, tous deux ont connu des problèmes pour leur «combat pour l’égalité des hommes». Il s’est même référé à ce premier président d’une Afrique du Sud multiraciale qui a soutenu que dans le monde, il existe trois catégories de personnes : des hommes ordinaires qui font les choses comme tout le monde, et des hommes exceptionnels qui font des choses que les autres ne pourront pas faire.

La troisième catégorie est constituée des génies qui, eux, font des choses que les autres ne peuvent jamais faire. «Etienne Tshisekedi fait partie de cette troisième et dernière catégorie des hommes», a soutenu Alexis Mutanda qui l’a qualifié de «trésor national».

Parcours d’E. Tshisekedi

Pour comprendre réellement qu’Etienne Tshisekedi n’était pas un homme ordinaire, il faut remonter dans le temps, à en croire le SG honoraire Alexis Mutanda. Il a expliqué que Tshisekedi a terminé bruyamment ses études secondaires de Cycle latin au Kasaï. Une fois à Kinshasa, il a fait face à plusieurs jurys constitués des blancs de l’époque qui pensaient que l’homme noir ne pouvait faire des études universitaires.

Une fois de plus, c’est avec brio qu’il a passé le jury central qui a permis qu’il soit admis à la Colline inspirée, l’Université de Louvanium, dans la faculté de Droit créée à l’issue des démarches menées à l’époque en Europe par Monseigneur Giron. Après quelques années, il a réussi à terminer avec succès ses études universitaires pour devenir le premier Docteur en Droit congolais.

Etienne Tshisekedi avait terminé ses études universitaires alors que le Congo venait d’accéder à l’indépendance. Il s’est retrouvé ainsi, en 1961, parmi les Commissaire généraux nommés à l’époque par le colonel Joseph-Désiré Mobutu qui avait neutralisé jusqu’en février 1962 les institutions Président de la République avec en place Joseph Kasavubu et l’Exécutif national dirigé par Patrice Emery Lumumba, poursuit l’orateur. Une précision, l’universitaire Tshisekedi avait le poste du Commissaire général adjoint. C’est après le collège des Commissaires généraux qu’il va diriger l’Inda pendant 4 à 5 ans en tant que Directeur général.

C’est après qu’il a participé, en 1964, aux deuxièmes élections organisées au pays par le gouvernement Tshombe, et  a réussi à se faire élire député national. Une législature qui n’a pas duré, compte-tenu de nombreuses crises dans lesquelles le Congo était plongé à l’époque, dont la sécession katangaise, la sécession du Sud-Kasaï et autres.

C’est ainsi qu’en 1965, le colonel Mobutu arrive à faire son coup d’Etat. Il a démis des fonctions du Président de la République Joseph Kasavubu et a mis de côté le gouvernement Tshombe. Le nouveau Président du Congo, le colonel Mobutu, va nommer plus d’une fois Etienne Tshisekedi membre de son gouvernement, ministre d’Etat en charge de l’Intérieur et autres ministre de la Justice…

Dans les explications d’Alexis Mutanda, il a fallu attendre en 1967, précisément le 20 mai, pour voir, cette fois-là, Mobutu créer son parti politique, le Mouvement Populaire de la Révolution (Mpr). Une nouvelle Constitution a été rédigée. Etienne Tshisekedi a participé à la rédaction de cette loi des lois qui n’a institué que deux partis politiques au Congo, calquée sur le modèle américain; les Républicains et les Démocrates.

Les choses ne vont pas durer longtemps, parce que Mobutu va vite violer la nouvelle Constitution, modifiant ainsi certaines dispositions pour faire du Mpr un parti-Etat. Mais bien avant, Mobutu s’était livré dans les dérapages, en procédant par exemple, en 1969, aux massacres des étudiants et de l’envoi de certains d’entre eux dans l’armée. C’était le début du divorce entre Mobutu et Tshisekedi.

Héritage politique

C’est en 1982 que les 13 parlementaires, dont faisait partie Tshisekedi wa Mulumba, ont rédigé une lettre de 52 pages adressée à Mobutu pour lui faire savoir qu’ils n’étaient pas d’accord avec sa façon de gérer le pays, le Zaïre à l’époque. C’était le début d’une longue période de calvaire pour cet homme qui avait accepté de sacrifier sa vie pour l’instauration d’un Etat des droits au Congo, a expliqué Alexis Mutanda.

n moment particulier dans la lutte de Tshisekedi pour la démocratie est l’organisation d’un meeting au Pont Cabu, après une tournée qu’il avait effectuée aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. Ce meeting qui avait malheureusement tourné au drame, parce qu’il avait été tabassé et arrêté, lui et certains militants de l’Udps, par les hommes de Mobutu.

Etienne Tshisekedi a bravé la peur, surtout quand on voit tous les risques qu’il a pris à cette époque et tout au long de sa vie. Son combat, c’était de donner aux Congolais ce qu’ils ont toujours chanté dans l’hymne national, «un pays grand et prospère». Un rêve qui ne se réalise toujours pas à cause des mauvais dirigeants comme Mobutu, a martelé le député Alexis Mutanda. Pour Etienne Tshisekedi, seule l’alternance et un Etat de droit peuvent donner lieu au développement de ce grand Congo.

Aussi, pour le «Père de la démocratie congolaise», c’est la lutte dans la non-violence qui demeure la seule façon d’instaurer la démocratie dans le pays, a explique une fois de plus l’ancien SG de l’UDSP. Raison pour laquelle Etienne Tshisekedi a toujours prôné le dialogue. Un vrai dialogue, et non la compromission.

Alexis Mutanda a d’ailleurs rappelé les différents dialogues tenus dans le pays, en commençant par la Table-ronde de Bruxelles qui a permis au Congo d’accéder à l’indépendance, la Conférence nationale souveraine, le Dialogue intercongolais de Sun City, en Afrique du Sud, ainsi que ce Dialogue politique, qui continue sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), pour l’organisation des élections apaisées en RDC.

A en croire l’élu de Mbuji-Mayi Mutanda, Tshisekedi a donné les outils de travail aux Congolais pour qu’ils se débarrassent de la peur et réclamer leurs droits. «Tout cela, dans la non-violence», insiste Alexis Mutanda.

La lutte contre les antivaleurs fait partie de l’héritage légué par Etienne Tshisekedi wa Mulumba aux Congolais afin de réclamer leurs droits. L’Udps est également un autre héritage pour le Congo. «Un grand parti» bien structuré et bien représenté dans le pays et à travers le monde.

Par Lucien Kazadi T.

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