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Violences au Kasaï et disparition de deux experts onusiens : Vive tension entre la RDC et l’ONU

Maman-Sidikou-Joseph-Kabila

Les autorités congolaises viennent de restreindre la liberté de circulation de la MONUSCO à Kananga, alors que la Mission onusienne a intensifié les recherches au Kasaï-Central pour retrouver ses deux experts disparus depuis le 13 mars 2017

Nations Unies

Le climat est à nouveau tendu entre Kinshasa et les Nations Unies, alors que le nouveau Secrétaire Général des Nations Unies vient de solliciter devant le Conseil de Sécurité une  nouvelle prolongation  d’un an du mandat de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo/Kinshasa (MONUSCO).

On en veut pour preuve, le communiqué publié le 18 mars 2017 par la MONUSCO et dans lequel la Mission onusienne en RDC exprime ses vives préoccupations sur les récents développements de la situation à Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central. Dans ce communiqué, la MONUSCO se plaint « des restrictions imposées par les forces de sécurité à sa liberté de circulation à Kananga ces derniers ». Une décision qui limite la capacité de la Mission à mettre en œuvre son mandat, précise la même source.

Cette restriction de circulation imposée à la MONUSCO à Kananga, intervient au moment où la Mission onusienne  vient d’intensifier des recherches pour retrouver deux de ses experts disparus dans cette région depuis le 13 mars 2017 ainsi que les quatre Congolais qui les accompagnaient.

L’obstruction faite au mandat de la MONUSCO au Kasaï survient aussi pendant que la Mission onusienne en RDC affirme détenir des « informations crédibles selon lesquelles un nombre important de personnes auraient été  tuées au cours d’affrontements entre des miliciens de Kamwina Nsapu et des membres des forces de sécurité congolaises ».

Et tout en condamnant les attaques perpétrées par ces miliciens contre les institutions et symboles étatiques, la Mission onusienne fustige également « l’utilisation disproportionnée de la force par les forces de défense et de sécurité, notamment en ciblant des civils, dont des femmes et des enfants ».

A en croire la MONUSCO, les opérations menées par les forces de sécurité à Kananga, dans la nuit du 14 au 15 mars 2017 ont conduit à un grand nombre de victimes.

«Je demande la cessation immédiate des violences à Kananga et dans la région du Kasaï, et déplore l’usage disproportionné de la force», a déclaré Maman Sambo Sidikou, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC. «Je demande également l’arrêt immédiat de toute restriction à la liberté de circulation de la MONUSCO, qui limite sa capacité à accomplir pleinement son mandat en RDC ».

Le Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RDC a par ailleurs demandé l’ouverture d’enquêtes par les autorités compétentes sur les événements de ces derniers jours à Kananga, et émis le vœu de voir les responsables de toutes les violations des droits de l’homme être traduits en justice.

Comme on le voit, la collaboration entre les autorités congolaises et la Mission onusienne traverse une petite crise qui doit être vite surmontée, pour ne pas gâcher tout le travail déjà réalisé. La RDC dont toutes les institutions souffrent actuellement d’illégitimité pour n’avoir pas organisé les élections dans le délai, n’a plus besoin que du soutien de la communauté internationale afin de ne pas sombrer dans le chaos.

2017 étant  l’année de la dernière chance pour ce vaste pays pour organiser les élections présidentielle et législatives tant attendues, la RDC a tout intérêt à cracher sur l’apport logistique important de la MONUSCO dans les préparatifs de ces scrutins.

Par DMK

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