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Mystère sur la fuite de Ne Muanda Nsemi

Ne Muanda Nsemi

De nombreux prisonniers ont profité de la date « historique » du 17 mai, consacrée à tort ou à raison à la libération des Congolais, pour s’évader hier mercredi de la prison centrale de Makala.  Ils ont pu s’échapper grâce à  l’incursion des partisans de Bundu dia Mayala (BDM) aux petites heures de la matinée, venus libérer leur leader, incarcéré depuis quelques mois dans cette maison d’arrêt.

C’est aux environs de trois heures du matin, selon des témoignages recueillis auprès des voisins de la prison, qu’un petit groupe de membres de BDM, une dizaine en tout, bandeaux rouge noués autour de la tête et munis de petits bâtons, a pénétré sans coup férir dans l’enceinte de la prison, dont les portails étaient pourtant hermétiquement fermés, avec une mission précise : libérer le chef politico religieux du parti.  La garde pénitentiaire qui s’est ressaisie par la suite a tenté en vain d’engager une poursuite pour rattraper le député et ses « libérateurs » en cavale.

A noter qu’après avoir extrait leur maitre de sa cellule, les combattants libérateurs ont pratiquement libéré toutes les femmes, de même qu’ils ont ouvert quelques pavillons à l’aide de leurs bâtons « magique », relaxant de la sorte tous les détenus qui s’y trouvaient.  Difficile d’évaluer le nombre de fugitifs qui ont regagné tranquillement leurs bercails. Seuls étaient abattus, ceux qui ont eu le malheur de croiser des policiers sur leur passage.

Les « makesa », éléments de BDM comme on les appelle, ont répliqué avec leurs petits bâtons à l’assaut des policiers en garde qui tiraient sur les fuyards à balles réelles.  Le jet de ces petits bâtons en direction des policiers avaient l’effet d’une bombe une fois touché le sol, tuant toute personne touchée par des débris éclaboussés.

L’effet a dissuadé les policiers qui ont du renoncé à toute poursuite des éléments de BDM. Superstition oblige. C’est ainsi que plusieurs policiers ont été tués.  Toutefois, les hommes en uniforme ont réussi à rattraper certains prisonniers égarés.  D’autres ont été abattus.  Mais la grande majorité court encore dans la nature.

Faute de pouvoir joindre au téléphone les honorables Me Firmin Yangambi et Franck Diongo, tous deux embastillés dans cette prison, pour plus de précisions, quant au sort réservé à leur collègue Ne Muanda Nsemi, on ne peut affirmer ni infirmer que le fondateur de BDK a réellement recouvré sa liberté.  La population voisine à la prison centrale affirme cependant et à l’unanimité que le redoutable Ne Muanda Nsemi a bel et bien quitté le lieu d’incarcération.

Suite à cet épisode, les activités ont été paralysées hier dans la commune de Selembao. C’est seulement en début d’après midi que quelques rares véhicules ont commencé à circuler. Pendant ce temps, des troupes militaires ne cessaient de déferler vers la prison centrale, où l’on a noté en plus des policiers et soldats de la Garde Républicaine, la présence des casques bleus.

Curieux tout de même le fait que la population de Selembao et des communes avoisinantes ont tendu la perche aux fugitifs. Tandis que Ne Muanda Nsemi était traité de héros.  « Azali mobali » a-t-on entendu dire. La date du 17 mai consacré à la libération a à présent un sens.

Par GO

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