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Artifices autour du mandat présidentiel : Nangaa et la MP dans une grande confusion

Corneille Nangaa2

Ils sont sur plusieurs agendas qui se contredisent avec tout le risque de se trouver en difficulté à la date butoir

L’actualité politique reste dominée par la mise sur pied controversée du Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA) et la tenue annoncée par le Président du bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) des élections des gouverneurs et vice-gouverneurs dans onze provinces où les vacances ont été constatées.

Ces deux institutions dites d’accompagnement de la démocratie sont d’une extrême importance pour la bonne marche du pays, si et seulement si elles arrivent à s’assumer d’une manière indépendante. La seconde citée a encore toutes les peines de convaincre de son évolution dans un état d’esprit, loin d’une manipulation ou d’une instrumentalisation politicienne.

Pas très longtemps, Corneille Nangaa Yobeluo a, de son propre chef, repoussé la tenue des élections présidentielle, législatives et locales prévues avant la date du 31 décembre 2017, conformément à l’Accord politique obtenu sous l’égide de la CENCO dans le but d’apaiser le climat politique qui était très tendu à l’approche de la fin du second et dernier mandat du Président Joseph Kabila.

C’est au nom de ce même Accord du Centre interdiocésain que toutes les institutions politiques,  sans distinction aucune, fonctionnent. Ayant été fin mandat, les différents animateurs tirent leur légitimité de ce document qui répugne toute organisation d’un référendum, un troisième mandat présidentiel et la violation de la Constitution en vigueur. La redynamisation de la CENI avait été aussi décidée.

Alors que son poste à la tête du bureau de la CENI est exposé, Nangaa se précipite de déclarer à partir de la lointaine France son impossibilité d’organiser les scrutins prévus pour mettre fin à l’anarchie et permettre au pays de se relancer dans un monde civilisé et respectueux des normes démocratiques. A son retour au pays, il s’éloigne davantage de l’Accord de la Saint Sylvestre en annonçant la tenue des élections par les Assemblées provinciales des Gouverneurs et des Vice-gouverneurs dans onze provinces où les vacances ont été constatées par le ministère de l’Intérieur.

Appuyé dans cette démarche par la Majorité présidentielle qui feint d’ignorer, pour le besoin de la cause, les arrêts de la Cour constitutionnelle réhabilitant trois de ces autorités politico-administratives touchées par ce schéma, Corneille Nangaa s’y prend mal. Surtout que les Assemblées provinciales qui sont fin mandat doivent en principe être renouvelées à l’issue des élections prévues avant la fin de cette année. Et ce sont ces futures nouvelles Assemblées provinciales qui devraient, à leur tour, élire de nouveaux Gouverneurs et vice-gouverneurs de 26 provinces du pays.

Y a-t-il urgence à élire au second degré ces autorités des provinces dans un cafouillage indescriptible ? Jean Claude Kazembe et Cyprien Lomboto, déchus respectivement dans le Haut-Katanga et dans la Tshuapa et Madame la Vice-gouverneur de l’Equateur brandissent leurs arrêts de réhabilitation par la Cour constitutionnelle dont les décisions sont irrévocables et opposables à tous.

Quand il faut soutenir l’arrêt pris par la Cour constitutionnelle pour maintenir Joseph Kabila jusqu’à l’installation du Président élu, la Majorité tire le drap de son côté en faisant valoir l’irrévocabilité des décisions de cette haute instance judiciaire. Sans oublier que d’autres gouverneurs touchés par le constat des vacances n’ont pas démissionné et n’ont pas encore été destitués par les Assemblées provinciales.

C’est un schéma monté de toutes pièces pour achever l’Accord de la CENCO. Le décor ayant été placé depuis le tripatouillage de l’Arrangement particulier. Les parrains de la mise sur pied du CNSA ne pouvaient plus reculer. D’ailleurs, lors de la réunion de prise de contact, il a été annoncé aux prétendants membres de cette structure de bien s’activer pour l’organisation des élections sous le contrôle de la famille politique au pouvoir.

Et Joseph Olenghankoy qui en est sorti président avait déjà capté le message lui lancé avant celui de Nangaa au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Paris. Logés à la même enseigne, les deux ne peuvent que continuer leur solidarité. Corneille Nangaa s’est précipité à féliciter le Président des FONUS.

Tout ceci pour quelle finalité ?

On est en face d’une confusion qui ne crédibilise pas le pays en proie à une crise politique dont les conséquences se font sentir à tous les niveaux. Pourtant conditionnéepour toute aide financière au pays de la part des puissances occidentales à travers le FMI, la mise sur pied du CNSA telle qu’intervenue  n’aura pas d’effets bénéfiques.

Par KerK

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