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« La Culture Congolaise régresse, hormis les musiciens qui font le forcing… », affirme Jeannot Ne Nzau Diop

« Indépendance Cha Cha », la décoration de Brazzos et Petit Pierre très attendue…

Le confrère Jeannot ne Nzau Diop, collaborateur expérimenté au ministère de la Culture et conseiller de grands artistes  musiciens, déclare que la Culture congolaise est en nette régression, les  musiciens font du forcing par leurs propres efforts.

A voir Ferré Gola Le Padre se produire à Moscou (Russie), Koffi Olomide excellant en Afrique, des concerts     annulés sur les scènes européennes suite au phénomène « combattant », cas de  Fally Ipupa, J.B Mpiana, Werrason, Tshala Muana…  et récemment Héritier Watanabe Kabeya, cela mérite des applaudissements.

Concernant les deux survivants de l’Orchestre African Jazz de Joseph  Kabasele Tshamala dit Kalé Jeff à savoir Brazzos Muango et Petit Pierre Yantula Elengesa  qui ont joué la chanson « Indépendance Cha Cha », hymne des indépendances africaines à la Table Ronde de Bruxelles en 1960, il regrette qu’ils ne soient pas décorés jusqu’à présent.

Franck Ambangito : Quelle lecture faites-vous de l’évolution de la culture congolaise ?

Jeannot ne Nzau Diop : En tant qu’homme de culture, je pense que la culture congolaise régresse, seules la  musique et la danse progressent parce que les musiciens font du forcing. La faute incombe aux autorités culturelles de notre pays qui n’appuient pas la promotion des arts et des œuvres des artistes congolais.

Pour preuve, je venais de suivre récemment sur TV5 un Film  malien de 2015 intitulé « Tasuma, le feu », dans lequel les militaires maliens dansent aux airs de la chanson « Indépendance Cha Cha ». Mon amertume est qu’on ne donne pas de médailles à ceux qui ont joué cette chanson considérée comme étant l’hymne des Indépendances africaines, j’ai cité Brazzos Muango et Petit Pierre Yantula Elengesa. La République Démocratique du Congo doit les honorer.

FA : Quelle serait la place du ministère de la Culture dans un gouvernement et le profil souhaité ?

JND : Le secteur culturel est un domaine très important pour la vie d’une Nation. Un élément qui éduque, forme, instruit, encadre, informe, et élève le peuple, comparable au secteur de l’Education nationale. L’objectif poursuivi est la meilleure prise de considération de la dimension culturelle du développement. Des progrès significatifs doivent être faits dans ce sens.

Un Fonds d’aide à la création culturelle et artistique a été créé depuis les années 1970, le FASAEC (Fonds d’aide aux artistes et écrivains congolais), malheureusement il ne fonctionne même pas. Chez nous, le Ministère de la Culture et des Arts est un département des laissés pour compte.

Personnellement, j’ai toujours l’impression que dans les gouvernements qui se sont succédé, le choix du ministre de la Culture et des Arts se fait sans beaucoup d’étude. Pourtant,  son domaine a de l’influence auprès du peuple. On a l’impression qu’on choisit un ministre de la Culture pour faire le remplissage, occuper un ministère, ce qui est déplorable. La culture congolaise domine l’Afrique juste après la Conférence de Berlin. Un ministre de la Culture doit être un technicien.

Un vrai expert capable de comprendre le rôle qu’il doit jouer. Un homme ou une femme qui saura scientifiquement faire la différence entre les arts congolais de l’époque coloniale et d’aujourd’hui, qui pourra aborder sans peine de nombreux sujets tels l’Action de l’Union africaine des Arts et des Lettres créée à Elisabethville en 1946, de la création de l’édition « Présence africaine », le rôle qu’elle a joué, des réunions des écrivains et artistes noirs des années 1936 en 1959,  journal « La voix du congolais » en 1960 et ses acteurs, de l’ASSANEF, de l’ADAPES, etc. C’est une personne qui est censée connaitre les œuvres des premiers écrivains congolais, connaitre les hommes de culture de son temps.

FA : Quelle peut-être la politique prioritaire d’un ministre de la culture pendant son mandat ?

JND : Un ministre de la culture doit avoir une politique pour encourager les artistes toutes catégories confondues, aider la jeunesse à se développer à travers les arts et la culture.

Etendre toute industrie culturelle ou musicale qui a pour origine la créativité individuelle, l’habileté, le talent et la  potentialité  de produire la richesse et l’emploi à travers la création et l’exploitation de la propriété intellectuelle, en les subventionnant et en promouvant leurs œuvres.

Le ministre de la Culture ne doit pas seulement contrôler la SOCODA et le Fonds de Promotion Culturelle, en oubliant qu’il existe plusieurs autres services spécialisés du ministère qui devraient être redynamisés. Ils contrôlent la SOCODA et le FPC parce qu’il y a l’argent dans ces services. Le ministre doit avoir de bons projets pour la lecture publique, les musées, le disque, les festivals, les expositions, des conférences, etc.

C’est-à-dire, l’animateur du ministère de la Culture et des arts doit être un généraliste sur le plan culturel et artistique. Je conclus en souhaitant vivement que  le  budget de ce ministère soit revu et augmenté jusqu’à 10 % du budget national pour une  bonne politique d’encouragement des Arts et la Culture.

Propos recueillis par FRANCK  AMBANGITO

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