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Ecrit par le professeur Ibio Nzunguba qui vit au Canada : Le livre « Le langage miroir des perceptions sociales, le cas nzombo le soir en RD Congo » présenté à Kinshasa

Le professeur Dr Ibio Nzunguba Raoul,détenteur d’un doctorat en histoire obtenu à l’Université Laval, au Canada (Quebec) et qui enseigne actuellement au département d’Etudes francophones et internationales de l’Université de Regina, au Canada, ainsi qu’à l’Ecole des langues de la gendarmerie royale du Canada (Regina) vient de publier un livre sur les différentes significations que les Congolais donnent au proverbe « nzombo le soir ».

Ce livre très fouillé de 227 pages intitulé « Le langage miroir des perceptions sociales, le cas nzombo le soir en RD Congo » paru aux éditions L’Harmattan a été présenté cette semaine à Kinshasa, au cours d’une conférence de presse organisée par le professeur Dr Macaire Eyupar Yuba, en sa résidence du quartier Bibwa, dans la commune de la N’Sele.

A travers ce livre préfacé par le professeur Donatien Dibwe dia Mwembu de l’Université de Lubumbashi et qui le considère comme « un travail de pionnier », le professeur Ibio Nzunguba Raoul a réussi à produire une étude profonde des mentalités de la population congolaise en général et de Kinshasa en particulier, à partir d’une peinture populaire communément appelée « nzombo le soir ».

Dans ce livre, l’auteur qui est un ancien de l’Université de Lubumbashi (d’où il était sorti avec une maitrise en arts africains) fait ressortir les réalités sociales, économiques et culturelles vécues au quotidien par la population congolaise de Kinshasa. Le professeur Ibio Nzunguba montre notamment que la dénomination nzombo le soir, liée au rapport entre l’anguille (poisson qui ne mange qu’une fois par jour et généralement le soir) et l’homme est dynamique et peut avoir plusieurs acceptions (alimentaires, économiques, sportives, …) en RDC.

Dans la présentation sociale et morphosyntaxique de la dénomination nzombo le soir que l’auteur fait au 1er chapitre de l’ouvrage, l’auteur ne manque pas de rappeler que l’anguille qui vit généralement dans les ruisseaux, canaux, rivières, étangs et fleuves, né déambule qu’à la nuit tombante et ne chasse donc que nuitamment.

Ce mode de vie  ressemble à celui du  fonctionnaire congolais contraint à se contenter d’un seul et minable repas par jour, à cause de la  conjoncture difficile. C’est le rapprochement que le professeur Ibio Nzunguba fait  au 2ème chapitre du livre, lorsqu’il évoque la sémantique du proverbe nzombo le soir comme allusion à la crise alimentaire qui contraint la population congolaise à ne pas manger à sa faim.

Quant au 3ème chapitre du livre, il évoque la sémantique de nzombo le soir dans le domaine sportif, en faisant allusion à la combativité in extremis qui caractérise les Congolais dans les situations difficiles, allant jusqu’à recourir aux fétiches (cas de l’équipe Vita Club de Kinshasa dont les dirigeants n’hésitant à mettre les féticheurs à contribution pour gagner des matches) !

Au  chapitre 4, l’auteur relève cette sémantique dans le domaine religieux, tout en faisant un clin d’œil au couple Buloba, auteur de la chanson religieuse « Zela ntango » qui exhorte les Congolais s’armer de patience et attendre la grâce providentielle.

Dans le chapitre 5 de son ouvrage, Ibio Nzunguba relève aussi la sémantique nzombo le soir dans le champ social des Congolais et relate l’histoire pathétique de la prostituée Odette, une passionnée du sexe qui, avant de se convertir et d’accepter Jésus Christ comme Seigneur et sauveur, courait les rues de Kinshasa chaque soir, pour chercher des clients qu’elle appelait « nzombo le soir » !  L’auteur a ainsi réussi à démontrer que l’expression « nzombo le soir » se retrouve dans plusieurs champs au sein de la population congolaise.

Détenteur d’un doctorat en histoire obtenu à l’Université Laval, de Quebec , au Canada où il vit, le professeur Ibio Nzunguba enseigne actuellement au département des Etudes francophones et internationales de l’Université de Regina et à l’Ecole des langues de la Gendarmerie royale du Canada (Regina). Il a aussi publié plusieurs articles sur les arts traditionnels, les peintures et peintres populaires congolais.

Actuellement, il écrit sur la dénomination et l’histoire sous-jacente ainsi que sur la communication populaire à travers les arts visuels, les arts de son et de mouvement en RD Congo.

Par DMK

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