..."/>

Sur la route de la Coupe du monde Russie 2018 : Les égarements de Papy Niango

niango_papy_min_sport_640_350_1

Il est vrai que les Léopards seniors de la République démocratique du Congo portent la responsabilité de la défaite de la nation sportive toute entière lors du match de la quatrième journée des éliminatoires africaines de la Coupe du monde Russie 2018 en groupe A.

Dans cette partie jouée le mercredi dernier en nocturne au stade des Martyrs de la Pentecôte, les Fauves ont commis l’impardonnable péché pour une équipe constituée de toutes les grosses pointures nationales, intérieures comme extérieures, bénéficiant du soutien de plus de 80.000 âmes entassées dans l’amphithéâtre de la commune de Kinshasa ainsi que de l’appui de tout un peuple et évoluant dans ses installations. Marquer deux buts à des moments cruciaux de la rencontre d’avec un adversaire de la trempe de la Tunisie (9ème et 47ème minutes) puis être réduit à la marque puis se laisser rattraper au marquoir en mois de 5 minutes à un quart d’heure de la fin du match, relèvent de la haute bavure.

Tout le monde le sait désormais. Avec le match nul (2-2) du 5 septembre à Kinshasa qui est arrivé quatre jours après la défaite (1-2) du stade de Rades, le onze national congolais a vu les Aigles de Carthage de la Tunisie confirmer autant leur suprématie que leur avance sur l’équipe de Jean-Florent Ibenge dont les limites stratégiques ont été mises à nue. Devant un peuple abasourdi, ne croyant pas ses yeux. La certitude de gagner le ticket pour le pays de Vladimir Poutine s’est éloignée quand bien même que tout espoir de qualification  n’a pas été perdu.

La cacophonie de Papy Niango, l’homme orchestre

N’empêche que le milieu politique local porte aussi et surtout la responsabilité  de la pression qui a pesé sur les Léopards avant et pendant cette partie. Le ministre des sports en particulier qui est l’autorité de tutelle de toutes les fédérations sportives s’est transformé en organisateur et de l’équipe des Léopards football -rôle dévolu à la Fédération congolaise de football association- et du match.

La distribution des vareuses piratées aux couleurs de l’équimentier officiel des Léopards, la réunion de chefs traditionnels du pays pour des incantations en faveur des Fauves, des chèvres immolés dans les arcanes du complexe sportif du stade des Martyrs afin d’exorciser l’équipe nationale, des espèces sonnantes et trébuchantes distribuées à qui mieux-mieux n’auront finalement servi qu’à gonfler les poches de prédateurs plus politiques que sportifs tournant autour du responsable du département des sports du gouvernement Bruno Tshibala. Ce dernier, le ministre des sports, a lancé son équipe rapprochée dans l’organisation du match sans tenir compte de la règlementation en la matière.

L’arène de la commune de Kinshasa a accueilli plus de monde que le nombre autorisé, les billets d’accès ont été vendus jusqu’aux souches, des chaises ont été ajoutées  jusqu’à l’orée  la tribune d’honneur sous la houlette de Max Mokey, l’un des administrateurs du complexe omnisports du stade des Martyrs, devenu par on ne sait quelle logique, le décideur même de l’emplacement de la presse abandonnée à son triste sort dans la meute des supporters incontrôlés   et qui a fait imprimer des badges parallèles à l’insu de la FECOFA, l’organisateur principal du match. Se déplacer dans l’enceinte du stade était devenu un exercice fort malaisé.   Heureusement qu’aucun incident majeur n’a perturbé cette rencontre de la quatrième journée des éliminatoires du mondial russe.

Des  » sadaka  » dispersés !

Le principe du  » sadaka  » est la communion d’esprit de tout un groupe, de tout le peuple dans le cas d’espèce, autour de l’équipe afin de la pousser moralement à la victoire. A cette occasion, toutes les forces vives sportives se mettent autour d’une table, se lavent les mains en guise de pardon collectif et partagent un morceau de viande immolé à ce dessein. De la nourriture, des habits sont remis à quelques vieillards et au plus démunis.

Il n’y est jamais question de coloration politique, ni religieuse. Et, la cérémonie se déroule au même endroit pour tous les représentants de la communauté. Or, cette fois, Papy Niango a organisé le sien dans son coin, et André Kimbuta, le gouverneur de la ville de Kinshasa pourtant au courant des us et coutumes de cette pratique, a conduit son groupe ailleurs. Il n’y a pas eu unité d’esprit dans cette démarche.

D’autant plus que les anciens ministres qui avaient gagné l’une ou l’autre médaille avec les Léopards football ne regardaient pas dans la même direction le locataire actuel du stade des Martyrs. L’entreprise a couché d’une souris. Beaucoup se sont remplies les poches au détriment du résultat. Et, Papy Niango, après avoir raté la qualification pour la phase finale du Championnat d’Afrique des nations avec l’élimination par les Diables rouges du Congo-Brazzaville, semble s’être éloigné de la Russie.

Malgré tous le tralala et les spectacles dignes de l’âge de la pierre taillée  offerts à l’opinion avant le rendez-vous du 5 septembre dernier. Il risque de se retrouver gros jean comme devant à la fin de la campagne et  n’avoir rien à mentionner dans les annales du football congolais après son mandat.   Un petit espoir néanmoins, tout n’est entièrement pas encore perdu pour les Léopards de Jean-Florent Ibenge. Deux journées restent encore à disputer. Et, tout peut arriver.

Par JC Lomboto

*

*

Monter

Login

Lost your password?