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Dans une lettre ouverte déposée à la MONUSCO : Tokwaulu pour une transition sans J Kabila sous l’ONU

Bernadette TOKWAULU

Célibataire, mère de trois enfants, 56 ans d’âge, juriste, gestionnaire d’entreprise bien connue. A ce titre, Secrétaire Général de la SNEL pendant 15 ans. Puis, nommée Délégué Général Adjoint, dans le cadre des Accords de la Majorité Présidentielle (MP) signés avec le Président de la République Joseph Kabila. En janvier 2011, Mme Tokwaulu se prononce contre la révision de la Constitution, pour permettre au Chef de l’Etat de briguer un troisième mandat.

Après interpellation par l’Agence Nationale de Renseignements (ANR), elle participe avec l’Opposition à la manifestation durement réprinée du 19 janvier 2015. Elle prend congé de la MP pour rejoindre l’Opposition. Elle est, d’ailleurs, le premier signataire de la MP à quitter cette famille poltique, bien avant le G7.Elle a déposé lze samedi 16 septembre une lettre ouverte à la MONUSCO.Cette correspondance est destinée au Secrétaire général des Nations-Unies sur la situation de la RDC.

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE SECRETAIRE GENERAL  DES NATIONS UNIES AUX BONS SOINS DE LA MONUSCO

Objet : Départ du Président Joseph KABILA et organisation d’une transition sous l’égide des Nations Unies.

Sous l’égide du Président Joseph Kabila la Constitution de la RDC a été adoptée par référendum. Cette Constitution limite le mandat présidentiel a deux fois cinq ans. Après deux mandats successifs dont le second a pris fin le 19 décembre 2016, le Président Joseph Kabila ne veut plus quitter le pouvoir. Il s’est maintenu par la force par déploiement des chars, de l’armée et la police sur tout le territoire national. Cela s’appelle un coup d’Etat.

Sous l’égide des Nations Unies, un dialogue a été organisé entre l’opposition rassemblée dans le RASSOP et le pouvoir de Joseph Kabila. Ce dialogue a abouti à un accord pour donner un semblant légitimité à ce coup d’Etat. Au lieu de respecter les termes de cet accord, le Président Kabila s’est créé une opposition sur mesure consacrant une fois de plus l’illégitimité de son pouvoir.

A quatre mois du 19 décembre 2017 qui consacre la fin de cet accord qui n’a pas connu un début d’exécution, je m’adresse à vous en tant que citoyenne de mon pays pour vous faire part des desiderata du peuple congolais.
§    Le peuple congolais veut le départ de Monsieur Joseph Kabila qui est illégitime à la tête de la RDC ;
§    Le peuple congolais veut l’organisation des élections pour avoir le 19 décembre 2017 un nouveau président élu car Monsieur Joseph KABILA ne peut pas être candidat ;

§    Le peuple congolais veut à défaut d’élections dans le délai une transition sans Monsieur Joseph KABILA car « nul ne peut bénéficier de sa propre turpitude » principe du droit international ;
Pour diriger cette transition l’opposition devra s’entendre sur le nom d’une personne qui ne sera pas candidate à l’élection présidentielle.

A défaut d’accord de l’opposition, l’ONU prendra des dispositions similaires à celles prises pour le KOSOVO.
L’objet de cette transition la plus courte possible est de diriger le pays et de préparer les élections pour revenir à l’ordre constitutionnel.

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

La situation créée par le maintien au pouvoir du Président Joseph Kabila en dehors de l’ordre constitutionnel à des répercussions catastrophiques non seulement pour la RDC mais également pour la sous-région.  S’agissant de la RDC, notre pays a sombré dans le chaos. Je vous fais grâce de la situation à l’Est de la RDC dans le Kivu et en Ituri faite de massacres et de viols de nos populations. Ces situations sont malheureusement devenues des routines qui n’émeuvent plus que quelques stars comme Ben Afflec, Angelina Jolie et le Docteur Mukwenge, l’homme qui répare les femmes ;

La situation s’est dégradée au point de s’étendre au Nord Katanga où les populations sont victimes de massacres dans une guerre entre pygmées et bantu qui semble tellement improbable qu’elle ne peut qu’être instrumentalisée sans doute pour faire fuir les populations et exploiter les richesses du sous-sol.

Au Kasaï la révolte de la chefferie Kamuina Nsapu qui semble avoir eu pour détonateur la tentative de certains membres du pouvoir d’interférer dans la succession d’un Chef coutumier pour installer un chef à sa botte pour des besoins électoraux. L’assassinat du Chef coutumier légitime par le pouvoir a dégénéré en révolte animiste Kamuina Nsapu.

La répression de cette révolte par l’armée en faisant un usage scandaleusement disproportionné de la force, avec des massacres de civils innocents assimilables à des crimes de guerre a enflammé la région. Le nombre des fosses communes peut laisser présumer une dangereuse répression qui prend des allures d’épuration ethnique en raison de son volume. Ces populations en danger sont refugiées dans des camps en Angola.

Monsieur le Secrétaire Général,

Le chaos de la RDC a des conséquences déstabilisantes sur les pays frontaliers.
Comment voulez-vous que le Sud Soudan soit obligé à la paix quand ses rebelles trouvent refuges en RDC par une frontière poreuse le temps de reprendre des forces et de réalimenter les combats ;  Le Rwanda et l’Ouganda n’auront pas la paix tant que les rebelles FDLR rwandais trouveront refuges en RDC qui n’a pas d’armée ;

La RDC n’aura pas la paix tant que les troupes rwandaises et ougandaises s’y promènent en terrain conquis sous couvert de faire la chasse à leurs rebelles mais dans les faits pour exploiter les ressources de notre pays ;  L’Angola va expérimenter se première « alternance » post Dos Santos mais les frontières poreuses de la RDC constitueront les bases arrières de la contestation des autonomistes cabindais et de tous les partis FNLA, UNITA etc… qui sont sous le boisseau par l’hégémonie du MPLA qui se perpétue.

Monsieur le Secrétaire Général, qu’est devenue la RDC ?

Un pays où un bateau battant pavillon RDC et n’appartenant à personne transporte des tonnes de cocaïne ;
Un pays où des personnes non identifiées importent de la cocaïne par avion via l’Afrique du Sud ;
Un pays qui tue deux experts des Nations Unies dans des conditions malheureusement rocambolesque et qui refuse une enquête indépendante pour établir la vérité ;

Un pays de contrats miniers et pétroliers que s’ils étaient examinés se révèleraient pour la plupart léonins ;  Un pays sans armée capable de défendre ses frontières et réduite à une garde surarmée pour la répression des manifestations des opposants et des « rebellions » Kamuina Nsapu ;

Un pays où la population est au chômage, affamée devant faire face parfois à Ebola et aujourd’hui au choléra ;  Un pays où les opposants susceptibles de prendre en main le destin de notre pays sont condamnés à l’exil, à la prison, par une justice instrumentalisée ou sont condamnés à mourir sous les balles de la Garde surarmée au cours des manifestations pour le retour à l’ordre constitutionnel.  Un pays où notre jeunesse n’aspire plus qu’à une chose l’exil à l’étranger par des voies clandestines meurtrières dans des pays occidentaux qui ne veulent plus d’immigration.

Monsieur le Secrétaire Général,

L’opposition a déjà enregistré plus de 200 morts aux cours de manifestations pour le respect de la Constitution. Lorsque nous notons que plus de 700 morts au Burundi sous la coupe du dictateur Nkurunziza n’a pas fait réagir les Nations Unies, nous avons des doutes quant à la volonté de réaction de l’ONU.  Néanmoins, chacun est appelé à faire ce qu’il peut pour rendre le monde meilleur. Je viens de faire ma part. Puis-je espérer que votre organisation fera aussi la sienne ?

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de ma haute considération.
Bernadette TOKWAULU AENA

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