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Pour avoir demandé à Trump de s’occuper personnellement du cas de la RDC : 6 sénateurs font trembler Kinshasa

Six sénateurs américains dont Elisabeth Warren, Edward Markey, Cory Booker, Richard Durdin, Benjamin Cardin, Christopher Coons et Sherrod Brown,

Le Rassemblement s’en réjouit, la Majorité craint le pire, la jeunesse du PPRD s’en moque

Six sénateurs américains dont Elisabeth Warren, Edward Markey, Cory Booker, Richard Durdin, Benjamin Cardin, Christopher Coons et Sherrod Brown, tous démocrates, menacent sérieusement le régime de Kinshasa. Ils ont adressé, le mardi 3 octobre dernier, une lettre au président Donald J. Trump pour lui demander de s’investir personnellement, en prenant des mesures fortes, pour arrêter le calvaire que vivent les Congolais dont le chef de l’Etat est fin mandat depuis le 19 décembre 2016.

Ils exhortent Trump d’intervenir pour aider à mettre fin à la crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo. « Nous demandons que vous utilisiez tous les outils disponibles pour faire face à des crises politiques, de sécurité et humanitaires de plus en plus inquiétantes », disent-ils dans leur correspondance.

Les signataires de la lettre menacent qu’au cas où Kinshasa continuait de refuser de mettre en œuvre l’esprit et la lettre de l’accord de la Saint Sylvestre, « les Etats-Unis devraient utiliser les moyens dont nous disposons, y compris des sanctions, des règlements anti blanchiment et des outils supplémentaires disponibles pour affecter les calculs des individus qui ont une forte influence sur le président Kabila pour l’exhorter à changer de cap ».

Kikaya aux sénateurs Américains: « nous avons l’impression qu’ils n’écoutent que les opposants »

 Dans sa réaction, Barnabé Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique du chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange, confie à Jeune Afrique avoir rencontré à plusieurs reprises trois des sénateurs signataires de cette lettre assortie des menaces de sanctions. « Nous sommes surpris par le fait qu’ils reviennent sur un argumentaire dépassé, alors que nous avons eu à leur expliquer en long et en large la situation réelle, politique et sécuritaire, en RDC » dit-t-il. « Nous avons l’impression qu’ils ne nous écoutent pas, déplore le diplomate. C’est très inquiétant s’ils se contentent que de ce que leur disent des opposants intéressés qui ne cherchent qu’à en découdre avec le pouvoir en place à Kinshasa ».

Quant à la situation sécuritaire épinglée dans la lettre, Kikaya estime qu’elle serait depuis maîtrisée dans le Kasaï. Il en veut pour preuve l’enrôlement des électeurs qui se poursuit dans cette partie centrale du pays. « Les procès des fauteurs de troubles s’y poursuivent. Le FBI et la justice suédoise travaillent déjà avec nous pour élucider le meurtre des deux experts onusiens, l’Américain Michael Sharp et la Suédoise Zaida Catalán, assassinés en mars dans le Kasaï », poursuit ce proche de Kabila qui regrette qu’on ne retrouve nulle part ces évolutions de la situation dans la lettre des sénateurs.

Celle-ci, nuance Kikaya, « n’engage que ses signataires ».

Par rapport à la venue de Nikki Haley, ambassadrice des USA à l’ONU, pour le diplomate, « Nous, à Kinshasa, nous attendons au cours de ce mois d’octobre Nikki Haley, la représentante permanente des États-Unis aux Nations-Unies, le seul haut responsable américain qui s’est prononcé à plusieurs reprises sur la situation en RDC », indique le diplomate congolais. « Si de nouvelles sanctions américaines tombent sur nous, ce serait un très mauvais signal », s’inquiète-t-il.

Raymond Tshibanda « surpris »

Interrogé sur la même question, Raymond Tshibanda, envoyé spécial de Joseph Kabila aux Etats-Unis, se dit « surpris ».  « Nous sommes surpris par le fait qu’ils reviennent sur un argumentaire dépassé, alors que nous leur avons expliqué en long et en large la situation politique et sécuritaire réelle en République démocratique du Congo. Nous avons l’impression qu’ils ne nous écoutent pas », déplorent le diplomate. « C’est très inquiétant s’ils ne se contentent que de ce que leur disent les opposants qui ne cherchent qu’à en découdre avec le pouvoir en place à Kinshasa ».

La Ligue des jeunes du Pprd s’en moque

Le président de la Ligue des jeunes du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), Patrick Nkanga, minimise l’affaire et évoque un fait « bénin ». Sur son compte twitter, il déclare que « ces sénateurs américains ne sont pas représentatifs dans l’échiquier politique de leur pays. On sait d’où ça vient, un fait bénin ». Le conseiller politique de Joseph Kabila se détend visiblement par rapport à cette question, alors que les conseillers diplomatiques se disent désagréablement surpris par cette prise de position.

Lambert Mende minimise

Pour Lambert Mende, les six sénateurs sont largement minoritaires pour réussir leur action et embarquer le président Trump dans leur démarche.

Le Rassemblement jubile

Pierre Lumbi Okongo, président du Conseil des sages du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, se félicite du courage pris par ces sénateurs américains en dénonçant tout ce qui se passe en République démocratique du Congo.

Par LM

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