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L’ONU saisie hier de la crainte d’un embrasement de la RDC

conseil de securite onu

La MONUSCO a exigé la publication d’un calendrier électoral réaliste, l’établissement d’un budget pour la tenue des élections, la mise en œuvre des mesures de décrispation et la garantie du respect des droits et libertés fondamentales

En République démocratique du Congo, les défis à l’application de l’Accord du 31 décembre 2016 persistent, sur fond de détérioration de la situation sécuritaire dans les Kasaï et les provinces de l’est, s’est alarmé  hier mercredi 11 octobre le Représentant spécial du Secrétaire général pour ce pays, Maman Sidikou, devant le Conseil de sécurité.

 » La publication d’un calendrier électoral réaliste, l’établissement d’un budget pour la tenue des élections, la mise en œuvre des mesures de décrispation et la garantie du respect des droits et libertés fondamentales sont les principales conditions à remplir pour faire avancer le processus politique « , a plaidé Sidikou, qui a présenté le dernier rapport du Secrétaire général sur l’examen stratégique de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), qu’il dirige.

Les discussions les plus récentes, a noté Sidikou, ont conclu au fait que les élections ne pourraient être organisées d’ici  la fin de l’année 2017, comme initialement prévu. Cette prise de conscience a relancé les  » interprétations les plus diverses  » de l’Accord et suscité le retour des incertitudes et des tensions politiques, a expliqué le  haut-fonctionnaire onusien.

Intenses actions de plaidoyer de la société civile

La RDC était représentée à ses assises par le Vice Premier ministre et ministre des Affaires Etrangères, Léonard She Okitundu,  accompagné de son collège en charge des Droits Humains, Marie Ange Mushobekwa. Mais la société Civile, dans le cadre de ses actions de lobbying et de plaidoyers, a été représentée par Paul Nsapu Mukulu, de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme(FIDH) et Floribert Anzuluni, du mouvement citoyen Filimbi.

 » La première condition pour organiser les élections, c’est de déterminer le corps électoral, ce qui sera finalisé d’ici 30 jours « , a réagi Leonard She Okitundu. Selon le chef de la diplomatie congolaise, son pays aurait  » bel et bien mis le cap vers les élections « . Cependant, Corneille Nangaa Yobeluo,  président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a déclaré que les trois élections, prévues pour décembre 2017, ne pourraient se tenir à cette date pour  » des raisons d’ordre logistique, financier, sécuritaire et normatif « .  L’Accord du 31 décembre prévoit d’ailleurs, a-t-il rappelé, la  » possibilité du report des élections « , laquelle sera à l’ordre du jour d’une réunion d’évaluation du 12 au 14 octobre prochains.

Le Représentant spécial du Secrétaire général a reconnu que des progrès avaient été accomplis ces derniers mois dans le processus d’actualisation du fichier électoral, qui compterait plus de 41 millions de votants, dont 48% de femmes. Début septembre, ce processus d’inscription s’est étendu au Kasaï et au Kasaï Central, les dernières provinces congolaises à l’entreprendre, a-t-il précisé.

Vivement un calendrier électoral réaliste et un budget

 » Toutefois, l’incertitude plane sur la participation des membres de la diaspora, les modalités du vote ainsi que le calendrier de l’adoption de lois électorales indispensables « , a nuancé le Représentant spécial. Les ressources financières nécessaires pour se rapprocher de la tenue des élections se font également attendre.

Le Chef de la MONUSCO a plaidé pour la publication d’un calendrier électoral réaliste et un budget pour les élections en vue de faire avancer le processus politique en RDC.  » A l’heure actuelle, la publication d’un calendrier électoral réaliste, l’établissement d’un budget pour la tenue des élections, la mise en œuvre des mesures de décrispation et la garantie du respect des droits et libertés fondamentales sont les principales conditions à remplir pour faire avancer le processus politique « , a affirmé Maman Sidikou.

Les partenaires régionaux appelés à la rescousse de la RDC

 » En effet, les acteurs de la région, notamment l’Union africaine, la Communauté de développement de l’Afrique australe, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale, ont un rôle essentiel à jouer pour aider toutes les parties prenantes en République démocratique du Congo à relever les défis auxquels elles sont confrontées et soutenir les progrès réalisés dans le processus politique en vue de la tenue des élections « ,a recommandé le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC.

Pour le Chef de la MONUSCO, ce n’est qu’en travaillant ensemble et de manière solidaire et en synergie que les obstacles auxquels la République démocratique du Congo se heurte maintenant pourront être surmontés. Il a relevé l’engagement de la MONUSCO à soutenir, à travers ses bons offices, les principes de l’Accord du 31 décembre qui représentent la seule voie viable de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles et apaisées en RDC.

Crainte d’un embrasement

En outre, réunir les conditions propices à la tenue des élections consiste aussi, a rappelé Maman Sidikou, à donner effet aux mesures de renforcement de la confiance, lesquelles sont remises en cause par le sort réservé aux journalistes, aux opposants politiques et aux activistes de la société civile, visés par des tentatives d’intimidation, des harcèlements et des violences. Simultanément à ce contexte d’incertitude politique, a relevé le Représentant spécial, la situation sécuritaire s’est détériorée dans plusieurs régions, avec une hausse des attaques ciblées des groupes Maï-Maï contre les Forces nationales de sécurité dans les Kivu, sur fonds de tensions intercommunautaires entre Hutu et Nande.

Situation d’autant plus complexe que les Forces alliées démocratiques s’en prennent également à la MONUSCO.  Deux Casques bleus tanzaniens ayant été tués avant-hier au Nord-Kivu. Au Sud-Kivu, le 15 septembre dernier, des affrontements ont fait 37 morts et 117 blessés parmi des demandeurs d’asile burundais et un mort et sept blessés parmi les Forces de sécurité congolaises, a déploré le Représentant spécial.

Dans la province du Tanganyika, a-t-il ajouté, les affrontements entre milices Twa et Luba ont repris, sur fonds de recrudescence des opérations des Maï-Maï Bakata-Katanga et de clivages émergents entre plusieurs milices Twa. Enfin, les incidents violents se poursuivent au Kasaï entre milices Kamuina Nsapu et Forces de sécurité, là aussi dans un contexte de rivalités interethniques. Les conséquences de ces violences se font ressentir pour la population.

Pas moins de 1.329 cas de violations des droits de l’homme ayant été recensés entre début juin et fin août. Le tribut payé par les civils est également humanitaire, avec 8,5 millions de personnes – dont 5,5 millions d’enfants – en besoin d’assistance, 3,8 millions de déplacés et 621.000 réfugiés congolais dans la région des Grands Lacs.

Par GKM

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