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Pour sauver la RDC du chaos : L’OIF met en garde contre le non respect du calendrier électoral

Pascal Couchepin OIF

Son envoyé spécial dans la Région de Grands Lacs, le Suisse Pascal Couchepin, a fait cet appel à la fin d’une mission de quatre jours à Kinshasa  

Au terme d’une mission officielle effectuée en RDC pour évaluer le processus électoral quatre jours après la publication du calendrier des scrutins par l’administration électorale, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a mis en garde les autorités congolaises, insistant sur le respect de cette feuille de route.

Pascal Couchepin, envoyé spécial dans les Grands Lacs de l’OIF, estime que cela permettra d’éviter l’embrasement du pays. Au terme d’une mission de quatre jours, l’équipe de Pascal Couchepin a rencontré des représentants de la mouvance au pouvoir, de l’opposition, de la CENI et de la Cenco, le président de l’Assemblée nationale, mais pas le président Joseph Kabila.

 Pour l’ancien président de la Confédération suisse, la publication du calendrier la semaine dernière constitue une « lueur positive ». Reste maintenant à s’assurer qu’il sera effectivement mis en œuvre. Sinon, prévient-il, cela « pourrait aboutir à une explosion », tant l’« exaspération » est en train de monter dans le pays. L’OIF voit d’un œil inquiet les appels à manifestation lancés par l’opposition et la société civile. Elle appelle le pouvoir à tout mettre en œuvre en vue de l’organisation des élections selon le chronogramme de la CENI.

« Si, avec ce calendrier, le peuple voit qu’on l’a trompé, il y a aura des conséquences dramatiques », tance Pascal Couchepin. Ce dernier n’a pas pu s’entretenir avec le président Kabila, en déplacement à l’intérieur du pays. Certains y voient un mauvais signal. « C’est signe que le chef de l’Etat ne souhaite pas prendre trop d’engagements », déplore un diplomate.

Pour tenter de rétablir la confiance, l’OIF plaide pour la mise en place d’un groupe d’experts internationaux chargé d’appuyer la Ceni dans la mise en œuvre du calendrier électoral. Ce groupe d’experts composé des délégués de la SADC, CRGL, ONU, UE et OIF avait été décidé avant la publication du calendrier lors de la dernière session ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations-Unies à New York.

Malgré la publication du calendrier, le bras de fer continue entre la communauté internationale et la Commission électorale sur la question du financement des élections. « Les bailleurs de fonds ne vont pas lâcher leur argent avant d’avoir des garanties que les élections se tiendront et que l’argent versé sera efficacement affecté à leur préparation  », a  fait savoir Pascal Couchepin.

La pression s’accentue sur Kabila

Kinshasa pensait que la pression diplomatique se relâcherait une fois le calendrier électoral publié. Ce qui n’est pas le cas. Après qu’elle ait réagi par un tir nourri de communiqués et de déclarations pour « prendre acte » ou pour « saluer »ce calendrier, la communauté internationale, notamment l’ONU, l’UA, les Etats-Unis, l’Union européenne, la Belgique, le Canada, la France ont donné leur position, à travers des déclarations, pour prendre au mot les autorités congolaises, surtout que l’opinion nationale sait que Kinshasa n’a manifestement pas la volonté d’organiser les élections.

Consciente du caractère fragile de ce calendrier et des manœuvres dilatoires de Kinshasa prêt à repousser indéfiniment la date des élections avec force arguments d’ordre financier, sécuritaire, logistique, technique et même climatique, la communauté internationale décide de prendre le régime à son propre jeu. Surtout quand on sait que la date constitutionnelle, celle du 19 décembre 2016, n’a pas été respectée, même celle prévue dans l’Accord de la Saint-Sylvestre, fin 2017. Les chancelleries occidentales basées à Kinshasa estiment que cette fois-ci, les élections auront bel et bien lieu en décembre 2018 au plus tard, et le président Joseph Kabila ne sera plus président.

Décrispation de l’environnement sociopolitique avant les élections

La communauté internationale indique que le processus électoral doit également être transparent et crédible. A cela, il y a un préalable : la mise en œuvre des mesures de décrispation politique telle que décidée dans le cadre de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Il s’agit notamment de la libération des prisonniers politiques dont Jean-Claude Muyambo, Eugène Diomi Ndongala, Franck Diongo, Huit Mulongo, les membres des mouvements citoyens et le retour des exilés politiques dont Moïse Katumbi.

Il faut, en outre, levée la mesure interdisant la liberté de manifestation, mettre fin à la censure qui frappe les médias de l’opposition et arrêter avec la mauvaise pratique du dédoublement des partis d’opposition.

Par GKM

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