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Commune de Lemba : la VSV déplore la brutalité policière à Mbanza-Lemba

VSV

Dans un communiqué, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) dénonce la brutalité policière à Mbanza Lemba, dans la  Commune de Lemba.  L’ONGDH note qu’une dizaine de groupes de policiers, accompagnés d’indicateurs civils, dont certains en uniforme de la Police Nationale Congolaise (PNC), a investi la cité de Mbanza-Lemba en se déployant aux quartiers Mbuku, Libération, Amba et Tchad à Kisenso, sous prétexte de rechercher des jeunes gens qui auraient tué le même jour  un policier au Sous– Commissariat dénommé « Sukola Mata Coin », sis à proximité du marché Wenze Bambou.

Ces policiers ont pénétré dans plusieurs maisons où ils ont arraché de force des biens divers tels que téléphones, DVD, postes téléviseurs, radios, des habits, des sommes importantes d’argent… détruisant méchamment des portes et vitres. De même, les boutiques du marché « Wenze Bambou » ont été pillées, plusieurs articles ravis ont été embarqués à bord  de deux gros camions de marque jeefang de la PNC, et ce, sans établissement des Procès-verbaux (P.V) de saisie de biens.

La VSV signale que des jeunes gens  interpellés, dont de nombreux innocents et autres passants,  ont été sévèrement battus puis enlevés et acheminés vers le District PNC de Matete. Ceux qui ont eu la chance de se soustraire des griffes des policiers ont quitté les domiciles familiaux  pour se refugier dans d’autres quartiers ou communes pendant plusieurs jours, par crainte d’autres descentes punitives, note l’organisation.

Trop de représailles

Des informations parvenues à la VSV font état du rôle joué par des indicateurs dans les quartiers qu’ils habitent. Ce sont eux qui conduisaient les groupes de policiers pour rentrer dans des parcelles mieux identifiées, et où ces policiers ont terrorisé les occupants avant de ravir des biens de valeur et procéder à l’arrestation des jeunes gens.

Un indicateur, muni d’une machette sur avenue Nsele, quartier Mbuku, a menacé une jeune fille avant d’arracher un billet de 200FC qu’elle tenait, ainsi que son téléphone.  L’association regrette que des policiers qui sont arrivés juste après, aient  ravi à la veuve Justine  Tshilanda, une somme d’argent  (160.000 francs congolais) pour la commande de pain.

Pour la VSV, les représailles perpétrées par ces policiers à la Cité Mbanza-Lemba seraient consécutives à la descente samedi 28 octobre 2017 vers 7 heures de quatre policiers armés rue Kingudi n°7 bis, où ils ont procédé à l’arrestation d’un  sexagénaire  connu sous le nom de Bona, qu’ils ont tiré sans ménagement en lui infligeant un traitement inhumain et dégradant.

Ces agissements a révolté les badauds, qui ont rappelé aux policiers le respect du droit à la dignité de la personne humaine. C’est alors qu’un des policiers a tiré trois coups de feu, dont deux balles ont touché et pénétré dans la jambe droite de M. Vane Ngoma, 27 ans, provoquant une forte hémorragie.

La victime est tombée, gisant dans son sang. Aussitôt, le meurtrier a été maîtrisé par ses collègues et conduit au S/Ciat sis à côté du Wenze Bambou, où ils l’ont menotté. Pendant ce temps, le bruit s’est répandu qu’un des policiers venait de tuer un jeune homme du quartier Mbuku et la population est descendue au S/Ciat précité.

A leur vue, les policiers ont tiré plusieurs coups de feu pour disperser la foule. Sous la forte pression, tous les policiers ont pris la fuite laissant sur place le policier menotté sur qui la foule surexcitée s’est acharnée jusqu’à le tuer. La VSV regrette qu’après les incidents, aucune autorité n’a effectué une descente à Mbanza-Lemba pour évaluer la situation, excepté le Commissaire provincial Général Sylvano Kasongo, qui s’y serait rendu le même jour.  Mais un comité ad hoc, constitué des victimes a introduit une plainte à l’Auditorat Militaire de la Garnison de Matete, signale VSV.

La VSV invite le gouvernement à ouvrir une enquête indépendante sur les circonstances de ces incidents meurtriers et autres violations des droits humains à Mbanza Lemba en vue d’établir les responsabilités pour que les auteurs répondent de leurs actes. Elle exige la libération de toutes les personnes arrêtées en rapport à ces événements ainsi que  la restitution de tous les biens extorqués à la population.  L’ONGDH demande l’indemnisation des victimes pour les préjudices causés.

Par GKM

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