..."/>

Selon l’ONU : Le rapport de HRW confirme ce qu’a toujours dit la MONUSCO

HRW

Abdul Aziz Thioye, directeur du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme(BCNUDH) était l’invite de la conférence de presse hebdomadaire des Nations Unies tenue hier mercredi 6 Décembre 2017 au siège de la Monusco.

Le Numéro 1 du BCNUDH était venu échanger avec la presse sur les activités menées par son office à l’occasion de la journée internationale dédiée aux personnes vivant avec handicap et sur ce que compte faire cette agence des Nations Unies en marge de la journée internationale des droits de l’homme célébrée le 10 décembre de chaque année.

L’occasion faisant le larron, les  journalistes ont profité de sa présence pour connaitre le point de vue du chef de Bureau des Droits de l’homme de l’ONU en RDC en rapport avec le rapport coupe –gorge de  l’organisation de défense des Droits de l’Homme américaine Human Rights Watch (HRW) qui accusent des officiers supérieurs des forces de sécurité congolaises d’avoir recruté en Ouganda et au Rwanda des rebelles du M23 pour réprimer les manifestations anti-Kabila de décembre 2016, tandis que d’autres ont reçu une formation « spéciale » à la mi-2017 pour défendre le régime du président Kabila hors mandat depuis 2016. Abdul Aziz Thioye a loué le travail produit par HRW qui, selon lui, est une organisation internationale qui a de l’expertise en la matière.

Le BCNUDH qui est une composante de la MONUSCO a, par l’entremise de son directeur, affirmé que le rapport de HRW confirme ce que la Mission Onusienne a toujours dit. Lors des manifestations anti Kabila du 30 novembre dernier, le directeur de BCNUDH a  déploré un excès de zèle de certains policiers, vis à vis de ses équipes, à Goma et à Kinshasa. Il a  appelé au respect de son mandat.

« Il y a des inquiétudes : si vous les arrêtez et que vous les rouez de coups, évidemment il y a un problème ! Si vous posez des entraves à la liberté de circuler des individus y compris des équipes (en charge des) droits de l’homme et des équipes de la Monusco, ça pose problème également. Donc je crois qu’il y a des choses à revoir, et à revoir le plus rapidement possible », averti Abdul Aziz Thioye.

Recrutés à partir d’octobre 2016

Selon des membres de l’ancienne rébellion congolaise du M23 (défaite en novembre 2013) réfugiés dans des camps en Ouganda et au Rwanda et interrogés par HRW, ils avaient commencé à être recrutés par des officiers supérieurs des forces de sécurité congolaises entre octobre et début décembre 2016.

Au moins 200 rebelles ont répondu à cet appel et ont été intégrés à des unités de la police, de l’armée et de la Garde républicaine (garde prétorienne de Joseph Kabila, n’obéissant pas à la hiérarchie militaire) congolaises, après avoir reçu uniformes et armes. HRW a obtenu des confirmations de ces informations par des officiers de l’armée congolaise.

Les ex-rebelles, logés nourris et payés ont été envoyés à Kinshasa, Goma et Lubumbashi et ont reçu l’ordre de tirer « à la moindre provocation des civils », a raconté l’un d’entre eux à HRW. Ils savaient que cette « guerre » serait facile, les officiers congolais qui les envoyaient pour  réprimer les protestations leur ayant spécifié qu’ils seraient déployés « contre des manifestants non armés ».

Selon les interviews menées par HRW, les ex-M23 défaits avaient accepté le recrutement de fin 2016 parce qu’ils vivent dans des conditions misérables en Ouganda et au Rwanda et qu’on leur promettait, outre la paie, de pouvoir revenir au Congo avec des postes et des grades.

Seuls certains d’entre eux ont vu ces promesses respectées; les autres sont rentrés bredouilles en Ouganda et au Rwanda, fin décembre 2016 et en janvier 2017. Selon HRW, beaucoup ont à nouveau été recrutés par les forces de sécurité congolaises entre mai et juillet 2017, en vue d’une formation, à Kisangani (nord-est du Congo) pour des « opérations spéciales ».

Inquiétude

L’inquiétude est donc grande du fait que ces ex-soldats rebelles seront encore utilisés pour réprimer les protestations contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà du 31 décembre 2017. La date du 31 décembre avait été retenue comme délai butoir limite de son départ par l’Accord de la Saint-Sylvestre 2016, signé sous la pression des manifestations de rue réprimées avec l’aide des ex-M23.

Par GKM

*

*

Monter

Login

Lost your password?