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Shay la petite fille de Rochereau Tabu Ley devenue star du rap

Elle s’appelle shay, a 24 ans et est devenue quasiment du jour au lendemain une star du rap francophone. Protégée par le rappeur français Booba,  elle a cartonné avec son premier album intitulé  » jolie garce  » dont les extraits,   » PMW  » et  » Cabeza « , sortis  en 2016,  ont déjà fait plus de 40 millions de vues sur YouTube.

C’est en 2009, selon son  propre aveu, qu’elle est  venue au rap, son grand frère Olivier, alias Le Motif, qui compose bon nombre des titres sur son premier album, la pousse devant une caméra.  » Il m’a dit : Toi, t’aimes bien faire la belle, je t’écris un morceau et tu le rappes. » La vidéo, une reprise du morceau  » BMF « , du rappeur américain Rick Ross, arrive entre les mains de Booba, qui la contacte. Elle participe ensuite au  titre  » Cruella  » dans  »  Autopsie IV « , l’album du  » Duc de Boulogne ».

Envoyée à Kinshasa par sa famille

Si elle est née dans une famille de musicien, petite fille de Tabu Ley Rochereau et nièce du rappeur Youssoupha, née en Belgique d’un père polonais informaticien ainsi que comptable et d’Yvette Tabu, sa mère d’origine congolaise, Vanessa Levinsky (son véritable patronyme) passe son enfance dans la commune de Molenbeek, à Bruxelles. Son nom de scène  Shay, venant de Tabu Ley  signifie  » celle qui apporte la lumière. « 

L’adolescente sèche beaucoup les cours à l’école et  fréquente de mauvais garçons. Pour la calmer, ses parents l’envoient en 2005 durant un an et demi à Kinshasa. Peine perdue, car à son retour en Belgique elle quitte carrément l’école et veut devenir délinquante. Ses modèles son  Frank Lucas, le trafiquant de drogue new-yorkais (qui a inspiré le film  » American Gangster « , avec dans les rôles principaux Denzel Washington et Russell Crowe) ou encore la trafiquante de drogue colombienne Griselda Blanco.

Elle porte un regard très lucide sur le milieu du rap. Pour la jeune femme :  » le rap reflète la société. Alors il peut être sexiste. Il n’est pas différent. Pour ma part, si on a misé sur moi c’est justement parce que je suis une femme. Dans mon cas personnel la discrimination est donc positive. Après, je vois bien que parfois le public a du mal avec un morceau parce que je suis une femme. Je suis donc obligée de sortir le tube incontestable pour qu’on dise :  » ok elle a du talent « . À partir de  » PMW  » ça a fonctionné. « 

La Belge  explique  détester l’idée qu’une fille qui fait du rap doit obligatoirement  » s’habiller en mec et ne ressembler à rien « .  La rappeuse  pense en fait qu’il faut juste être fidèle à soi-même. Shay  insiste sur le fait que dans la vie normale, elle est féminine, sexy et elle  ne vas pas changer sous prétexte qu’elle  pratique ce genre musical.

Fan de Fally Ipupa

Shay avoue avoir grandit avec la rumba congolaise et non le rap ou encore le funk. Elle voue un profond respect à Fally Ipupa et déclare que dans la diaspora africaine d’Europe, les Rd Congolais sont les numéros un. Concernant sa récente célébrité, shay explique ne pas la ressentir car vivant  en studio,  plutôt cachée.

Elle est  assez discrète. La rappeuse signale préférer  se concentrer surs es objectifs et n’arrive pas à se divertir tant qu’elle  ne les a pas atteints. Elle a envie de construire une carrière pérenne. Et faire des affaires, comme par exemple avoir sa propre marque de  vêtements.  Pour l’artiste la mode, c’est important, parce qu’elle  permet de s’exprimer.

Pour Shay  l’argent, c’est une forme de liberté et de pouvoir. Elle  ne parle pas d’argent pour le bling-bling, pour le côté matériel de la grosse voiture et de la villa.  La rappeuse a d’ailleurs déclaré en interview :  » en tant que femme et femme noire, on peut avoir tendance à te négliger et te mépriser un peu, mais quand tu as de l’argent, on te regarde autrement. D’où l’importance que ça a pour moi « .

Par Yves Mitondo

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