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Attaque meurtrière contre la MONUSCO/Beni : l’ONU et la Tanzanie sous le choc

António Guterres

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres et le Conseil de sécurité ont condamné vendredi dernier, l’attaque meurtrière perpétrée le jeudi 7 décembre contre une base de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) à Beni, au Nord-Kivu.

En effet,  le jeudi  dernier dans la soirée, des groupes armés présumés ADF ont pris d’assaut une base opérationnelle de la MONUSCO située à Semiliki, dans le territoire de Beni. Des combats prolongés ont opposé les éléments présumés ADF et les forces de l’ONU et des FARDC.

Selon la MONUSCO, au moins 15 Casque bleus du contingent tanzanien et cinq membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont été tués dans cette attaque. Au moins 53 autres soldats de la paix ont été blessés, dont quatre grièvement. Depuis ces événements, le Commandant de la Force de la MONUSCO est sur place à Beni, pour évaluer la situation en matière de sécurité dans la région et coordonner la réponse de la mission onusienne avec les FARDC.

Indignation à New-York

« Je tiens à exprimer mon indignation et ma profonde peine suite à l’attaque de la nuit dernière contre les forces de maintien de la paix des Nations Unies en République démocratique du Congo », a déclaré vendredi matin Antonio  Guterres, secrétaire général des Nations Unies lors de l’ouverture d’une conférence de donateurs au Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) à New York.

L’attaque contre la MONUSCO au Nord-Kivu constitue « la pire attaque contre les forces de maintien de la paix de l’ONU dans l’histoire récente de l’Organisation », a tenu à préciser le Secrétaire général.  Un dernier incident qui vient démontrer les énormes sacrifices consentis par les pays fournisseurs de contingents au service de la paix. « Ces femmes et ces hommes courageux mettent leur vie en danger chaque jour à travers le monde pour servir la paix et protéger les civils », a souligné le chef de l’ONU.

« Ces attaques délibérées contre les Casques bleus de l’ONU sont inacceptables et constituent un crime de guerre », a martelé le Secrétaire général qui a appelé les autorités de la RDC à enquêter sur cette attaque et à traduire rapidement leurs auteurs en justice. « Il ne doit pas y avoir d’impunité pour de telles agressions, ici ou partout ailleurs », a dit le Secrétaire général.

 Le Conseil de sécurité s’est fait l’écho des propos du chef de l’ONU. Condamnant dans les termes les plus forts toutes les attaques et provocations lancées contre la MONUSCO par des groupes armés, les membres du Conseil ont réitéré leurs demandes que tous les groupes armés cessent immédiatement toute forme de violence. Plus tôt dans la journée, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, s’est déclaré choqué par « l’attaque odieuse » perpétrée contre la MONUSCO au Nord-Kivu.

Colère du président tanzanien,John Magufuli

Dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi, le président tanzanien John Magufuli s’est dit « choqué » et « attristé » par l’attaque  contre une base de Casques bleus tanzaniens qui a fait au moins 15 morts et 53 blessés.  «Je suis très choqué et très attristé d’apprendre la mort de nos jeunes, de braves soldats et des héros qui ont perdu leur vie dans l’accomplissement de leur mission de paix chez nos voisins de la RDC », a insisté John Magufuli.

Le président « a reçu avec un grand choc et une profonde tristesse la nouvelle de la mort de 14 membres des Forces de défense du peuple tanzanien qui participaient à une opération de maintien de la paix en République démocratique du Congo », a indiqué ce communiqué en swahili.  « En plus de ceux qui ont sont morts, 44 autres ont été blessés tandis qu’on est sans nouvelles de 2 autres », a ajouté ce communiqué.

La MONUSCO et les FARDC sur le qui vive

« Des renforts sont sur place et des évacuations médicales par la Mission sont en cours », a précisé vendredi matin Jean Pierre Lacroix sur son compte Twitter.  De son coté, le Chef de la MONUSCO, Maman Sidikou, a également condamné avec la plus grande fermeté l’attaque meurtrière contre les soldats de la paix de sa mission au Nord-Kivu.

« Les attaques contre ceux qui travaillent au service de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo sont lâches et constituent des violations graves », a déclaré Maman Sidikou dans un communiqué publié vendredi par la MONUSCO. Maman Sidikou s’est fait l’écho des propos de  Guterres, précisant que « la MONUSCO prendra toutes les mesures nécessaires pour que les coupables soient tenus responsables et traduits en justice ».

La crise humanitaire s’accentue

Avec plus de 200.000 réfugiés accueillis sur son territoire ainsi que plus de 4 millions de déplacés internes, la RDC est confrontée à l’une des plus importantes crises humanitaires au monde. Une situation d’urgence soulignée dans l’appel lancé vendredi aux Etats membres pour contribuer davantage au CERF. « Cette dernière attaque souligne l’urgence d’aider les personnes dans le besoin et de faire face à la situation instable », a regretté Guterres.

Par GKM

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