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Page d’histoire : Musique et politique indissociables !

L’actuelle République Démocratique du Congo (ex. Zaire ou Congo Belge) est l’un de rares pays au monde où la musique et la politique semblent naviguer à bord d’une même embarcation. Comme l’a fait remarquer le saxophoniste camerounais Manu Dibango, « les vedettes font partie intégrante de la vie publique ». Nul hasard si Joseph Kabasele « Grand  Kallé » est invité à Bruxelles, en marge de la Table-Ronde démarrée le 20 janvier 1960 où l’indépendance du Congo y est âprement  négociée.

Si la notoriété acquise auprès du peuple imposait  Kalé Jeef, son long compagnonnage avec Patrice Emery Lumumba  le rendait incontournable auprès du futur président du Conseil, impliqué au plus haut niveau de négociations avec les Belges, aux côtés de son rival Joseph Kasa-Vubu, futur président de la République.

Parrainés par le journal « Congo », les musiciens composent à chaud dans la nuit la chanson « Indépendance Cha Cha » (signée  Roger Izeidi, arrangement du Grand Kallé) dans un accompagnement du groupe African Jazz et la chanson « Table Ronde » (signée Joseph  Kabasele).

Gravées sur place et envoyées à Léopoldville où la promotion a été assurée par le journaliste Lema dit « Jamais Kolonga », ami et proche de Kalé, ces chansons galvanisent  les Congolais qui feront un immense triomphe aux artistes lorsqu’ils  les joueront  pour la première fois en public le 30 juin 1960, jour de l’indépendance.

Elle a été chantée dans les trois principales langues véhiculaires du Congo à savoir  le Lingala, le Tshiluba et le Kikongo. Et, son texte fait  apparaître les noms de principaux hommes politiques ainsi que leurs partis politiques de l’époque.

Si quatre musiciens à savoir Roger Izeidi, Petit Pierre Yantula Bobina Elengesa, Dechaud Mwamba et son jeune frère  le Dr Nico Kasanda de l’African Jazz accompagnent Kallé et les deux chanteurs  compositeurs appartenant à la formation musicale concurrente,  l’OK Jazz, y sont également conviés : Vicky Longomba et Brazzos.

Kabasele a l’âme d’un diplomate, ce que Lumumba reconnaitra  en faisant de lui son secrétaire d’Etat à l’information. Mais l’engagement politique de Kallé aura son revers. La situation  chaotique de son ami, Patrice  Lumumba (1961), attribuée à une  manipulation de Mobutu qui renverse Kasavubu pour s’emparer du pouvoir en 1965, conduit indirectement à la dissolution de l’African Jazz en 1963.

Avant la chute de Mobutu, le chanteur Tabu Ley a dû s’exiler pour se sauver des griffes du Maréchal, à cause de ses convictions politiques. Après le départ des Mobutistes, Rochereau est revenu au pays, nommé vice-gouverneur de la ville de Kinshasa pour le compte d’un parti politique.

Aujourd’hui, Werrason ne cache plus ses ambitions politiques. Il entend postuler à la députation nationale lors de prochaines législatives.

Par Franck Ambangito

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