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Kwango : Kasa-Yenga-Tembo et Panzi-Wamba-Tembo toujours en détérioration depuis 2006

La contrée reste inaccessible

La cité de Tembo, terminus des deux principales routes desservant le territoire de Kasongo-lunda en provenance de Kinshasa, demeure enclavée depuis 2006 à ce jour, soit depuis 11 ans, à cause du délabrement très avancé desdites routes. Avec comme conséquence l’inaccessibilité des camions pour approvisionner la cité et une bonne partie du territoire dans la province du Kwango.

La première route va de Bukanga-lonzo en passant par Popokabaka, Kasongo-lunda, le secteur de Kasa, Kitenda, Yenga-lusundji, Ngundu-Mayala jusqu’à Tembo. La seconde part de Kenge en passant par Musamba, Mawanga, Nzamba, le secteur de Kibunda, Tambu-Tseke, le secteur de Panzi, Kipungu, la rivière Wamba, Ngundu-Mayala jusqu’à Tembo.

Pour être précis, la première route n’est praticable que jusqu’à Kasongo-Lunda, tandis que la seconde jusqu’à Tambu-Tseke. Les tronçons restants, c’est-à-dire ceux allant du secteur de Kasa à Tembo, et du secteur de Panzi à Tembo, sont toujours impraticables.

L’érosion y a provoqué des ravins, de gros arbres sont tombés sur les routes, des herbes sauvages ont poussé à certains endroits. Le pont Sofu sur la première route est impraticable, tandis que la traversée de la rivière Wamba sur la seconde route est hypothétique.

Il y a à cet endroit un bac à poulies qui n’est plus géré par l’office des routes depuis les années 90, ni non plus par un organisme quelconque. Ce sont les villageois qui assurent à leur manière la traversée de petits véhicules seulement (jeeps, pick-up, etc.), avec tous les risques possibles.

Les deux routes précitées sont les seules voies d’approvisionnement et d’évacuation des produits agricoles du territoire de Kasongo-Lunda, le deuxième plus vaste du pays après Bafwasende dans l’ex-province Orientale. Les véhicules de transport n’entrent plus dans la partie enclavée, si bien que dans les secteurs de Kasa, Swa-Tenda, Panzi, à vocation agricole, les produits des champs, des forêts, des rivières moisissent dans les greniers faute d’acheteurs.

Les paysans cultivent juste pour la consommation familiale ; donc, l’agriculture à grande échelle, avec son aspect commercial, laisse de plus en plus la place à l’agriculture de subsistance. Comment les parents peuvent-ils assurer les soins de santé à leurs familles, les habiller ou scolariser leurs enfants ?

Si la cité de Tembo, les secteurs de Kizamba, de Kasa et de Swa-Tenda peuvent utiliser la voie fluviale, puisque touchant la rivière Kwango, mais le cas du secteur de Panzi, éloigné de cette rivière, est épineux, sa rivière Wamba n’étant pas navigable. Même le Kwango en question n’est pas une alternance valable à la voie routière. Ici ce sont des coques motorisées, communément appelées baleinières, qui exploitent la rivière Kwango, du reste non balisée. Ce manque de balisage ne facilite pas la navigation.

Puis, la baisse sensible des affaires dans la cité de Tembo, suite à la baisse du trafic de diamant et à la fermeture des comptoirs d’achat de cette pierre précieuse, a entraîné le départ de la grande majorité des opérateurs économiques et de la population. Conséquence : la baleinière n’arrive que tous les trois à quatre mois actuellement.

La voie aérienne, l’autre alternative, a subi le même sort. C’est deux fois par mois qu’un avion peut atterrir à Tembo, à cause du manque criant de frets et du coût exorbitant du billet d’avion (320 USD Kinshasa-Tembo, 150 USD Tembo-Kinshasa, 3.5 USD 1Kg de fret). N’eût été le voisinage de l’Angola, la situation serait des plus dramatiques. Les relations naturelles entre les deux rives permettent aux habitants de la contrée enclavée d’effectuer des échanges avec leurs voisins angolais.

Même si la frontière Rdc-Angola à ce niveau est réputée «hermétiquement fermée», des couloirs humanitaires font approvisionner la contrée à partir de l’Angola en produits manufacturés et pétroliers, tels le sucre, la farine de froment, le sel, le savon, le ciment, la bière, la boisson sucrée et alcoolique, l’huile végétale, le poisson salé, les vivres frais, l’habillement, les chaussures, le pétrole, l’essence, le mazout, le gaz oïl, etc. Par moments, une saute d’humeur amène les angolais à décréter un embargo sur l’approvisionnement. Le temps de négocier avec eux, la crise s’installe.

A tout prendre, l’approvisionnement angolais se trouve être salutaire et d’une grande ampleur, qui fait dire un responsable d’une régie financière : « Mais…quand on dit qu’il n’y a plus d’argent à Tembo et sur toute la contrée, moi je ne vois pas le diamant dans ce débat-là, mais je regarde les mouvements qu’il y a sur cette frontière (Rdc-Angola, NDLR). Si la frontière était ouverte, l’Etat aurait tiré un gain énorme…En temps de crise, il faut savoir créer ».

IL sied de noter que le milieu enclavé, avec Tembo comme centre commercial et d’affaires, présente plusieurs atouts économiques pour le développement de la nouvelle province du Kwango. C’est un grenier agricole ; il regorge énormément de gisements de diamant, de mercure, voire de pétrole et autres richesses ; il héberge un important parc dit domaine de chasse de Swa-Kibula, avec multiples espèces animales dont les éléphants et les buffles ; ses chutes Guillaume à Tembo, chutes François et Saint-Joseph à Nzasi-Mwadi sont des merveilles naturelles susceptibles de favoriser le tourisme et de produire l’électricité.

Pour cette localité de Nzasi-Mwadi, où il y a énormément de calcaire, un projet d’usine de production de ciment est en vue. Cependant, les voies de communications font défaut, au point que l’ouverture de la banque canadienne de croissance à Tembo pose problème, alors qu’elle est opérationnelle à Kikwit, Masi-Manimba, Idiofa, Gungu, Bokoro, etc.

De même, tout récemment, la CENI a eu du mal à se déployer dans la contrée pour l’enrôlement des électeurs. Espérons que la sonnette d’alarme n’est pas tombée dans les oreilles des sourds.

Par Robert Kitama/Correspondant Bandundu

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