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Ajustement budgétaire et croissance économique : Matata Ponyo pour un leadership éclairé et la discipline dans la gestion

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Chap. «Qualité de l’ajustement budgétaire et croissance économique: le cas de la République Démocratique du Congo», tel est l’intitulé de ce travail de haute facture de 531 pages apprécié par les professeurs membres du jury ; Ce qui a permis au recteur de l’UPC (Université Protestante au Congo), le professeur Daniel Ngoy, de conférer  à Augustin Matata Ponyo Mapon le grade de docteur en sciences économiques et de le retenir comme professeur dans cette institution universitaire.

Le Premier ministre honoraire de la RDC, Augustin Matata Ponyo Mapon, a été consacré «docteur en sciences économiques» à l’issue d’une défense publique tenue le 03 février 2018 à l’UPC (Université Protestante au Congo). «Qualité de l’ajustement budgétaire et croissance économique: le cas de la République Démocratique du Congo (1974 – 2015)» est l’intitulé de ce travail scientifique de 531 pages, qualifié de haute facture par les professeurs et membres du jury.

Monseigneur Daniel Ngoy Bolia, recteur de l’UPC a non seulement conféré le grade de docteur en sciences économiques  à Matata Ponyo Mapon Augustin, mais l’a aussi retenu comme professeur au sein de son institution universitaire.

Maitrisant son sujet, après avoir mené des recherches approfondies et évolué lui-même sur ce terrain alors qu’il était Premier ministre, le récipiendaire, désigné après professeur, a démontré, à travers sa dissertation scientifique, «qu’une macroéconomie de la réforme désormais mieux comprise, associée à un leadership des institutions éclairé, peut produire des performances intéressantes».

Le Premier ministre honoraire Matata Ponyo a défendu avec brio sa thèse de doctorat devant un jury constitué des éminents professeurs nationaux et internationaux suivants : François Kabuya Kalala de l’UPC et de l’UNIKIN (Université de Kinshasa), docteur en sciences économiques de l’Université de Montréal, au Canada, qui est le promoteur de cette thèse de doctorat ;

Chicco Eboue, docteur en économie et finances internationales de Bordeaux I (Université Laurent, en France), co-promoteur de cette même thèse de doctorat ; Frederick Kalala Tshimpaka, docteur en sciences de gestion (Université catholique de Louvain) en Belgique, doyen de faculté des sciences économiques de l’UPC, qui est lui aussi co-promoteur de la thèse défendue en public ;

James Robinson de l’Université de Chicago, aux Etats-Unis d’Amérique, docteur en sciences économiques de l’Université catholique de Louvain, en Belgique ; Pereboy Pere de l’UPC et de l’ISC, docteur en sciences de gestion, président du jury. Aussi, plusieurs personnalités notamment politiques ont assisté à cette défense publique de thèse de doctorat, sans oublier la famille du récipiendaire: son père et sa mère, ainsi que sa femme et l’un de ses enfants.

Monseigneur le recteur de l’UPC a invité, au cours de cette défense publique, d’autres professeurs parmi lesquels Emile Ngoy, ancien directeur général de l’Ogefrem, et François Fakhini (de l’Université de Sorbonne, Paris I), qui sont intervenus pour vanter la qualité du travail scientifique réalisé par Matata Ponyo, et qui ont aussi posé quelques questions sur cette thèse. Pour son promoteur, le professeur François Kabuya Kalala, «l’originalité de l’approche théorique et de l’approche empirique» doit être relevée pour produire un article dans une revue scientifique.

Mise en pratique des théories apprises

Pour le Premier ministre honoraire Matata Ponyo, le travail scientifique réalisé a été en grande partie la mise en pratique des théories apprises à travers de nombreux spécialistes du secteur, aussi tout au long de son cursus universitaire et des études supérieures et autres recherches.

Le leadership institutionnel éclairé, la discipline dans la gouvernance et dans les réformes engagées ont constitué le socle dans de son passage réussi d’abord au ministère des Finances et aussi en tant que Premier ministre de la RD Congo de 2012 à 2016.

Tout au long de sa thèse, il s’est préoccupé premièrement dans sa réflexion de l’opportunité de la relance conjoncturelle ou de la nécessité préalable de la stabilisation. Il s’est aussi préoccupé, en deuxième lieu, de la qualité de l’ajustement budgétaire en vue de la croissance. Le but de l’auteur dans cette thèse est d’expliquer ce qui peut apparaître à première  vue comme un paradoxe, comment la réduction du déficit budgétaire peut accompagner une relance de la croissance économique en volume forte.

Leadership éclairé

Ce qui soutient l’idée centrale du travail scientifique qui est le succès d’un ajustement budgétaire reposant sur l’existence au sein de la classe dirigeante, d’un leadership éclairé. Il a démontré, en clair, que la qualité des institutions favorables à la croissance est aussi importante que l’ajustement budgétaire en vue de la croissance.

L’auteur a retenu quatre facteurs-clés du succès d’un ajustement budgétaire quantitatif dans cette étude sur des  pays comparables à la RDC. Il s’agit de stabiliser la situation macroéconomique, d’allonger la durée de l’ajustement ou du rééquilibrage budgétaire dont dépend sa crédibilité, et d’articuler le mode de financement de la dépense publique. Il faut ajouter à ces quatre facteurs la nécessité d’inverser la pro-cyclicité habituelle de la politique budgétaire en économie fermée.

Le travail scientifique s’est attelé, dans une autre régisse, sur la faisabilité politique des programmes des réformes qui constitue un déterminant majeur du succès de l’ajustement budgétaire. L’auteur a relevé, en outre, dans l’idée centrale et l’hypothèse de son travail scientifique qu’au cours de la période de 1974 à 2001, l’économie congolais, dans un contexte de fragilisation extrême des institutions, donne à observer des taux d’endettement excessifs (plus de 200% du PIB), des déficits publics insoutenables d’environ 9% par rapport au PIB) et monétisés.

Déficit public

Ces évolutions, relève dans l’étude, sont corrélées avec l’hyperinflation et la récession (variation moyenne du PIB réel de -4,9% l’an). Ce qui explique qu’en l’absence de la stabilisation de la situation macroéconomique, le pays a continué à monétiser de façon continue le déficit public.

Ainsi, la conséquence a été l’inflation ouverte entre 1974 et 1989, et l’hyperinflation entre 1990 et 2001, s’accompagnant, dans les deux cas, du recul de la croissance en volume. Il a été relevé aussi que la RDC a connu un minimum de stabilité macroéconomique sur fond d’une reprise de la croissance sur la période de 2002 à 2009, l’a renforcé entre 2010 et 2015.

C’est ainsi que dans la proposition, l’auteur a soutenu qu’un pays pauvre en développement peut renouer avec la croissance, lorsqu’il entame un ajustement budgétaire, pour passer d’un déficit permanent et monétisé, à une situation des marges nettes de trésorerie. Le gain de croissance pourrait résulter des facteurs structurels tenant à la hausse des cours des ressources naturelles exportées.

Toutefois, ce gain de croissance peut aussi être tributaire d’un nouveau régime institutionnel mis en place pour consolider les efforts de stabilisation à travers la réduction du déficit budgétaire et l’endiguement de la dette extérieure. Dès lors, le gain de croissance est à relier au gain de crédibilité de l’Etat central. Et surtout que l’ajustement budgétaire quantitatif réussi découle principalement d’un leadership volontaire et éclairé, en vue de la gouvernance générale du Congo, de 2010 à 2015.

L’idée centrale de l’auteur de la thèse a tenu à démontrer que des règles aptes à une bonne sélection des dépenses productives par différence avec les dépenses improductives des dispositions de genèse, puis de repérage des flux fiscaux, de suivi et de supervision de leur affectation rigoureuse, participe de la création, voire à la transformation des institutions anciennes et anti-progrès, en institutions nouvelles et de progrès. La qualité de ces institutions nouvelles est à l’origine du succès de l’ajustement budgétaire et du retour à la croissance forte en volume en RDC, entre 2010 et 2015.

En ce qui concerne l’hypothèse développée dans la thèse, l’auteur a également relevé que le passage d’une situation de déficit structurel à une situation d’excédent conjoncturel du budget de l’Etat, marque la transition d’une économie mal gouvernée à une économie mieux gouvernée.

Ainsi, le critère de la bonne gouvernance se fonde sur l’amélioration de la qualité de la dépense publique attestée par l’affectation raisonnée des masses budgétaires aux dépenses publiques pro-croissance, le non recours au déficit budgétaire monétisé, et la recherche active de ressources fiscales et non fiscales, via la lutte contre les niches fiscales et les niches de dépenses.

Economie mieux gouvernée

Il a enfin relevé qu’une économie mieux gouvernée est fondée sur l’amélioration de la qualité des institutions, d’élaboration, d’exécution et de suivi budgétaire, amélioration obtenue grâce à un leadership éclairé. Dans le cadre des objectifs recherchés, la thèse a montré en premier lieu que la RDC est un rare cas d’école en Afrique, de l’application des effets expansionnistes de l’ajustement budgétaires, et, en deuxième lieu, de montrer que la RDC, de 2010 à 2015, illustre la possibilité qu’en Afrique, la décision publique puisse s’appuyer sur le leadership éclairé, avec comme terrain d’expérimentation la gestion budgétaire.

Par Lucien Kazadi T.

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