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Journée internationale pour les rivières : les Congolais interpellés

Riviere

La prise de conscience du peuple visée pour contrecarrer le transfert des eaux vers le lac Tchad

L’humanité célèbre demain mercredi la journée internationale d’action pour les rivières. Selon une source autorisée, cette journée tire son origine d’une initiative brésilienne contre la construction des grands barrages et les dégâts que cette construction occasionne. Elle constitue donc une occasion pour les initiateurs de lutter contre la pollution causée par ces travaux de construction  afin de préserver  les rivières, l’eau ainsi que la vie végétale, animale et humaine.

C’est ainsi que tous les ans, des milliers d’individus de par le monde élèvent la voix pour honorer, non seulement les rivières du monde et les personnes qui luttent pour leur protection, mais aussi des victoires comme le démantèlement des barrages et la restauration de rivières.

« C’est une journée pour descendre dans la rue, manifester et exiger l’amélioration des politiques et les pratiques ordonnées par les décideurs, une journée pour nous éduquer sur les menaces auxquelles font face nos rivières et pour apprendre des meilleures solutions hydrauliques et énergétiques qui existent. Surtout, c’est une journée qui nous unit… l’étendue de ces problèmes n’est pas uniquement locale, mais mondiale », indique la source.

Quelques idées directrices

Pour participer à la célébration de la journée, la source invite les personnes intéressées à organiser leur  propre événement ou rejoindre d’autres événements planifiés le 14 mars ; à communiquer  avec des partenaires qui organisent des événements ou qui en ont organisé dans le passé sur le groupe « Facebook Day of Action for Rivers » ; à envoyer des informations à propos de leur  événement par mail à « dayofaction@internationalrivers.org », en y joignant des photos et vidéos.

Parmi quelques idées pour votre événement, la source vous propose, par exemple, d’organiser  une marche ou une manifestation pour honorer votre rivière et promouvoir vos exigences ; de pagayer sur votre rivière, danser aux bords de votre rivière ; d’organiser une cérémonie religieuse aux bords de la rivière ; de tisser des liens avec la communauté à l’aide des arts du théâtre, du film et de la musique.

Eu égard à ces détails, les forces vives de la nation congolaise doivent se sentir interpellées et décider de se mobiliser en vue de mener une lutte acharnée pour faire échec au projet macabre de transfert des eaux de la rivière Ubangi vers le lac Tchad, qui présage la guerre de l’eau dont certaines langues ne cessent de parler.

L’Eglise catholique appelée à organiser la lutte

L’Eglise catholique et toutes les autres confessions religieuses, les organisations non-gouvernementales et  professionnelles, les partis politiques et toutes personnes  physiques ou morales soucieuses d’épargner la République Démocratique du Congo des conséquences fâcheuses de ce projet ont intérêt à s’engager dans cette lutte. Pour sa part, Taylor Taima, coordonnateur de la société civile de la province du Nord-Ubangi a eu le mérite de déclarer dimanche 11 mars à Radio Okapi que cette organisation s’oppose « fermement » à ce projet.

Taylor Taima a ainsi réagi à une conférence internationale organisée la semaine dernière à Paris et qui a recommandé, entre autres, l’option de transférer les eaux du fleuve Congo et de la rivière Ubangi vers le lac Tchad. Il soutient que la déviation des eaux de l’Ubangi vers le Tchad aura des conséquences néfastes sur les écosystèmes du Nord et Sud-Ubangi et sur la population riveraine qui ne vit que de la pêche et de l’agriculture pratiquée le long de ce cours d’eau.

Il plaide pour la préservation de ce patrimoine qui, de son avis, reste le seul moyen de survie de la population riveraine de l’Ubangi. Il affirme par ailleurs qu’aucune décision ne peut être prise sur la déviation des eaux de la rivière Ubangi sans l’assentiment de la population riveraine.
Les autorités du Nord-Ubangi de leur côté affirment ne pas être saisies officiellement de ce projet. Joint par Radio Okapi, le vice-gouverneur de province a promis de soulever les préoccupations de la société civile  une fois que la province sera officiellement saisie.

Diminution du débit du fleuve Congo

Le professeur Jean de Dieu Minengo, expert sur des questions environnementales, partage également les inquiétudes de la société civile du Nord-Ubangi, lors d’une interview avec la radio parrainée par la MONUSCO. Il pense que la mise en œuvre de ce projet entrainera des  conséquences environnementales énormes, notamment la diminution du débit du fleuve Congo.

« L’Ubangi fait partie du bassin du Congo. Et si nous prélevons près de 100 milliards de cubes d’eau au niveau de la rivière Ubangi, sachez que c’est tout l’écosystème du bassin du Congo qui sera en péril. La réduction d’eau va entraîner la réduction du débit du fleuve Congo, de l’évaporation, et donc la réduction des pluies, et c’est l’agriculture qui va en pâtir», a affirmé l’expert, souhaitant que les réflexions sur ce projet se soucient aussi du bassin qui va en céder.

Par Marcel Tshishiku

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