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Vendredi dernier lors d’une messe de requiem à la cathédrale Notre Dame du Congo : Un vibrant hommage rendu à Eric Bokolo et Rossy Mukendi

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Une foule de gens a fait le déplacement pour honorer les deux défunts  

Les gens se sont déplacés en masse pour rendre hommage à  Eric Bokolo et Rossy Mukendi à l’occasion d’une messe de requiem célébrée le vendredi 16 mars dernier à la Cathédrale Notre Dame du Congo. Dans son homélie, le prêtre officiant du jour, l’Abbé Jean-Marie Konde a commencé par dire la raison de cette eucharistie qui, selon lui, consiste à  « Honorer la mémoire de nos frères victimes de la répression barbare, leur péché ayant été la réclamation des préalables sûrs pour la tenue de bonnes élections.

L’espérance ne trompe pas. Comme le disait l’une des victimes, le peuple gagne toujours ». Il s’agit d’une phrase répétée par  Rossy Mukendi Tshimanga. Pour rappel les défunts sont morts, tués par balles, lors de la 3ème marche pacifique du Comité Laïc de Coordination (CLC) du 25 février 2018. Eric Bokolo  a été tué à Mbandaka et Rossy Mukendi Tshimanga  à Kinshasa.

L’Abbé Tshomba,  curé de la paroisse Saint-Joseph de Matonge dans la commune de Kalamu, Doyen des prêtres de Kinshasa et Aumônier des artistes pour l’archidiocèse de Kinshasa n’a manqué pas d’interpeller les dirigeants au pouvoir en des termes plus durs. « Nous ne sommes pas ennemis, nous sommes tous citoyens de ce pays, pourquoi continuerons-nous à nous entretuer (…)  Que chacun dans ce qui le concerne s’engage pour le bien être du pays. Cessons de nous entretuer, travaillons main dans la main, dans l’amour du Congo », a lancé le prêtre  catholique.

« Le  Chrétien est un dérangeur pour ceux qui veulent vivre pour leur propre intérêt, tout appel à la conscience devient un danger pour les chrétiens qui réclament la justice et la démocratie ». Une interpellation pour le pouvoir en place qui voit la démarche de l’Eglise comme une sortie d’insurrection populaire. A poursuivi l’intervenant.

L’hommage le plus touchant a  été celui rendu par le professeur Isidore Ndaywel, un des responsables du Comité Laïc de Coordination (CLC) par ces mots : « Rossy et Eric sont entrés dans la famille des martyrs. Eric a été enterré comme un inconnu, et l’histoire du corps de Rossy ressemble à celle de Chebeya avec ces deux  autopsies. Le régime a  peur des funérailles de ces martyrs ».

Exhortation d’Abbé Donatien Nshole  à Bruxelles

« Il faut accompagner le peuple Congolais dans la résolution de la grave crise politique institutionnelle », telle est l’exhortation faite par l’Abbé Donatien Nshole, secrétaire Général de la Conférence Episcopale nationale du Congo(CENCO). L’homme s’exprimait ainsi  au cours d’une rencontre à Bruxelles, en présence du ministre belge chargé de la Coopération et  de Développement Herman De Croo, ainsi que des responsables du Département Afrique de l’Union européenne.

Dans la capitale belge, les partenaires traditionnels de l’Eglise catholique n’ont pas été délaissés. C’est  le cas de l’ONG 11.11.11 ainsi que de la Commission Justice et Paix, en compagnie desquels  l’Abbé Nshole a coanimé une conférence de presse le jeudi 15 mars.

Pour le Secrétaire General de la CENCO, il s’agit « d’obtenir des uns et des autres le concours d’accompagner le peuple congolais dans la résolution de la grave crise politique devenue institutionnelle qui passe nécessairement par l’organisation des bonnes élections dont la tenue est encore possible cette année ». Et d’insister « la nécessité que l’Union européenne s’engage plus fermement et fortement en conditionnant notamment le financement des élections par un réel plan de décaissement clair de la part de la CENI ».

Il a également été question de la mise en œuvre réelle de l’Accord de la Saint-Sylvestre et du respect des droits tout comme des libertés fondamentales, au regard des derniers incidents avec morts des manifestants ayant émaillés les trois premières marches pacifiques du Comité Laïc de Coordination (CLC). La délégation de la CENCO a aussi sollicité auprès des partenaires un soutien matériel et l’envoi d’observateurs électoraux lors du prochain scrutin présidentiel, prévu le 23 décembre 2018.

Pour la CENCO ces élections, encore du domaine du possible, dépendront de la bonne volonté de tous, y compris surtout « les politiciens » car le chemin parait irréversible. La fin de ce mois de mars en sera une bonne indication avec la publication le 26 par le Ministère de l’Intérieur de la liste des partis politiques appelés à concourir dans ces élections. Puis viendra le début du mois d’avril avec le « vote » par le parlement de « la loi portant sur la répartition des sièges de l’Assemblée nationale ».

Par GKM

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