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Transfèrement des eaux de la rivière Oubangi vers le lac Tchad : L’alerte faite par Alexis Mutanda très soutenue !

Alexis Mutanda boss

Aussitôt informé des conséquences évoquées par l’élu de Mbuji-Mayi et un des artisans de construction du barrage d’Inga, Jean-Matthieu Mohulembi, acteur de développement du Sud-Oubangi, est venu saluer et soutenir ce plaidoyer.  

Le projet de transfèrement des eaux du fleuve Congo vers le lac Tchad à partir de la rivière Oubangui continue à faire couler encre et salive à Kinshasa et particulièrement au sein de la classe politique congolaise où des voix s’élèvent de plus en plus pour s’opposer catégoriquement audit projet.

Surtout après le plaidoyer que vient de faire le député national Alexis Mutanda, un des artisans de la réalisation du barrage hydroélectrique d’Inga et de la construction de la ligne haute tension Inga –Shaba, sur les conséquences que ce transfèrement des eaux de la RDC vers le lac Tchad pourrait avoir sur le débit du fleuve Congo et la production du barrage d’Inga.

La sonnette d’alarme tirée en tant qu’expert par l’ingénieur civil et député national Alexis Mutanda a retenti comme un coup de tonnerre dans les oreilles  des notabilités de la province de l’Equateur dont les populations vivent principalement des activités de pêche le long de la rivière Oubangui.

C’est pourquoi le député honoraire Jean-Matthieu Mohulembi, acteur de développement, a vite fait de venir rencontrer Alexis Mutanda pour se joindre à son plaidoyer et saluer le travail abattu par cet ingénieur civil, un des artisans de la construction du barrage hydroélectrique d’Inga et de ligne haute tension Inga – Shaba.

En marge de l’entretien qu’il a accordé à Jean-Matthieu Mohulembi au tour de ce sujet très préoccupant pour l’avenir du Congo et des Congolais, Alexis Mutanda est revenu à la charge au cours d’un entretien avec la presse le lundi 09 avril 2018, pour insister sur les conséquences que le transfèrement des eaux de l’Oubangui aura sur le débit du fleuve Congo et sur la production du barrage d’Inga.

Devant son hôte et face aux journalistes, Alexis Mutanda qui parlait en expert pour avoir pris une part active à a construction du barrage d’Inga, a rappelé les spécificités de cet imposant ouvrage qui fait la fierté de la RDC et sur l’impact négatif que le transfert des eaux de l’Oubangui vers le lac Tchad aura sur sa production en termes d’électricité.

Pour l’élu de Mbuji-Mayi, un tel projet remettrait en cause tous les calculs qui avaient été effectués pour la construction du barrage d’Inga. Plus grave encore, cela risque aussi de compromettre la production envisagée d’Inga 3 et éventuellement d’Inga 4 (qui consisterait au barrage total des eaux du fleuve sur le site d’Inga), a martelé Alexis Mutanda.

Selon lui, ces calculs avaient été effectués en misant sur la constance du débit du fleuve Congo. Carte hydrographique à l’appui, l’ingénieur civil Mutanda a rappelé que le transfèrement de ces eaux va modifier le débit du fleuve et diminuer la production du barrage d’Inga en terme d’électricité. Parlant de la capacité actuelle de ce barrage, Alexis Mutanda a rappelé qu’il est à même de produire 40 millions de kilowatts au stade final.

Mais, avec le projet de dévier une partie des eaux du fleuve à partir de la rivière Oubangui, cette capacité de production risque d’être remise en cause, a laissé entendre l’élu de Mbuji-mayi. « Détourner une partie de l’eau du fleuve, impose la révision de tous les calculs effectués. Ce qui demande beaucoup des moyens », a-t-il fait remarquer.

L’Oubangui, une rivière vitale pour les populations locales

Intervenant aussi, le député honoraire Mohulembi Jean-Matthieu a salué le plaidoyer fait par l’ingénieur Alexis Mutanda. Il a profité de cet entretien avec la presse pour rappeler que la rivière Oubangi est très vitale pour les populations vivant le long de cet important cours d’eau qui dépare le Sud et le Nord Oubangi de la République Centrafricaine. Selon lui, ces populations riveraines ne vivent que grâce aux activités liées à cette rivière, notamment de la pêche.

Ce spécialiste du développement a expliqué que dans cette partie de la République la saison sèche commence au mois de décembre et s’accentue au mois de janvier et février. Pendant tout ce temps, la rivière Oubangi qui n’a pas de profondeur pour accueillir les bateaux est presque sèche et c’est grâce à la rivière Mongala que les bateaux trouvent la facilité de se déplacer.

Pour lui, cette rivière a toujours déjà posé problème en ce qui concerne ses débits. Et si ses eaux sont transférées vers le lac Tchad, la situation sera pire. « Il n’est donc pas question que les autorités de la RD Congo s’engagent dans ce projet qui risque de plonger davantage ces populations dans la misère incalculable », a-t-il ajouté.

Un sujet de souveraineté nationale

Il convient de signaler que c’est en expert et homme de terrain que le député Alexis Mutanda et M. Jean-Matthieu Mohulembi ont abordé cette question de souveraineté nationale. Sur le plan politique, plusieurs voix aussi se sont levées dans le même sens pour s’opposer à ce projet dangereux pour la population congolaise.

Pour le député national Alexis Mutanda, « une telle matière relève de la souveraineté nationale sur laquelle le peuple congolais est censés se prononcer et elle ne doit donc pas être traitée dans des cercles restreints » ! Face à cette levée de bouclier, le ministre congolais de l’Environnement, Amy Ambatobe,  a été appelé à répondre dernièrement à une  question orale avec débat à l’Assemblée nationale.

Sans convaincre, il a dit à la Chambre basse du Parlement qu’« il ne sera pas question pour la RDC de transférer les eaux de la rivière Ubangi vers le Lac Tchad ». Selon lui, le gouvernement congolais s’apprêterait à saisir le Conseil de sécurité pour lui signifier officiellement cette position.

Mais, ces assurances données par ce membre du gouvernement Tshibala ne suffisent pas pour convaincre, quand on sait que les ressources de la RDC sont souvent l’objet d’un marchandage éhonté, à cause de certaines complicités internes. La vigilance s’impose donc.

Par Thony Kambila

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