..."/>

Israël : Human Rights Watch indigné après l’expulsion de son chercheur

Israël

Les autorités israéliennes ont révoqué, le 7 mai 2018, le permis de travail d’Omar Shakir, le directeur de recherches de Human Rights Watch pour Israël et la Palestine, et lui ont ordonné de quitter le pays dans un délai de 14 jours, a déclaré Human Rights Watch. Le gouvernement israélien  a affirmé que la cause de cette décision était le prétendu soutien apporté par Omar Shakir aux mouvements de boycottage d’Israël.

Cette décision survient un an après que le ministère de l’Intérieur ait accordé à Human Rights Watch l’autorisation d’employer Omar Shakir en tant qu’expert étranger, après lui avoir initialement refusé un tel permis.

« Il ne s’agit pas vraiment de la personne d’Omar Shakir, mais plutôt de museler Human Rights Watch et de faire taire les critiques du bilan d’Israël en matière de droits humains », a déclaré Iain Levine, directeur adjoint de la division Programmes à Human Rights Watch. « Instruire des dossiers sur des défenseurs des droits humains, puis ordonner leur départ est un mode opératoire digne des méthodes des services de sécurité russes ou égyptiens. », ajoute-t-il.

HRW exhorte les autorités israéliennes à revenir sur cette décision. L’organisation qui soutient pleinement Omar Shakir  a même engagé un avocat, afin de contester la décision devant les tribunaux israéliens.

La lettre du 7 mai souligne que la décision « ne constitue pas une objection de principe ou permanente à ce que l’organisation emploie un expert étranger », mais se rapporte spécifiquement à Omar Shakir. Cependant, la décision prise en février 2017 par le ministère de l’Intérieur de lui dénier un permis de travail visait bien l’organisation, affirmant que ses « activités publiques et ses rapports (étaient) politiquement engagés au service de la propagande palestinienne, sous le prétexte fallacieux de défendre les ‘droits humains.’

» Le ministère avait par la suite changé d’avis, accordant à Human Rights Watch une autorisation en mars 2017 et délivrant à Omar Shakir un visa de travail d’une validité d’un an le 26 avril 2017. Human Rights Watch a déposé en janvier 2018 une demande de prorogation du visa de travail d’Omar Shakir, qui devait expirer le 31 mars. Le 29 mars, le ministère de l’Intérieur a prorogé ce visa pour une durée d’un mois, en attendant une décision sur son éventuelle révocation. Omar Shakir a 14 jours pour quitter l’Israël.

Surveillance de violations des droits dans plus de 90 pays à travers le monde

Human Rights Watch est une organisation non gouvernementale indépendante et internationale qui promeut le respect des droits humains et du droit international. Elle surveille les violations des droits dans plus de 90 pays à travers le monde, dont les 19 pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Basée à New York, Human Rights Watch a des bureaux dûment enregistrés dans 24 pays à travers le monde, dont le Liban, la Jordanie et la Tunisie.

En 1997, le prix Nobel de la paix lui a été co-attribué en tant que membre fondateur de la Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel. Pour mener à bien sa mission, Human Rights Watch s’appuie sur des recherches rigoureuses menées par des chercheurs professionnels sur le terrain et sur un engagement régulier avec des responsables gouvernementaux, ainsi qu’avec d’autres sources d’informations de première main.

Dans le cadre de son mandat, Human Rights Watch effectue des recherches et se livre à des activités de plaidoyer qui exposent et dénoncent les violations commises par tous les acteurs dans la région, y compris l’Autorité palestinienne et le Hamas.

En 2017, outre la documentation des abus liés à l’occupation, Human Rights Watch a examiné la situation en Israël en matière de droits des femmes et a fait rapport sur la détention au secret de deux citoyens israéliens, Avera Mangistu et Hisham al-Sayed, par le Hamas, et a critiqué la loi extrêmement stricte sur la cybercriminalité de l’Autorité palestinienne, qui restreint la liberté d’expression.

« C’est la première fois, depuis que Human Rights Watch a commencé à observer Israël et les Territoires occupés il y a 30 ans, qu’Israël ordonne le départ du pays d’un membre de son personnel », affirme Iain Levine. Selon elle, cet acte est une illustration de l’intolérance croissante dont Israël fait preuve vis-à-vis des personnes qui critiquent son bilan en matière de droits humains.

Par GKM

*

*

Monter

Login

Lost your password?