..."/>

Prise en charge médico-légale des victimes de tortures : Les défenseurs des droits de l’homme imprégnés du protocole d’Istanbul

Grace à l’appui financier de l’Union Européenne,  20 membres d’organisations de la société civile de défense et de promotion des droits humains ont pris part, du 29 au 31 Mai, à une session de formation sur l’expertise médico-légale  des victimes de torture et traitements cruels, inhumains et dégradants.

Le cadre choisi pour abriter cette formation était le Centre d’Action pour le Développement des Entreprises en Afrique(CADEA), situé dans l’enceinte de la Fondation Hans Seidel, dans la Commune de la Gombe à Kinshasa. Cette session de formation, troisième du genre, a été organisée par l’organisation OSD, dans le cadre du projet RESTORE  » Résistons à la Torture Ensemble  »  sous l’élite de l’ONG internationale  » RCN Justice et Démocratie « , de 2017 à 2019.

Les Etats Membres de l’Union Européenne ont décidé de mettre ensemble leurs savoir-faire, ressources et destinées.  Ensemble, ils ont construit une zone de stabilité, de démocratie et de développement durable tout en maintenant la diversité culturelle, la tolérance et les libertés individuelles.

C’est ainsi que l’Union Européenne est engagée à partager ses réalisations et ses valeurs avec les pays et les peuples au-delà de ses frontières. D’où l’organisation de ce genre de session de formation.  Les participants étaient des défenseurs des droits de l’homme,  moniteurs des lieux de détention.

L’atelier avait pour objectif de permettre aux différents acteurs intervenant dans le processus de prise en charge des victimes de torture, d’acquérir des connaissances sur le protocole d’Istanbul, instrument international principal concernant la prise en charge holistique des victimes, d’améliorer leurs connaissances des autres instruments internationaux et nationaux de lutte contre la torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants. L’objectif était aussi de voir comment mettre en pratique ces instruments dans leur travail quotidien.

Depuis 2000

Dieudonné Kabasonga, le numéro 1 de l’OSD, a rappelé que c’est depuis l’année 2000 que son organisation travaille sur la thématique  » torture  » dans le but de former ses membres  et d’autres acteurs de la société civile  militant dans cette thématique à avoir des connaissances sur les normes juridiques sur le plan psycho social et comment assister les victimes de torture. La RDC a ratifié en 1984 la Convention contre la torture et autres peines ou traitements inhumains, cruels ou dégradants  après les efforts fournis par plusieurs ONGDH.

La loi criminalisant la torture promulguée le 19 juillet 2011 a été l’œuvre des ongdh. Et, la MONUSCO a joué un grand rôle pour parvenir à cette étape. Mais constat sur terrain reste amer à ce jour avec un déséquilibre choquant  entre l’absolue interdiction de la torture et sa prévalence actuellement dans le pays témoigne bien la nécessité d’élaborer et mettre en œuvre des mesures efficaces, pour protéger les individus contre cette pratique, a noté Dieudonné Kabasonga.

Partage d’expériences

Cet atelier de formation a connu plusieurs temps forts avec les présentations des intervenants. Me Emmanuel Kabengele Wa Kalonji, coordonateur national du Réseau Réforme du Secteur de Sécurité et de la justice (RRSSJ) a fait sa  présentation sur les normes nationales et internationales  ainsi que sur le code d’éthique applicable en matière de la torture.

Quant à Me Marie André Muila Kayembe, directeur exécutif de l’ONG Toges Noire, il a parlé de l’enquête légale sur la torture. De son coté, le Dr Paul Kabasele Mputu, du Département de la Médecine Légale à l’hôpital Général de Kinshasa, pour sa part, s’est penché sur les preuves physiques de la torture.

Le Dr Timothée Kamanga Mbuyi du Centre Neuro-psycho-pathologie (CNPP) a clôturé l’atelier par son intervention sur les preuves psychologiques de la torture. Pour lui, la torture déshumanise la victime et celle-ci devient comme un objet.  » La torture provoque parfois des traumatismes physiques susceptibles de provoquer des lésions cérébrales « , a noté le Dr Timothée Kamanga Mbuyi.

Par GKM

*

*

Monter

Login

Lost your password?