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Jean-Pierre Bemba : liberté provisoire accordée

jean pierre bemba

Une décision tombée quelques heures après le renvoi de l’affaire
au 13 juin, pour éviter un bain de foule à la CPI. Il était donc question de l’exfiltrer de la Cour à l’insu des caméras, le garder momentanément dans une résidence avant de s’envoler pour la Belgique

Après dix ans de souffrance passés à la Cour pénale internationale, Jean-Pierre Bemba peut, enfin, humer l’air frais de la nature, en toute quiétude. Les juges de la CPI ont, enfin, accordé la liberté provisoire au leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC), mais sous des conditions spécifiques que voici :

– S’abstenir de faire des déclarations publiques sur cette affaire.

– Ne pas changer d’adresse sans préavis.

– Ne contacter aucun témoin dans cette affaire.

– Se conformer pleinement à toutes les ordonnances dans cette affaire.

– Se rendre immédiatement aux autorités compétentes si la chambre de première instance l’exigeait.
Il est donc demandé au greffe de procéder à toutes les dispositions et consultations nécessaires pour mettre en œuvre la décision de la chambre.

Une audience pour détourner l’attention du public

L’audience fixée à cet effet n’a duré qu’une heure. Les juges de la Cour pénale internationale avaient pourtant promis de rendre leur décision sur la remise en liberté provisoire aujourd’hui mercredi 13 juin. Or, c’était une stratégie pour détourner l’attention du public venu nombreux devant la CPI pour saluer la relaxation de ce leader politique de l’Opposition.

En effet, après son acquittement dans l’affaire principale sur des crimes de guerre et des crimes commis en Centrafrique, l’ancien vice-président congolais a demandé à pouvoir être relâché en Belgique en attendant d’être fixé sur sa peine dans la deuxième affaire.

Il risque jusqu’à cinq ans de prison, une peine qu’il a déjà entièrement purgée. « Nous n’ignorons pas que le verdict de vendredi a bouleversé certaines personnes, mais ce jugement est final et les critères pour son maintien en détention ne sont pas remplis », a estimé l’avocate de Jean-Pierre Bemba.

Pour le bureau du procureur, les deux affaires sont distinctes, et la seconde a sa « propre gravité ». L’accusation a appelé les juges à ne pas se laisser influencer par l’acquittement.
Mais selon des sources proches de La Haye, il était déjà prévu que l’ancien vice-président quitte la CPI hier mardi. Sa demande de mise en liberté provisoire favorablement accueillie par la Cour, il fallait un mécanisme pour éviter un bain de foule à sa sortie de son lieu d’incarcération.

Surtout que des délégations sont venues de Kinshasa, Bruxelles, Paris, Londres… pour vivre de visu ce grand évènement qui secoue le pouvoir de Kinshasa pour qui Bemba était déjà politiquement mort et hors course pour la présidentielle du 23 décembre de cette année.

Raison pour laquelle le verdict sur sa libération a été renvoyé à ce mercredi 13. Ce, pour détourner l’attention du public présent au Pays-Bas. Il était donc question de l’exfiltrer de la CPI à l’insu des caméras, le garder momentanément dans une résidence avant de s’envoler pour la Belgique.

Mais il n’est pas évident que Bemba entreprenne immédiatement des démarches pour descendre à Kinshasa, prendre part au Congrès du MLC qui se tient dans un mois, et dévoiler son avenir politique après dix ans passés en prison. Car l’affaire concernant la subornation des témoins est encore pendante.

Par LM

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