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Elections 2018 : Des mesures de décrispation réclamées avant le dépôt des candidatures

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69 organisations de la société civiles réunies au Cepas ont réitéré cet appel exigeant la libération des prisonniers politiques, en vue des scrutins apaisés

Plus de 65 organisations de la société civile de la République Démocratique du Congo réunies le week-end dernier au CEPAS ont convenu de mener un plaidoyer en faveur de la libération des prisonniers politiques, pour la sortie de crise politique en République Démocratique du Congo.

Ce plaidoyer actif sera fait auprès des acteurs politiques, des organisations sous régionales, régionales et internationales pour mobiliser les partenaires autour de cette approche. Elles vont aussi mobiliser les populations congolaises pour qu’elles s’approprient le processus électoral et l’avenir du pays.

Dans leur déclaration finale, les 69 organisations ont invité le Gouvernement de la République  à mettre en œuvre, toutes les mesures de décrispation politique contenues dans l’Accord de la Saint Sylvestre, notamment celle de la libération des prisonniers politiques avant les dépôts des candidatures.

Le Gouvernement de la République est aussi appelé à libérer l’espace médiatique et public, à veiller au respect de la liberté de la presse et de manifestation et à l’accès équitable de toutes les parties-prenantes aux médias publics.

Le Gouvernement est également appelé à mettre en place le plan de sécurisation du processus électoral avec l’implication de toutes les parties prenantes  mais aussi à discuter d’ores et déjà des modalités d’accéder aux unités spécialisées et à la logistique de la MONUSCO pour renforcer la sécurisation du processus électoral conformément à la Résolution 2409 du Conseil de Sécurité.

La société civile demande par ailleurs aux Nations-Unies, à l’Union africaine, la SADC, la CEEAC et la CIRGL à accentuer la pression sur toutes les parties prenantes au processus électoral en République démocratique du Congo, pour qu’elles mettent en œuvre, sans délai, l’Accord du 31 décembre 2016 en toute bonne foi et dans son intégralité, conformément à la  politique contenue dans l’Accord de la Saint Sylvestre, notamment celle de la libération des prisonniers politiques ; à la Résolution 2348 du 31 mars 2017 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies.

Ces acteurs de la société civile ont réfléchi durant deux jours, sur la crise institutionnelle qui perdure quasiment depuis sept ans en RDC. Après en avoir analysé les causes, évalué les possibles conséquences et envisagé les solutions de sortie les plus viables pour le pays, ils ont convenu de  faire évoluer la nation congolaise vers des élections crédibles qui permettront une alternance pacifique et mettront un terme à cette crise qui n’a que trop duré.

Constat

Ces associations notent que la rupture du cycle électoral amorcé en 2006 en République démocratique du Congo par la non-organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales et locales au terme du mandat constitutionnel du Président de la République en décembre 2016 n’a pas permis l’alternance démocratique en RDC. Cet état des choses est venu aggraver la crise politique issue de la contestation des résultats de l’élection présidentielle de 2011 et a plongé le pays dans une incertitude politique et constitutionnelle.

A l’approche de l’échéance de la fin du deuxième et dernier mandat du Président de la République en décembre 2016, la Cour Constitutionnelle de la RDC, a rendu son arrêt en date du 11 mai 2016 sous le RCONST/262 affirmant que le Président de la République reste en place jusqu’à l’installation du Président de la République élu. Et ce, quel que soit le temps que cela devra durer. Au lieu d’apaiser le climat politico-social, cette décision de la Cour a radicalisé l’opinion de plusieurs acteurs politiques et sociaux, jetant un discrédit sur la Cour Constitutionnelle et remettant en doute sa neutralité.

Vigilance tous azimuts

En rapport avec l’organisation des élections à l’échéance du 23 décembre 2018, les acteurs de la Société Civile estiment que leur tenue est possible, pourvu que soit réuni un minimum de conditions de transparence, de sécurité, de crédibilité et de confiance dans le chef des acteurs en présence et vis-à-vis du processus.

La société civile dit ainsi se mobiliser pour accentuer la surveillance du processus électoral en cours, notamment en tirant la sonnette d’alarme à chaque entorse dans la mise en œuvre des activités prévues par le calendrier électoral qu’elle évaluera à chacun des jalons qu’elle a positionnés.
Elle dénonce en même temps toutes les initiatives ayant pour objectif le blocage du processus électoral ou de  mener des actions pour y faire échec.

Les 69 organisations de signataires de cette approche promettent de mettre en œuvre une série d’actions planifiées pour garantir la transparence et la crédibilité des élections qui seront organisées.
Elles soutiennent la mise en oeuvre d’actions nécessaires à la mise en place d’une transition conduite par la société civile et sans le Président Kabila (TSK), si l’une des lignes rouges qu’elle a définies est franchie, ou si au 23 décembre 2018 aucune élection n’est organisée.

La mauvaise foi largement démontrée par le pouvoir organisateur du processus électoral (Gouvernement, Parlement et CENI) ne laisse à la société civile aucune possibilité de lui accorder le « bénéfice du doute » quant à l’organisation d’élections crédibles et oblige ses acteurs à une vigilance tous azimuts.

« Le comportement des acteurs politiques membres de la majorité présidentielle au pouvoir, de certains membres de l’opposition et de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), caractérisé par la multiplication d’embûches contre l’organisation des élections libres, transparentes et apaisées, tendant à renvoyer continuellement la tenue de celles-ci, n’est pas de nature à susciter la confiance de l’opposition ni de la société civile dans le processus électoral en cours. Ce comportement fait douter de la volonté du Chef de l’Etat et de sa famille politique à faciliter la tenue effective des élections crédibles », regrette la société civile congolaise.

Pour la société civile, le véritable enjeu est que le peuple se réapproprie son destin en pesant de tout son poids sur le processus électoral en cours, afin qu’il se déroule de la manière la plus transparente et crédible possible. Et que ce processus aboutisse au choix des personnalités qui pourront véritablement prendre en compte les aspirations profondes du peuple.

Signataires de l’approche

Les organisations signataires de cette approche sont entre autres, 4è VOIX, Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture (ACAT), Action Citoyenne pour le Développement Intégral du Congo (ACDIC), Action pour le Développement des Populations Défavorisées (ADPD), Action pour une Jeunesse Productive et Responsable (APRORES), Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées (AETA), Alternatives Citoyennes pour les Droits de l’Homme (ALCIDHO), Association pour la Promotion Humaine (APROHU), Association africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO),Association Nationale des Photographes de la RDC (ANAPHO),Association pour le Développement Humain (ADH),AFEJUCO, Bureau de Liaison avec le Parlement (BLP /CENCO), CADICEC, Comité Académique pour la Recherche des Principes (CARP),CELEST « C.E. »,Centre Arrupe pour la Recherche et la Formation (CARF),Centre d’Etudes Politiques (CEP UNIKIN),Centre d’Etudes Pour l’Action Sociale (CEPAS)

20. Centre de Recherche et d’Etudes sur l’Etat de Droit en Afrique (CREEDA), Centre des Droits de l’Homme – Université Kongo (CDH-UK), Centre Panafricain pour l’Education au Développement (CEPANED), CERED, Citoyens Lésés, Coalition Nationale des Organisations des Volontaires pour le Développement (CNOVD), CODHOD,COGITO, COJESKI, Collectif 2016 pour le changement, Commission Episcopale des Ressources Naturelles (CERN/CENCO), Commission Episcopale Justice et Paix (CEJP/CENCO), Compte à Rebours, Congrès International Congolais (CIC), Corps des Volontaires pour la Paix et le Développement, CREEIJ, Dynamique de la Société Civile pour les Grands-Lacs (DYSOCIV), DYPOL, Engagement Citoyen pour le Changement (ECCHA), ENOUGH RDC, ENSEMBLE, FENAJEC, FILIMBI, Forum de la Jeunesse Congolaise (FODJEC), Forum des Femmes pour la Bonne Gouvernance et le Développement (FFBGD), IL EST TEMPS, Institut de Recherche en Droits de l’Homme (IRDH), JCRC, Jeunesse du Monde, La Voix des Sans Voix (VSV), Laïcat de l’Armée du Salut, Les Amis de Nelson Mandela, Les Collectifs des Jeunes Pro Changement, Les Congolais Debout, Ligue des Electeurs, LINELIT, Lutte pour le Changement (LUCHA), Lutte pour un Congo de Valeurs (LUCOV),MICASDO, Mouvement pour la Réforme Sociale (MORESO).

Par GKM

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