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Violences au Kasaï : Kinshasa appelé à collaborer avec l’émissaire de l’ONU

Kasaî violence

« Mettre le feu à sa propre maison: la crise au Kasaï, la manipulation du pouvoir coutumier et l’instrumentalisation du désordre  » est l’intitulé du nouveau Rapport du Groupe d’études sur le Congo (GEC), attaché à l’Université de New -York.

Dans ce rapport, il en ressort que les racines de la crise au Kasaï n’ont pas été traitées. Alors que les auteurs restent impunis, les conflits coutumiers persistent. Cependant, il n’y a pas de programme de démobilisation pendant que des tensions communautaires restent permanentes. Bien que diminuée, la violence persiste et 900.000 sont déplacés. Face à cette situation, le GEC a formulé 21 recommandations aux parties prenantes.

Attaché à l’Université de New-York, le Gec invite le gouvernement congolais à entreprendre des efforts de bonne foi pour collaborer avec l’envoyé de l’ONU, Robert Petit, afin d’établir les responsabilités pour le meurtre de deux experts de l’ONU au Kasaï Central en 2017, notamment en fournissant l’accès aux témoins.

La Cour pénale internationale est appelée à se saisir de la situation au Kasaï si les autorités congolaises ne poursuivent pas de bonne foi les responsables des violences, en annonçant l’ouverture d’une enquête sur ces crimes.

Maintenir la pression sur Kinshasa

Le Groupe d’Etudes sur le Congo exhorte le  Conseil de sécurité des Nations unies à maintenir la pression sur le gouvernement congolais pour qu’il mène une enquête transparente sur les meurtres des experts de l’ONU dans le Kasaï. Il doit également encourager le Groupe d’experts des Nations Unies sur la RD Congo à se concentrer également sur la région du Kasaï, et à augmenter leur personnel avec un expert sur le Kasaï.

Le GEC appelle les membres permanents du Conseil de sécurité à faire des déclarations claires sur les progrès réalisés par le système judiciaire congolais, avec le soutien des fonctionnaires de l’ONU, dans l’assassinat de deux experts de l’ONU au Kasaï en mars 2017 et à emander au Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, par l’intermédiaire de son Unité des meilleures pratiques, d’examiner les mesures prises par la MONUSCO pour faire face à l’escalade de la violence dans la région du Kasaï.

Dépolitiser et rendre plus transparentes les procédures de reconnaissance des chefs coutumiers
Kinshasa est appelé à dépolitiser et à rendre plus transparentes les procédures de reconnaissance des chefs coutumiers en créant une commission d’État indépendante chargée de résoudre les conflits coutumiers, comme le stipule la loi de 2015 sur le statut des chefs coutumiers.

L’exécutif national doit mener des poursuites militaires pour les exactions commises par les membres de la police et de l’armée, notamment en agissant sur les cas existants, sur base des preuves fournies par l’équipe d’experts internationaux de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, et en fournissant des ressources et un pouvoir plus importants aux procureurs militaires.

Kinshasa est prié d’enquêter sur l’implication des autorités provinciales et nationales dans le soutien des milices, de redynamiser la commission nationale de démobilisation en allouant des fonds pour les opérations au Kasaï et en prenant des mesures pour rassurer les combattants qu’ils ne seront pas maltraités et d’entreprendre de véritables efforts pour promouvoir la réconciliation entre les communautés dans le Kasaï en créant des forums publics où les victimes et les dirigeants locaux peuvent exprimer leurs griefs et débattre des solutions.

Une enquête parlementaire exigée

Le Groupe d’Etudes sur le Congo invite les Parlements nationaux et provinciaux congolais à mettre en place des commissions pour enquêter sur les conflits coutumiers et, de concert avec le gouvernement et la société civile locale, pour aider à promouvoir leur résolution pacifique.

Jason Stearns, directeur exécutif du GEC plaide pour la redynamisation de la Commission de défense et de sécurité pour surveiller et enquêter efficacement sur les opérations de l’armée congolaise, des services de renseignement et de la police.

Il invite également dans ce rapport la MONUSCO à prendre une position déterminée sur les violations des droits humains commises par le gouvernement, notamment en publiant des rapports sur les droits humains ainsi que des communiqués de presse.

La mission onusienne est priée de continuer de créer des espaces de dialogue politique aux niveaux local et national. Cela devrait inclure la sensibilisation des chefs coutumiers ainsi que des organisations de la société civile travaillant sur les conflits coutumiers, afin de garantir que les conflits localisés sur les ressources et le pouvoir politique coutumier soient traités rapidement.

Elle doit également maintenir sa présence dans le Kasaï, afin d’y surveiller les évolutions et de se prémunir contre de futurs conflits violents. Mais aussi maintenir la pression sur le gouvernement congolais pour qu’il mène des poursuites en cas de manipulation politique des conflits locaux par ses fonctionnaires.

Par GKM

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