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Après sa décision de ne pas se représenter à la prochaine élection, J. Kabila : 3 autres décisions courageuses à prendre

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Le président sortant appelé à régler les cas « prisonniers politiques », « machine à voter » et « restructuration de la Ceni ». Ainsi, il sortira par la grande porte et restera dans les annales de l’histoire de la RDC

Dans quatre mois, la République démocratique du Congo sera face à l’histoire. Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, devra céder son fauteuil à un des 26 candidats dont les dossiers sont déposés à la Ceni, en attendant le quitus de la Cour constitutionnelle.

Le chef de l’Etat sortant qui a toujours promis de respecter la Constitution, est finalement passé de la parole à l’acte. L’homme a finalement désigné son dauphin, contre toute attente, qui devra représenter le Front Commun du Congo (FCC) à la présidentielle du 23 décembre 2018. Kabila ne sera donc pas candidat.

Cela est bien couché aussi bien dans la Constitution que dans l’accord de la Saint Sylvestre.
Pour ceux qui craignaient que Shadary dépose plutôt le dossier de son autorité morale, surtout avec la présence de Néhémie Mwilanya au Brtc, la liste produite par la Ceni, reprenant les 26 candidats provisoires, coupe court à ces rumeurs. Le nom de Shadary y est bel et bien repris, et Joseph Kabila n’y figure pas.

Ce geste de Joseph Kabila est aussi bien salué par des organisations internes de la société civile, la classe politique tant de l’Opposition que de la Majorité, que la communauté internationale. L’unique préoccupation reste principalement la crédibilité du processus. Pour y arriver, il faudra notamment trouver une solution avec la fameuse machine à voter, rendre le processus inclusif en permettant à tout le monde d’y participer, et reconfigurer la Ceni.

Kabila en sortira ragaillardi

Le chef de l’Etat sortant s’est plaint, une fois, de manquer 15 meilleurs éléments dans son entourage. Et bien, il vient de démontrer que le besoin est toujours là. Pour preuve, il a déjoué les pronostics de tous ceux qui l’encourageaient de postuler pour un troisième mandat. Scientifiques, professeurs d’université, militants flatteurs… sont pris à contre pied. Même les membres de la MP présents au point de presse du 8 août de Lambert Mende n’ont pas applaudi frénétiquement, à l’annonce du nom du dauphin.

Dans cette même logique, Joseph Kabila en sortira ragaillardi s’il s’implique personnellement dans la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion coffrés dans différents cachots à travers le pays. Aussi, le Raïs s’attirera la sympathie de la communauté tant nationale qu’internationale au cas où il autorisait, en tant que magistrat suprême, le retour des exilés politiques, dont Moïse Katumbi, de manière à prendre part au processus.

De même, tous les acteurs politiques de l’Opposition, ainsi que la majorité du peuple congolais, désapprouvent l’usage de la machine à voter. Surtout qu’il n’y a aucun consensus autour de cette question qui fâche. Les uns voient derrière cet outil une stratégie pour tricher, les autres, par contre, le soutiennent, et encouragent le président de la Ceni à foncer. Pour couper court aux rumeurs de tricherie, le président sortant ferait mieux de faire en sorte que cette machine soit écartée du processus, surtout qu’elle ne figure ni dans la loi électoral, encore moins dans le calendrier du 5 novembre 2017.

Une autre épine sous le pied de la crédibilité du processus électoral en cours en RDC, c’est la composition actuelle de la Ceni. L’Union pour la démocratie et le progrès social qui a mandaté le porte-parole Jean-Pierre Kalamba dans cette institution d’appui à la démocratie, tente, en vain, de le remplacer par un autre délégué.

L’Assemblée nationale tire les choses en longueur pour traiter de cette question. L’Udps soupçonne donc son élément à la Ceni de rouler pour le pouvoir et de préparer des désastres électoraux. Cette attitude pousse le parti de Limete en particulier, et l’Opposition en général, à émettre des doutes sur la transparence du processus.

Si Alassane Ouatara l’a fait en Côte d’Ivoire, avec l’amnistie dont ont bénéficié des prisonniers politiques, parmi lesquels Simone Gbagbo, l’épouse de l’ex président ivoirien Laurent Gbagbo, pourquoi Joseph Kabila ne le ferait-il pas pour l’avenir de sa famille politique, voire son propre avenir.
Le chef de l’Etat est appelé, encore une fois, à se retirer pour prendre seul une décision dans ce sens.

Cela fera énormément plaisir aux Congolais, et pourra même jouer sur les résultats de futures élections. Si les ex M23 sont libérés, pourquoi pas Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo ou encore Franck Diongo qui n’ont tué personne.

Par Stone

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