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Course à la présidence de la République: trois femmes sur la ligne de départ

Marie José Ifoku

Laure Marie KawandaSelon le calendrier électoral de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), l’élection présidentielle couplée avec les législatives nationales et provinciales sont prévues pour le 23 décembre prochain. Après le dépôt des candidatures des députés provinciaux, la CENI a clôturé, mercredi 8 août, avec le dépôt des candidatures à ces deux niveaux.

Concernant la course à la magistrature suprême, trois femmes ont déposé leurs candidatures sur 26 candidats déclarés, à savoir : Laure-Marie Kawanda, Bébé Malwalwa et Marie-José Ifoku.  Dans les tout prochains jours, l’opinion publique sera davantage informée lors de la publication par la CENI de la liste provisoire des candidats retenus pour l’élection présidentielle.

Les trois candidates ayant manifesté leur ambition pour pouvoir occuper, en cas d’élection, la plus haute fonction de l’Etat, n’auront plus qu’à convaincre les Congolais de par leur projet de société afin d’obtenir plus de voix possibles.

Laure-Marie Kawanda est connue du grand public pour avoir assumé certaines fonctions au sein du gouvernement de la République dont celle du Ministre des Transports. Ancien cadre du Parti Lumumbiste unifié (PALU), elle a crée son propre parti dénommé « Alliance des Patriotes Lumumbistes » (APL) en sigle. Originaire de l’actuelle province de Kikwit, Mme Kawanda est une figure bien connue du monde politique.

Quant à Marie-José Ifoku, elle est transfuge du parti politique Congrès National Congolais (CNC) du député national Puis Muabilu. C’est au nom de ce parti qu’elle a été élue Vice-gouverneur dans la province de la Tshuapa, en 2016 où elle a travaillé pendant près d’une année, révèle une source. La dame a surpris tout le monde en déposant sa candidature au Bureau de Réception et Traitement des Candidatures (BRTC) de la CENI basé au siège national de la CENI.

Contrairement à ces deux candidates, Mme Bébé Malwalwa semble être la grande inconnue de l’opinion nationale, et même les internautes se posent la question sur cette femme sortie du néant. Comment a-t-elle pu réunir la somme de 100.000 dollars américain de la caution ?

Autant de questions posées par des personnes présentes lors de son passage à la CENI. Malgré cela, la dame a pris son courage en affichant clairement son ambition politique étant assurée de ses capacités et convictions politiques. A elle de défendre son projet de société, gage primordial pour la conquête du pouvoir.

Se battre sur terrain

Il revient donc à chacune de ses femmes de montrer de quoi elle sera capable, une fois au sommet de l’Etat. Car le peuple Congolais a le droit de connaître la personne censée être à la tête de sa destinée. Par conséquent, ces candidates sont appelées à se lancer sur terrain afin d’aller à la rencontre des électeurs. Car, il ne suffit pas seulement de déposer la candidature et de payer la caution de 160.000.000 FC, l’équivalent de 100.000 dollars américains pour espérer gagner la confiance des électeurs.

Selon le constat fait, les politiciennes congolaises aiment souvent rester au second plan au lieu de se mettre au devant de la scène. Ainsi, moins de femmes assument des fonctions importantes au sein des partis et regroupements politiques pour plusieurs raisons. Si certaines évoquent le non engagement de ces femmes dans leurs différentes formations politiques, d’autres par contre parlent tout simplement des injustices.

Le moins que l’on puisse dire est que le destin politique des  trois candidates à l’élection présidentielle se trouvent entre leur propres mains. Et lorsqu’on postule à ce niveau de la compétition, il faudra notamment avoir des nerfs solides parce que tous les coups sont permis, être capables de sillonner l’ensemble du territoire national et savoir communiquer avec le souverain primaire.

Ces trois femmes qui ont osé figurent parmi les rares femmes du pays ayant concouru à la course pour la présidence de la République. Elles n’ont fait qu’emboîter le pas des femmes comme : Justine Kasavubu, Catherine Nzuzi wa Mbombo, Wivine N’Landu Kavidi et Marie Nene N’landu, sœur cadette de celle-ci, qui ont postulé à l’élection présidentielle en 2006.

Malheureusement, aucune femme n’avait pris part à l’élection présidentielle de 2011. Et les quatre femmes qui avaient déposé leur dossier, à cette époque, n’ont pas été retenues sur la liste définitive de la CENI.

Encourager les candidatures féminines

De l’avis de certains observateurs, il faut encourager les candidatures féminines dans le but de favoriser l’émergence politique des femmes congolaises. Surtout que ces dernières émergeant dans des partis politiques et regroupements politiques ne sont pas propulsées à ce niveau puisque la majorité des hommes sont à la tête des mouvements politiques.

En plus, les femmes qui ont déjà créé leurs propres partis politiques, peut-être faute des moyens financiers conséquents, n’arrivent pas valablement à se lancer dans la course présidentielle. Une chose est vraie c’est que les politiciennes congolaises ont encore du chemin à parcourir pour se libérer des pesanteurs culturelles qui freinent leur épanouissement sur le plan politique. Une telle charge incombe surtout à la femme elle-même qui, de part la culture, n’inculque pas la mentalité politique à ses filles.

Si la jeune fille est préparée pour le mariage, le garçon par contre a toujours été considéré comme futur président de la République, ministre, etc. Déjà, cela constitue un handicape pour la jeune fille d’aujourd’hui et femme de demain censée contribuer au développement de la République Démocratique du Congo.

Pourtant, dans l’idée du Créateur, la responsabilité était donnée aussi bien à l’homme qu’à la femme afin de cultiver la terre. Raison pour laquelle, la créature féminine doit être préparée dès le bas âge pour autant qu’elle puisse participer à l’essor du pays au même titre que son partenaire.

Par Tantia Sakata

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