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Relance d’une économie durable en RDC: un diagnostic à la postérité

Pour Achille Bondo Landu, à la veille de l’indépendance, l’économie de la RD Congo était classée parmi les économies en expansion disposant d’une base de production relativement diversifiée et soutenue par des infrastructures économiques et sociales solides
Par Lucien Kazadi T.

M. Achille Bondo Landu vient de publier, tout récemment, une tribune libre intitulée «Programme économique pour une relance de l’économie durable en RDC». Un travail scientifique qu’il livre au public, notamment à ceux qui vont probablement diriger le pays à l’issue des prochaines élections prévues en décembre 2018.

L’auteur s’est dit disposé à un éventuel débat autour de sa publication avec d’autres scientifiques. Une partie de cette publication est ainsi livrée. Il s’agit du diagnostic posé  avant de livrer le secret du programme économique qui va permettre la relance de l’économie durable en RD Congo. Son  travail est même accompagné par des graphiques.

C’est ainsi que d’entrée de jeu, l’homme  soutient qu’à la veille de l’indépendance, l’économie de la RDC était classée parmi les économies en expansion, disposant d’une base de production relativement diversifiée, soutenue par des infrastructures économiques et sociales solides. Une comparaison internationale a même été faite de l’évolution économique de plusieurs pays du monde à la fin de la «décennie 50», indiquant que le Congo-Belge avait une structure économique plus développée et un taux d’expansion économique plus élevé que le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde, ou encore  le Mexique. Ces pays sont aujourd’hui classés parmi les géants en matière économique.

La RDC serait la tête de pont de l’économie africaine  

L’auteur a procédé à une analyse rétrospective de la trajectoire économique de la RDC qui montre, même dans des différents graphiques, que l’économie congolaise a connu une croissance soutenue sur une période d’environ 50 ans, soit entre 1920 et 1970. Si cette tendance avait été maintenue, sans doute, la RDC serait, aujourd’hui, la tête de pont de l’économie africaine et sa population aurait des conditions de vie bien meilleures.

La croissance économique du Congo-Belge entre 1950 et 1959 était soutenue par un important effort d’investissement, notamment dans le secteur de l’énergie électrique et dans celui des transports. Cette croissance s’est accompagnée d’une amélioration des conditions générales de vie de la population: approvisionnement en eau et en électricité, soins de santé, mobilité, logement, consommation etc.

  Après l’indépendance, la RDC a connu une décennie de croissance économique enregistrée entre 1960 et 1970.  A partir de 1974, l’économie du pays est entrée dans une phase de récession, pour se redresser au début des années 1980.  L’évolution observée au cours de cette période est le résultat des effets liés au premier choc pétrolier, aux effets induits par les mesures de zaïrianisation et à la crise de l’endettement.  A la suite de ces phénomènes, l’économie du pays a été plongée dans un profond marasme.  Le redressement amorcé au début des années 80 fait suite aux mesures d’ajustement structurel mises en œuvre au cours de cette période avec le soutien financier des institutions de Bretton Woods.

1990 – 2000, une période traduisant l’effondrement

 En s’appuyant une fois de plus sur des graphiques, il a été démontré que les données sur la décennie 1990–2000 ont traduit un effondrement de la capacité productive du pays.  Au cours de cette période, l’économie du pays est passée de l’état de crise économique à celui de ruine économique avec comme manifestations concrètes l’effondrement et la disparition progressive des structures de base de l’économie: structures de production, de distribution, d’échange, de consommation et de financement.

C’est au cours de cette décennie que le pays a connu l’effondrement de la société Gécamines, autrefois pilier de l’économie nationale, avec l’éboulement de la mine de Kamoto, les pillages des unités de production en 1991 et 1993, les fermetures des banques et autres institutions financières (notamment les coopératives d’épargne et crédit), la disparition de plusieurs unités industrielles  (industrie textile, industrie de production et de conservation des produits de la pêche, industrie de fabrication de chaussures etc.), avec comme conséquence, la flambée du chômage avec les licenciements massifs des travailleurs pour raisons économiques.

Il y a eu après une période de relance, a encore indiqué Achille Bondo Landu. Les projets de développement, ainsi que les investissements réalisés, notamment dans les secteurs des mines et des télécommunications, ont permis la relance de l’économie congolaise entre 2001 et 2005, avant le ralentissement dû à la crise financière internationale en 2008 et 2009. Relancée en 2010 avec le boom du secteur minier, la croissance de l’activité économique nationale s’est essoufflée en 2015, avec la chute des cours des produits de base exportés par la RDC, traduisant ainsi sa forte vulnérabilité aux chocs extérieurs. A suivre!

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