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Publication du «Rapport de suivi de la situation économique pour la RDC» : Le gouvernement invité à améliorer la dépense de la santé pour assurer une croissance inclusive

Jean Mabi, représentant-résident intérimaire de la Banque mondiale en RD Congo et Le ministre des Finances, Henry Yav Mulang

la croissance de la RD Congo s’est modérément redressée à la suite de la récente remontée des cours des matières premières, mais il y a toujours risque de retournement de la situation, ainsi que la volatilité des cours des matières premières. Entre-temps, la dépense effective dans le secteur de la santé en RD Congo, bien qu’ayant augmenté, reste en deçà de celle observée dans les pays comparables en Afrique!

La Banque Mondiale a procédé à la publication officielle du «Rapport de suivi de la situation économique pour la RDC» au cours d’une cérémonie organisée, hier mercredi 12 septembre 2018, à Rotana Kin Plaza, à Kinshasa. Pour sa 5ème édition, ce rapport a pour thème «Améliorer la dépense de la santé pour renforcer le capital humain et assurer une croissance inclusive».

Il a été préparé par l’équipe du Pôle de compétence Macroéconomique, Commerce et Investissement de la Banque mondiale, dans le cadre de sa représentation en RD Congo. Le ministre d’Etat en charge du Budget, Pierre Kangudia, a pris part à ces travaux ouverts par le représentant-résident intérimaire de la Banque mondiale en RD Congo, Jean Mabi, en présence de plusieurs autres personnalités venues de divers secteurs du pays ainsi que des partenaires extérieurs. Le document a été remis en priorité au représentant du gouvernement congolais.

Le représentant résident ai Jean Mabi est revenu, dans son mot d’introduction, sur la préoccupation de son institution de produire et partager les connaissances de développement à travers des programmes mis à la disposition des gouvernements, lesquels doivent être débattus en public.  C’est donc un rapport périodique qui propose une revue régulière des principaux développements économiques récents dans le pays et des défis structurels majeurs auxquels, la RD Congo est confrontée sur la voie d’une croissance accélérée et soutenue et d’un développement inclusif.

Présentation du rapport

Deux experts de la Banque mondiale ont présenté le rapport. L’économiste principal, Arsène Richmond Kaho, a abordé la première partie du rapport concernant le «développement économique récent» pour relever que, la croissance de la RD Congo s’est modérément redressée à la suite de la récente remontée des cours des matières premières. Ce qui augure une sortie de la récession économiques dans laquelle le pays était plongé. C’est donc une croissance à un rythme modéré, a précisé ce premier expert.

Développements économiques

Il a en outre soutenu que, cette croissance économique en 2017 a été estimée à 3,7%, après avoir ralenti à 2,4% en 2016, son niveau le plus bas en l’espace de 15 ans. Une chose est vraie : le rétablissement de l’activité est principalement imputé à la reprise de la production minière et à la hausse des cours mondiaux du cuivre et du cobalt, consécutive à la relance de la demande mondiale pour ces deux principaux produits d’exportation du pays.

Malgré ce rétablissement, il se pose un problème du déficit des comptes extérieurs qui s’est en conséquence réduit, et le niveau des réserves qui demeure faible en trois semaines, au lieu de 3 mois conformément au standard international. Le déficit du compte courant s’est amenuisé de -3,6% du PIB en 2016 à -3,1% en 2017 suite à l’embellie observée sur les marchés internationaux des matières premières et à la réduction drastique des dépenses publiques en pourcentage PIB, intervenu essentiellement au cours du second semestre de l’année.

Aussi, il a été relevé le rétrécissement de l’espace budgétaire qui s’est accéléré, illustrant les faiblesses structurelles du système fiscal, malgré la relance de l’activité économique. Un autre aspect abordé dans cette première partie, est la politique monétaire qui a été progressivement durcie, mais les pressions inflationnistes sont restées fortes, tandis que la monnaie nationale s’est relativement stabilisée au cours du second semestre 2017 après une forte dépréciation lors du premier semestre.

En ce qui concerne les perspectives de la croissance à moyen terme de la RD Congo, elles restent modérément favorables avec l’accélération attendue de la reprise économique et la poursuite de la stabilisation du marché des changes. De l’avis de l’expert, la croissance devrait s’établir à 3,8% en 2018 et atteindre 4,4% en 2020, soutenue par une progression des activités des industries extractives en liaison avec l’amélioration des marchés internationaux de matières premières et l’augmentation de la production minière.

Toutefois, des risques croissants, liés essentiellement aux fluctuations imprévisibles des prix internationaux des produits miniers et à la détérioration du climat politique domestique, pèsent lourdement sur ces perspectives prometteuses. Il peut y avoir de retournement, avec notamment la volatilité des cours mondiaux des matières premières. Pour l’économiste principal Arsène R. Kaho, la priorité à court et moyen terme, pour les autorités congolaises, serait d’accroître substantiellement la mobilisation des recettes intérieures par une meilleure exploitation du potentiel fiscal du pays.

Accroître les dépenses de santé

Dans la deuxième partie, «Accroître le niveau, l’efficacité et l’efficience des ressources allouées au secteur de la santé», a été présenté par l’économiste de la Banque mondiale, Moïse Tshimenga Tshibangu qui a fait savoir que, pour assurer une croissance économique plus inclusive, il conviendrait pour l’Etat congolais d’accroître substantiellement le niveau des dépenses de santé.

Ces dépenses, a-t-il précisé, sont fortement contraintes par la modicité des ressources allouées au secteur, surtout celles de l’Etat. La dépense effective dans le secteur de la santé en RD Congo, toutes sources de financement confondues, à certes augmenté au cours de la période récente mais son niveau par tête reste bien en deçà de celui observé dans les pays comparables en Afrique.
Malgré les progrès enregistrés depuis 2007 en termes d’efficacité, l’économiste de la Banque mondiale a noté que la dépense publique dans le secteur de la santé continue de souffrir d’un déficit important d’équité et d’efficience.

Par Lucien Kazadi T.

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