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L’UNICEF recommande à la RDC de faire de la lutte contre la malnutrition une priorité nationale

unicef

Le responsable chargé de la nutrition au siège du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) à New York, le Dr Victor Aguayo vient de séjourner à Kinshasa au courant de ce mois d’octobre 2018. Il a, durant son séjour, participé à une émission télévisée sur la situation nutritionnelle en RDC diffusée sur les chaines RTNC, Digital Congo, B-One et CMB-Digi.

Trois autres personnes ont pris part à cette émission : le Dr Body Robert Ilonga, représentant du secrétaire général au ministère de la Santé ; le Dr Michel Muvudi, spécialiste en santé à la Banque Mondiale ; Noël Zagré, conseiller régional en nutrition au bureau de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du centre.

La malnutrition est un réel problème de santé publique en RDC où, selon la dernière Enquête Démographique et de Santé (EDS) menée dans ce pays, 6 millions d’enfants de moins de 5 ans (43% d’enfants) souffrent de malnutrition chronique (retard de croissance) et 2 millions d’entre eux (8% d’enfants) sont atteints de la malnutrition aigüe.

Le directeur chargé de la nutrition à l’UNICEF au niveau mondial, le Dr Victor Aguayo a, à cette occasion, recommandé aux autorités de la RDC de faire de la lutte contre la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans une priorité nationale pour assurer le développement de ce pays.

Pour contribuer à cette lutte, a-t-l dit, l’UNICEF propose de mettre l’accent sur les interventions axées sur la prévention de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans, notamment la bonne nutrition de la mère pendant la grossesse, la pratique de l’allaitement maternel exclusif durant les 6 premiers mois de la vie de l’enfant et les interventions  couplées de santé dans les domaines de la vaccination et de l’eau et hygiène.

Selon le Dr Aguayo, la lutte contre la malnutrition en RDC est possible grâce l’engagement du gouvernement congolais, au soutien et à la participation des familles, des partenaires et bailleurs de fonds pour renverser la tendance. Il a indiqué que 70% d’enfants mal nourris dans le monde se trouvent dans 10 pays dont la RDC.

Pour M. Noël Zagré, conseiller régional en nutrition au bureau de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, il faudra un investissement solide et rentable en vue de faire bénéficier aux enfants une bonne nutrition durant les 1000 premiers jours (de la conception à l’âge de 2 ans) des dividendes pour le reste de leur vie. En effet, la malnutrition chronique (retard de croissance) devient irréversible avec des conséquences pour toute la vie si elle n’est pas traitée avant l’âge de 2 ans.

La malnutrition a un impact négatif sur le développement du pays

Le Dr Michel Muvudi de la Banque mondiale, une institution d’appui au développement, a déclaré que la malnutrition a un impact négatif sur le développement du pays. Il a énuméré trois conséquences de la malnutrition sur le développement.

Premièrement, il y a une absence de productivité chez ces enfants mal nourris en retard de croissance. Deuxièmement, la malnutrition chronique ou le retard de croissance est un déficit chronique irréversible qui va faire en sorte que même dans le long terme un enfant qui en souffre ne peut pas être rentable pour le développement de la communauté.

En RDC, a affirmé le Dr Muvudi, 6 millions d’enfants de moins de 5 ans atteints de la malnutrition chronique sont amputés au capital qu’il faut apporter pour le développement du pays. Troisièmement, la malnutrition est un tapis propice aux infections. Les enfants mal nourris ont des maladies infectieuses à répétition qu’il faut traiter à l’hôpital.

C’est une charge financière qui se crée pour des populations pauvres qui voient ainsi leur pauvreté s’aggraver.
Pour investir dans le développement durable, a dit le Dr Muvudi, il ne faut pas occulter la question de la malnutrition. C’est ainsi que l’intervention de la Banque mondiale se fait autour des piliers stratégiques.

Cette institution d’appui au développement est très engagée dans le dialogue politique en vue de la mobilisation d’autres partenaires pour pouvoir aller ensemble sur cette question de santé publique. La Banque mondiale est également en train de travailler avec le gouvernement de la RDC pour structurer les financements innovants à travers les programmes de santé financés par cette institution financière.

Le représentant du secrétaire général à la Santé, le Dr Body Robert Ilonga reconnait l’ampleur de la malnutrition en RDC. L’Etat congolais avec l’appui de ses partenaires fournissent des efforts pour inverser la tendance. La RDC, a-t-il dit, est dotée d’un plan national multisectoriel de lutte contre la malnutrition.

Dans le cadre de ce plan, il y a des actions qui sont en train d’être menées. Il a cité notamment les interventions qui se font lors des consultations préscolaires (CPN) dans les centres de santé qui permettent de faire le suivi de l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans.

Il a cité aussi des stratégies qui sont mises en œuvre dont la nutrition à base communautaire, la prise en charge intégrée de la malnutrition et les journées santé au cours desquelles il y a la supplémentation en vitamine A et le déparasitage au Mebendazole pour les enfants de moins de 5 ans.

Par Norbert Tambwe

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