..."/>

Le Maroc lance le satellite Mohammed VI-B

Maroc lance le satellite Mohammed VI-B

Le satellite Mohammed VI-B a été fabriqué par Thales Alenia Space qui a fourni la charge utile, y compris l’instrument optique, le sous-système de transmission d’image et le segment terrestre destiné au traitement et à la production des images. Airbus s’est chargé de son intégration et de la fourniture de la plateforme et du segment pour la planification des missions et le contrôle.

Le satellite Mohammed VI-B est le second lancé dans l’espace par le Maroc. Complémentaire au premier, ce satellite va permettre conjointement une couverture plus rapide des zones d’intérêt. La fabrication des deux satellites est estimée à 600 millions d’Euros, entièrement financée par le Maroc via plusieurs administrations, notamment l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie.

Avec le Mohammed VI-B, le Royaume du Maroc devient ainsi le troisième pays du continent africain à jouir de deux satellites opérationnels, après l’Egypte et l’Afrique du Sud.

Le satellite MOHAMMED VI-B est le deuxième satellite du programme spatial décidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. La réalisation de ce programme a été confiée au consortium Thales Alenia Space et Airbus. Elle s’étale sur une durée de cinq ans.

Pour rappel, le premier satellite, MOHAMMED VI-A, a été lancé le 8 novembre 2017, par la fusée Vega, depuis le site de lancement de Kourou, en Guyane française. Le deuxième satellite, MOHAMMED VI-B, a été lancé le 21 novembre 2018. Les deux appareils  permettent de prendre des images à très haute résolution. Leur complémentarité permet notamment une réduction importante du temps de revisite.

Le satellite MOHAMMED VI-B sera entièrement géré, au même titre que le MOHAMMED VI-A, par des ingénieurs et techniciens marocains, ayant bénéficié de longues formations spécialisées, aussi bien au  Maroc qu’à l’étranger. L’exploitation de l’imagerie satellitaire devient de plus en plus indispensable dans plusieurs domaines dont : le cadastre et la cartographie, l’agriculture, les ressources hydriques, le Bâtiment et Travaux  Publics (BTP) et le Transport, les eaux et forêts, les mines et la géologie, les réseaux de communication, le suivi de grands projets, l’urbanisme et l’aménagement du territoire, l’océanographie et les zones côtières, les catastrophes naturelles…

Principaux domaines d’application des images satellitaires

Agriculture

L’Agriculture est un secteur-clé dans le développement économique, social et environnemental du Maroc. Grâce à  l’imagerie satellitaire et sa combinaison avec des informations sur les sols, les données météorologiques, les observations de terrain, les opérateurs du domaine de l’agriculture peuvent accéder, selon leur besoin et en fonction de leur rythme temporel à :

· des cartographies dynamiques de l’occupation des sols ;
· des indicateurs pour le suivi de l’état des cultures et ses statistiques ;
· des bulletins de suivi du déroulement de la campagne agricole et la prévision de la production céréalière ;
· des informations sur les terrains irrigués ;
· des paramètres et indicateurs sur la consommation de l’eau et la productivité ;
· des cartographies sur le suivi des grands projets d’investissement agricole;
· des informations géospatiales, dynamiques et à jour pour alimenter les Systèmes d’Information Agricole ;
· des informations d’aide à la gestion des risques et catastrophes (sècheresse, inondation, risque acridien).

Cartographie de l’occupation du sol

Le besoin en information sur l’agriculture devient de plus en plus important pour évaluer et suivre l’occupation du sol. Le recours aux images satellitaires, couplées aux données auxiliaires, met à la disposition des décideurs et des gestionnaires des informations précises et utiles pour le développement agricole à différentes  échelles : locale, régionale et  nationale.  Grace à ses résolutions spatiales et temporelles de plus en plus fines, la télédétection spatiale représente un outil indispensable pour caractériser les écosystèmes en terme d’occupation des sols à différentes échelles et générer les statistiques par entité administrative (commune, province).

Cartographie des cultures irriguées

Le besoin en information sur l’irrigation devient de plus en plus important pour évaluer et suivre la consommation et l’efficience de l’eau par les cultures. Des informations précises sur la localisation des zones irriguées, particulièrement les cartes des cultures irriguées extraites des données de télédétection peuvent être utilisées comme données d’entrée des différents modèles de bilan hydrique utilisés pour la prise de décision sur la gestion de l’eau. La cartographie peut être établie à différentes échelles : nationale, régionale et locale.

Gestion opérationnelle de l’irrigation basée sur des mesures par satellite

Au Maroc, l’optimisation des apports en eau pour l’irrigation, constitue un besoin critique, notamment dans les régions arides et semi-arides, caractérisées par la rareté des ressources en eau et des conditions climatiques défavorables. Certaines plateformes informatiques basées sur la combinaison des paramètres générés à partir des données satellite et la modélisation permettent de mettre à la disposition des utilisateurs des informations d’aide à la décision pour la gestion de l’irrigation en fonction de leurs besoins notamment sur :
– la consommation en eau par les cultures irriguées ;
– l’évaluation de l’impact des modes d’irrigation et de la productivité de l’eau ;
– le bilan des ressources en eau.

Élaboration des indicateurs de suivi de la campagne agricole

La disponibilité d’informations à travers un ensemble d’indicateurs sur la campagne agricole est très utile pour l’évaluation du déroulement    de la campagne agricole. Ces indicateurs sont extraits à partir d’un échantillon d’images très haute résolution représentatif de la céréaliculture prises à des phases-clés de développement des cultures :
– superficie des terres labourées en début de  campagne  agricole;
– état du tallage (stade tallage) à travers la génération du taux de recouvrement ;
– superficie des céréales générées à partir de la classification des images ;
– estimation de  la production des céréales d’automne (blé dur, tendre, orge).

Étude d’impact de l’urbanisation sur les terres agricoles

La cartographie de l’évolution de l’espace urbanisé et son impact sur les terres agricoles permet aux gestionnaires de mieux apprécier les tendances de l’évolution urbaine ainsi que la nature des changements des espaces agricoles au profit de l’urbanisation aussi bien sur les plans qualitatif que quantitatif. Les documents cartographiques à différentes échelles et les données statistiques obtenues permettent de dresser des projections et d’élaborer des scénarii d’aménagement futur.

Leur intégration dans un dispositif d’information plus large en l’occurrence un Système d’Information Urbain intégrant des plans d’aménagement, des limites de zonage réglementaire  et des schémas directeurs, constitue un outil d’aide à la planification et à l’aménagement du domaine urbain et péri-urbain.

Ressources forestières

La gestion, la valorisation et la protection des formations forestières, le soutien stratégique aux décideurs gestionnaires des ressources forestières  sont parmi les apports fondamentaux de l’imagerie satellitaire. Les données issues de la télédétection spatiale, grâce à leur haute résolution et la très grande fréquence de revisites, fournissent des produits et des services pour:

– réaliser des inventaires forestiers et évaluer les ressources pastorales ;
– planifier les programmes de développement ;
– gérer et contrôler les activités forestières;
– cartographier les systèmes sensibles et suivre leurs évolutions:
zones humides, sites d’intérêts biologiques, aires protégées ;
– gérer les risques et les dégradations du couvert forestier : feux de forêts, dépérissements;
– produire des indicateurs et reporting dans le cadre des conventions internationales : biodiversité, changement climatique, bilan carbone.

Cartographie et inventaire des ressources forestières

La carte forestière constitue un outil de planification et de gestion des ressources forestières à l’échelle nationale et locale. La carte de l’Inventaire Forestier National (IFN) est utilisée à la fois par les services internes du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification  pour les besoins d’aménagement et de suivi des ressources forestières, ainsi que par tous les départements concernés par  la gestion du territoire.

La révision des cartes d’Inventaire Forestier National se base actuellement sur les images satellitaires à haute résolution spatiale pour générer des cartes à différentes échelles. Le travail  réalisé a permis à la fois de compléter les cartes d’Inventaire Forestier National existantes et de produire de nouvelles cartes au niveau des zones non couvertes par le premier IFN.

Les cartes ainsi réalisées permettent de localiser avec précision et de distinguer les zones forestières des nappes alfatières dans les provinces de l’Oriental, d’une part, et d’estimer les ressources forestières (Acacia saharien et Tamarix) dans les provinces du Sud, d’autre part.

Suivi des activités et des risques forestiers, coupes, reboisements, feux de forêt

Le suivi de la dynamique forestière par télédétection spatiale constitue un outil nécessaire pour mieux gérer cet espace naturel, en particulier l’identification et la planification des coupes et des reboisements, le suivi de l’évolution des massifs forestiers et l’évaluation des surfaces des différentes essences forestières disparues.

La précision souhaitée en matière de suivi de la dynamique forestière exige de cartographier des massifs forestiers à grande échelle en utilisant des images satellitaires à haute résolution spatiale. Pour les feux de forêt, les images de télédétection permettent :

– la cartographie du risque élaborée à partir du croisement de données thématiques et météorologiques ;
– la cartographie des zones brûlées à partir des images  brûlées à partir des images satellitaires       à haute résolution spatiale ainsi que l’évaluation des dégâts ;
– le suivi à haute fréquence temporelle des zones brûlées à l’échelle nationale.

Gestion des territoires

L’aménagement du territoire national et la gestion efficace des ressources territoriales, qu’elles soient économiques, sociales ou environnementales, sont au centre du processus global de développement. Les outils de planification et de mise en cohérence des actions sectorielles ainsi que les documents de références locaux reposent largement pour leur élaboration et leur mise en œuvre sur l’information géospatiale issue de l’imagerie satellitaire.

Les données satellite sont des outils stratégiques pour une gestion pertinente du territoire car elles fournissent une bonne connaissance des ressources disponibles, en termes de répartition, d’évolution et d’interaction entre les différents acteurs, options et conflits d’usage.

Cartographie pour la planification et le suivi des aménagements urbains et littoraux

L’imagerie satellitaire permet de disposer de produits cartographiques à différentes échelles d’intervention territoriale. Elle apporte une information actualisée sur les tissus urbains et les autres thèmes connexes ainsi que leur répartition spatiale. Elle peut être utilisée comme donnée auxiliaire pour :

– l’établissement des documents d’urbanisme ;
– le suivi géospatial de la mise en place des dispositions des documents d’urbanisme ;
– les travaux ayant trait à l’urbanisme opérationnel (gestion des réseaux, études de planification, etc.), et ce,  en complément avec les autres couches métiers.
Dans le domaine des  aménagements  littoraux, la cartographie permet,  entre autres, l’analyse de l’évolution de l’occupation des sols et d’évaluer l’impact des ports sur leur environnement.

Suivi des extensions urbaines et périurbaines

Les images satellitaires permettent une meilleure maitrise de l’occupation  de  l’espace au  niveau  des zones urbaines et périurbaines  à travers  une  connaissance actualisée du tissu urbain      et son évolution au cours du temps.
Les produits cartographiques qui en découlent permettent notamment, le suivi des zones à fort évolution de bâti non autorisé avec une cadence régulière ainsi que l’étude de l’impact de l’urbanisation en termes de consommation de l’assiette foncière au niveau urbain.
Ils permettent également de procéder à des études d’impact de l’urbanisation sur le patrimoine agricole.

Océanographie et zones côtières

L’exploitation, l’aménagement et la gestion intégrée des espaces océanographiques, du milieu marin et littoral et des zones côtières, reposent sur une bonne connaissance des paramètres biophysiques de ces espaces et des informations caractéristiques qui décrivent l’état des ressources et leurs évolutions spatio-temporelles. L’observation par satellite présente un potentiel considérable d’applications  dans ces domaines et constitue une source d’information  indispensable pour la connaissance et le suivi des paramètres marins à des échelles spatiales et à des fréquences temporelles variables, telles que  la température de surface de la mer et les indicateurs dérivés des données de la couleur des eaux, en plus des indicateurs sur la pollution marine, notamment par les hydrocarbures. Les images satellitaires  sont également exploitées  pour la valorisation des ressources halieutiques et leur évolution spatio-temporelle à travers le suivi d’indicateurs décrivant les conditions du milieu et  la sélection  et  la gestion des sites aquacoles ou encore la Gestion Intégrée des Zones Côtières.

Identification du potentiel aquacole des zones côtières

Les produits issus des images satellitaires et des mesures in-situ sont combinés pour délimiter et caractériser les zones optimales pour l’installation des fermes aquacoles permettent de réaliser une base de données cartographiques et un atlas aux échelles variables d’indicateurs et de paramètres contribuant notamment au succès des élevages aquacoles. Ces indicateurs peuvent être combinés selon une approche multicritères  prenant  en considération les exigences des espèces et les techniques d’élevage pour délimiter les aires favorables à l’aquaculture pour chaque site. Ces éléments permettent d’aider les décideurs à :

– évaluer le potentiel aquacole ;

– localiser les secteurs côtiers favorables à l’aquaculture ;
– faire un suivi régulier des différents paramètres pour surveiller les changements  subis  et évaluer les risques qui peuvent entraver les projets d’aquaculture dans chaque site identifié.

Ressources hydriques

Les technologies spatiales, et particulièrement l’information issue des programmes d’observation de la Terre, ont atteint un niveau de maturité et d’opérationnalité pour offrir aux utilisateurs des outils incontournables dans tous les processus de gestion de ressources hydriques.

Grace à des informations et à des données synoptiques continues et couvrant de longues périodes d’observation et grâce également au développement des moyens de communication et de partage de l’information à travers les infrastructures de la géo-information, les données spatiales et les outils d’aide à la décision qui en découlent sont de plus en plus précis et opérationnels. Le défi est d’assurer et de faciliter aux décideurs l’accès aux services des technologies spatiales et de favoriser une pleine exploitation des potentialités qu’elles offrent.

Suivi des ressources en eau de surface

 Dans certains cas, la délimitation de l’étendue de ces plans revête une grande importance pour l’évaluation de l’état des réserves en eau de surface. Les images satellitaires peuvent aussi être utilisées en vue d’analyser l’évolution dans le temps de ces plans et leur lien avec la variabilité spatio-temporelle des apports pluviométriques.

Cartographie et suivi des inondations

Dans le cadre de la gestion du risque d’inondation, l’imagerie satellitaire s’avère incontournable pour la cartographie précise de l’étendue des eaux et, par conséquent, la délimitation des zones sinistrées en période de crise. Les produits cartographiques qui en résultent offrent une meilleure caractérisation spatiale de l’aléa inondation en vue de son intégration dans la modélisation hydraulique pour l’aide à la prévention et à la prévision. Ils permettent en période de crise d’accompagner les intervenants et de mieux orienter leurs actions sur le terrain à travers une meilleure connaissance de la situation des zones inondées et leur évolution dans le temps.

Géologie et Ressources minières

Les applications opérationnelles de l’observation de la Terre dans les domaines des sciences de la terre couvrent :
– la cartographie géologique et les analyses des structures géologiques ;
– la prospection minière et la mise en valeur dans ressources minières ;
– la gestion des risques géologiques (glissements de terrains)          et soutien à l’aménagement du territoire ;
– l’extraction des minéraux de construction et gestion des carrières.

Cartographie géologique

Le recours à l’imagerie satellitaire pour la reconnaissance des structures et de la lithologie des affleurements géologiques a toujours été d’une importance capitale pour le processus de la cartographie géologique. En  raison de la diversité des contextes géologiques d’une région à une autre et, par conséquent, de la variabilité spatiale de l’apparence des affleurements et des structures géologiques sur les images, les produits cartographiques retenus pour chaque zone sont souvent déterminés par leur pouvoir de rehaussement et de discrimination entre les unités géologiques étudiées.

*

*

Monter

Login

Lost your password?