..."/>

Report partiel : Tout le processus électoral mis en péril!

Corneille Nangaa report des éléctions au 30 decembre

En réaménageant seule le calendrier électoral sans l’avis de la Cour Constitutionnelle, la CENI par la voix de son président, remet en cause  la légalité tout comme le caractère constitutionnel de tout processus électoral en cours et ouvre la voie à un long contentieux qui pourrait permettre à Joseph Kabila de prolonger encore son règne controversé

Après avoir reporté au 30 décembre 2018 les élections présidentielle et législatives qui devaient avoir lieu le 23 décembre, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a plus droit à l’erreur. La Centrale électorale  a donc intérêt à tout mettre en œuvre, afin que les scrutins de ce dimanche ne souffrent pas de contestations susceptibles de faire basculer la RDC dans un chaos, dont les conséquences risquent d’être dramatiques, tant pour l’avenir de ce vaste pays au cœur de l’Afrique que pour ses relations avec les États voisins.

Des élections crédibles, transparentes et inclusives, c’est en effet ce que réclame la majorité des Congolais pour le rendez-vous électoral de ce dimanche. Et Mgr Fridolin Ambongo, le nouvel Archevêque de Kinshasa, a même eu à  le rappeler dans son homélie de la messe de Noël célébrée à la paroisse St Benoit de la commune de Lemba, en hommage à l’activiste pro-démocratie Rossy Mukendi Tshimanga. Ce dernier avait été  assassiné le 25 février dernier, alors qu’il prenait part à une manifestation pacifique organisée par le Comité Laïc de Coordination (CLC) pour exiger le départ du président Joseph Kabila (arrivé fin mandat à la tête du pays depuis le 19 décembre 2016).

Alors que les Congolais, particulièrement les états-majors politiques de l’Opposition, se mobilisent et peaufinent les stratégies pour faire échec à toute tricherie le jour du vote, le président de la CENI vient pratiquement d’ajouter de l’huile sur le  feu en annonçant, à travers un communiqué signé par lui le 26 décembre, un nouveau réaménagement du calendrier électoral renvoyant au mois de mars prochain les élections dans les circonscriptions de Beni, Beni-ville, Butembo-ville (en province du Nord-Kivu), et Yumbi (en province du Maï-Ndombe).

Report que Corneille Nangaa Yobeluo justifie par des raisons « sanitaires  et sécuritaires », allusion faite à l’épidémie à virus Ebola sévissant à l’Est du pays et  aux violences meurtrières survenues dernièrement dans le Maï-Ndombe et qui ont obligé des milliers d’habitants de Yumbi à aller se réfugier au Congo-Brazzaville.

Selon cette décision, les électeurs de ces circonscriptions qui représentent environ 1 million de citoyens enrôlés sont privés du droit d’élire le prochain Chef de l’État. Car, ils n’auront que le droit d’élire les députés nationaux et provinciaux de leurs circonscriptions au mois de mars prochain.

La légalité du processus électoral remise en cause

En privant ainsi plus d’un million d’électeurs de ces circonscriptions du droit d’aller aux urnes le dimanche 30 décembre pour élire le prochain Chef de l’État, le président de la CENI vient certainement d’ouvrir la voie à un long contentieux. Car, des voix pourraient se lever à l’issue des scrutins de ce dimanche pour contester la légalité et la constitutionnalité de tout le processus électoral en cours. Ce qui ne ferait qu’arranger l’actuel président de la République  qui pourrait ainsi prolonger son règne à la tête du pays !

Par DMK

*

*

Monter

Login

Lost your password?