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Dans une énième attaque, RDC: les ADF défient encore les autorités

Félix Tshisekedi et Huang Xia

Une incursion menée hier à Beni par ces  rebelles ougandais a fait  six morts à Kyaninga

Malgré la détermination affichée par les nouvelles autorités de la RDC et par la MONUSCO  pour mettre fin aux poches d’insécurité dans la partie Est du pays, le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a encore enregistré d’autres morts, suite à une incursion  des rebelles ougandais  des ADF à Kyaninga. Attaque qui a coûté la vie à six personnes dans ce village situé dans le territoire de Beni.

Cette attaque meurtrière intervient au moment où le nouveau chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi était en visite de travail à Goma, chef–lieu de la Province du Nord-Kivu.  Selon des observateurs, il s’agit-là d’un défi lancé par ces terroristes aux nouvelles autorités congolaises et à la MONUSCO qui a promis d’appuyer les forces gouvernementales pour neutraliser les forces négatives dont les Forces démocratiques alliées (ADF).

Selon des responsables locaux, ce nouveau massacre survient après une relative accalmie d’une cinquantaine de jours. Une attaque qui intervient également au moment où  l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Huang Xia est en visite à Kinshasa et doit y rencontrer le président congolais.

« Les ADF ont fait une incursion dans le village (de) Kyaninga, frontalier avec l’Ouganda, dans la nuit de jeudi à vendredi: six civils ont trouvé la mort, tués à l’arme blanche », a témoigné le député Baliesima Kudukima, élu du territoire de Beni, à l’AFP.

La population aurait déserté le village de Kyaninga après ce  nouveau massacre perpétré parmi les civils par des ADF, à en croire la présidente du réseau des organisations de la société civile du territoire de Beni, Noella Muliwavyio. « La population est en fuite vers Watalinga et Nobili. Nous demandons aux autorités de sécuriser ces populations », a-t-elle ajouté.

Sur le terrain pendant ce temps,  les forces gouvernementales ont mené une offensive contre ces rebelles ougandais des ADF.  « Nous sommes en pleine opération contre les ADF. Jusque-là, nous n’avons pas encore le contrôle du village Kyaninga. Mais nous les poursuivons dans des profondeurs », a déclaré le porte-parole des Forces armées de la RDC dans le secteur du grand Nord, le major Mak Hazukayi, sans donner de bilan.  La dernière attaque d’un village du territoire de Beni attribuée aux ADF remonte au 24 février. L’armée avait déclaré avoir tué quatre miliciens, sans enregistrer de morts parmi les civils.

Insécurité à l’Est : il faut s’attaquer aux causes

Les ADF sont historiquement des rebelles ougandais musulmans installés depuis 1995 dans l’Est du Congo, à l’époque pour poursuivre leur combat contre le régime du président Yoweri Museveni. Ils sont tenus responsables du massacre de centaines de civils depuis 2014 dans la région de Beni, ainsi que de la mort de 22 Casques bleus tanzaniens depuis décembre 2017 à Semuliki, à la frontière entre la RDC et l’Ouganda.  Ils sont également auteurs de tuerie de dizaines de soldats congolais.

L’émissaire  des Nations Unies dans la Région des Grands Lacs, Huang Xia séjourne à Kinshasa pour une mission de deux jours en RDC.   Dans son agenda, il est prévu des  rencontres avec les autorités gouvernementales, notamment les ministres des Affaires étrangères et de la Défense avant une séance de travail avec le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi.

Selon Huang Xia, le développement dans une approche d’intégration régionale constitue le remède pour s’attaquer aux causes profondes des crises et des tensions dans la sous-région des Grands Lacs. Il a fait cette déclaration à l’issue d’une séance de travail le  lundi 15 avril 2019 avec les nouveaux animateurs du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.

Huang Xia a indiqué que tous les efforts seront engagés pour que soient obtenus avant la fin de l’année des résultats concrets dans la pérennisation de la paix et de la sécurité en RDC et dans la sous-région.  « Nous avons parlé des échéances à préparer et je pense qu’avant la fin de l’année, nous aurons des résultats très concrets dans la pérennisation de la paix et de la sécurité dans ce pays et aussi dans la sous-région », a indiqué Huang Xia.

 « Mon prédécesseur m’a laissé un héritage très important. Je pense que les acquis sont déjà-là, c’est à nous de reprendre cet héritage, et engager des actions plus concrètes, plus ambitieuses pour accompagner les organisations régionales, sous-régionales, les pays concernés, à obtenir les acquis plus importants dans l’objectif de pérenniser la paix, la sécurité, pour accompagner les pays concernés à s’engager dans un processus de développement socio-économique plus ambitieux », a-t-il poursuivi.

Le Chinois Huang Xia a été  également reçu en audience hier  par le ministre intérimaire des Affaires étrangères, Me Alexis Thambwe Mwamba.  Le Secrétaire Général de l’ONU António Guterres avait nommé en janvier dernier le Chinois Huang Xia,  envoyé spécial pour la région des Grands Lacs en remplacement de l’Algérien Said Djinnit.

Par GKM

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