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L’inaction de l’appareil étatique face aux violences sexuelles en RDC dénoncée

violences sexuelles

La prise en charge des enfants issus du viol est une question qui devrait préoccuper l’État congolais et les animateurs de différentes institutions nationales, a signalé le coordinateur provincial du Programme national de la santé de la reproduction, le docteur Robert Nyamugaragaza Bugini Nikita. C’était au terme de son intervention au cours de l’atelier de recyclage destiné aux prestataires de santé qu’organisait la Fondation Panzi, à Bukavu.

Le médecin a fustigé l’état de la gouvernance en RDC, tout en appréciant les efforts que fournissent certaines organisations de défense des droits humains, comme la Fondation Panzi. « Le mal que vit le peuple congolais, depuis l’avènement de la guerre et la recrudescence de la criminalité à l’Est du pays, est tellement profond que tout le monde devait mettre la main à la pâte pour arriver à l’éradiquer. Le souci d’endiguer ce fléau devrait animer toute personne encore éprise d’humanisme et sensible à la douleur de son prochain », a expliqué le dit Dr Robert Nyamugaragaza Bugini Nikita.

A l’instar du docteur Denis  Mukwege, le patron de la santé sexuelle au Sud-Kivu a dénoncé l’inaction de l’appareil étatique face à cette gangrène. « Dans un pays où la gouvernance n’est pas bonne, il ne faut pas attendre que la santé soit excellente. Il y a beaucoup d’aspects de la santé qui vont de pair avec d’autres aspects de gouvernance et de développement « , a -t-il reconnu.

Selon le Dr Nyamugaragaza, ce problème tire ses racines de la mauvaise gestion et de l’insécurité. La persistance des conflits armés est, selon lui, un sujet crucial et qui affecte le système sanitaire dont il est l’un de principaux animateurs en Province. L’homme a suggéré la mise en place d’une politique holistique mettant chaque département devant ses responsabilités afin de mener à bien la politique de prise en charge des enfants issus du viol, et qui sont sans appartenance paternelle.

« La gestion des conflits armés n’est pas un domaine de la compétence du ministère de la Santé, mais ces conflits occasionnent des crises qui impactent le ministère de la Santé.  Par conséquent, lorsqu’on parle des enfants issus des viols et autres agressions sexuelles c’est non seulement ces enfants mais de tous les « laissez pour-compte », de manière générale. C’est donc toute une politique des affaires sociales qu’il faut repenser », a-t-il souligné.

Dans son allocution,  le Dr Robert Nyamugaraga a mis en exergue le système continuel d’alerte du ministère de la Santé sur le devenir des enfants issus du viol. Il a insisté sur le rôle des autres services de l’État, notamment le ministère des affaires sociales qui en porte la responsabilité numéro 1, le ministère du Plan et celui de l’Éducation.

« La prise en charge des enfants issus des viols devrait être multisectorielle en commençant par le ministère du Plan, qui à son tour devrait planifier en termes de la démographie et en termes des cas incidents. Mais en dehors de cela aussi, il devrait y avoir le ministère de l’Éducation qui devrait voir comment éduquer et comment prendre en charge ces enfants, [bien sûr] sous le lead du ministère des affaires sociales puisque les faits sociaux restent totaux et globaux « , a préconisé le coordinateur provincial de la santé sexuel.

Par GKM

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