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L'Américain Michael Sharp et La suédoise Zaida Catalán les deux experts de la monusco disparu

Meurtre des experts de l’ONU : la subornation de témoins dénoncée !
Un prévenu accuse l’avocat d’avoir manipulé les renseignants et d’autres témoins  dans ce dossier en audience publique au Kasaï Central pour qu’ils le mettent en cause
Par GKM

Le procès de l’affaire du double assassinat des deux experts des Nations Unies en 2017 au Kasaï Central, sur l’axe Bukonde- Tshimbulu dans le territoire de Dibaya, prend une autre tournure avec le cas de subornation de témoins dénoncé hier lundi 3 juin au cours de l’audience publique. En effet, le prévenu Jean Bosco Mukanda a adressé une lettre au président du tribunal militaire de Kananga, dans laquelle il accuse Me Trésor Kabangu, l’un des avocats de la défense, de manipuler des témoins.
Dans sa correspondance lue à l’audience le lundi, Jean Bosco Mukanda va plus loin et  met en cause cet avocat. En plus de prévenus, il soutient dans sa missive adressée au président du Tribunal de Garnison Militaire que Me Kabangu  a tenté de corrompre des habitants de Bunkonde-cité, où vit et travaille Mukanda, pour témoigner contre lui.
Jean Bosco Mukanda affirme qu’au cours de ce voyage, Me Trésor Kabangu a tenu une «réunion nuisible», au cours de laquelle il aurait proposé des cadeaux à des personnes qui fourniraient de faux témoignages au cours du procès. Témoignages tendant à le mettre en cause dans le meurtre des experts de l’ONU.
Selon Mukanda, la liste de ces personnes «manipulées» aurait été transmise au ministère public. Lors d’une précédente audience, Jean Bosco Mukanda avait laissé entendre qu’Ilunga Lumu, l’un des prévenus qui s’était évadé dans cette affaire, était manipulé par son avocat pour le mettre en cause.
« Je suis victime d’une manipulation. Le 8 avril dernier, Me Trésor Kabangu s’est rendu à Bunkonde où il a réuni des gens à qui il a promis des cadeaux. L’avocat a demandé aux gens qu’il avait réunis de venir me charger. Il a transmis la liste de toutes ses personnes au ministère public », peut –on lire  dans cette lettre, dont le contenu a été dévoilé à l’audience  d’hier à Kananga par le capitaine Alain Bosombi, greffier au tribunal militaire.
Malgré ses rebondissements, l’audience d’hier s’est poursuivie avec la confrontation de Jean Bosco Mukanda avec le  prévenu Constantin Tshidime Bulabula, qui revient de son hospitalisation et avec l’infirmier Tshiber Tshibwabwa, note une source proche du dossier.
Le magistrat militaire, le colonel Cyprien Muwawu Tanzi, s’est offusqué du contenu de cette lettre. « C’est un déni d’audience. Le contenu de cette lettre remet en cause la crédibilité de tout ce procès », a déclaré le magistrat militaire.
Mais le tribunal militaire a pris acte de cette lettre contre la volonté du parquet militaire. Notons qu’au mois de mars dernier, le bâtonnier du barreau du Kasaï Central avait, dans un rapport, accusé le parquet militaire de manipuler les témoins en vue d’étouffer la vérité dans l’affaire du meurtre des experts de l’ONU.

Un discrédit et l’opprobre sur la suite du dossier
« Ça porte atteinte à l’avocat je suis », a réagi Me Trésor Kabangu, qui promet d’en informer le bâtonnier du Barreau de Kananga. Au sujet des accusations portées contre lui, Me Kabangu parle de « dénonciations calomnieuses », démentant avoir été à Bunkonde. L’avocat défend dans ce procès Bula Bula, Vincent Manga et Ilunga Lumu, avant que ce dernier ne s’évade de  prison.
Tous ces prévenus ont nommément mis en cause Mukanda comme étant le principal acteur du meurtre de Zaida Catalan et Michaël Sharp, deux experts de l’ONU. Me Kabangu affute les armes et conseille à Jean Bosco Mukanda de se préparer afin de répondre aux graves accusations portées contre lui. Le secrétaire Général des Nations Unies  avait nommé  le canadien Robert Petit, afin d’établir les responsabilités pour le meurtre de deux experts de l’ONU au Kasaï Central en 2017, notamment en fournissant l’accès aux témoins.

Il faut également signaler que le procès de l’affaire Zaida Catalan et Michaël Sharp a été ouvert le 5 juin 2017, les audiences ont été suspendues depuis le 22 octobre. Le Secrétaire général de l’ONU avait d’abord nommé un comité d’enquête qui a rendu un premier rapport puis ce procureur canadien et des experts pour suivre cette procédure congolaise.

Deux semaines après le meurtre de Zaida Catalan et Michael Sharp, c’est la MONUSCO qui avait retrouvé les corps des deux experts de l’ONU. Signalons que Zaida Catalan et Michael Sharp, deux experts des Nations Unies qui enquêtaient sur  des graves  violations des droits de l’homme au Kasaï central pendant que la province était secouée par les conflits armés opposant les FARDC aux miliciens Kamuina Nsapu, ont été assassinés en mars 2017 dans les circonstances horribles sur l’axe Bukonde- Tshimbulu.

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