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Gécamines : les dessous de l’agitation du FCC

Gécamines rdc

La nomination de nouveaux mandataires à la tête de cette entreprise publique a provoqué une controverse jusqu’à l’Assemblée nationale

Depuis le déclenchement du processus de réforme des entreprises publiques pour les transformer en sociétés commerciales, en établissements publics et en services publics par l’État congolais à travers le Comité de Pilotage de la  Réforme des entreprises Publiques(COPIREP) que dirigeait l’actuel Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba,  certaines de ces compagnies qui faisaient la fierté de la RDC sont devenues des « canards boiteux » à cause de la mauvaise gestion des hommes mis à la tête de ces entreprises.

C’est le  cas de la Générale des Carrières et des Mines (GECAMINES) qui suscite aujourd’hui des débats houleux suite à l’ordonnance présidentielle nommant de nouveaux membres du Conseil d’administration et du comité de gestion de ce géant minier. L’acte juridique du lundi 3 juin 2019 de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a reconduit au poste de président du conseil d’administration de la Gécamines Albert Yuma.

Sama Lukonde, proche de Moise Katumbi, ancien ministre des Sports et Loisirs sous Matata et membre de la puissante association socio culturelle Sympia assure désormais les fonctions de Directeur général de cette entreprise commerciale que d’aucuns considèrent comme vache à lait du PPRD.

En effet, plusieurs rapports des organisations de la société civile militant  pour la transparence dans l’exploitation des ressources naturelles de la RDC comme le Centre Carter, Global Witness, ASADHO, COGEP, Enough Projet, la coalition Publiez ce que Vous payez/RDC , Licoco… ont fait état de la mauvaise gestion de la Gécamines sous Albert Yuma. Ce dernier est  accusé de brader les actions de l’entreprise au profit des  intérêts de certaines épaules galonnées de l’ancien régime.

La vérité de Tharcisse  Kasongo Mwema

Coupant court à l’agitation des sociétaires du Front Commun pour le Congo (FCC) après la publication des ordonnances du chef de l’Etat nommant les membres des conseils d’administration et des comités de gestion de la Gécamines et de la SNCC, Tharcisse Kasongo Mwema Yamba Yamba, porte-parole du chef de l’État, a éclairé l’opinion sur les motivations qui ont poussé le président Félix Tshisekedi à nommer de nouvelles personnes à la tête de ces deux entreprises commerciales, surtout à la Gécamines.

« La Gécamines ne paie que 20 millions de dollars américains d’impôts chaque année. La même Gécamines reçoit la redevance des contrats d’une vingtaine de multinationale. Où va cet argent ? On comprend pourquoi l’ordonnance dépouillant Yuma de ses pouvoirs exorbitant dérange », a fait savoir le porte-parole du chef de l’Etat sur son compte Twitter.

COGEP jette le pavé dans la marre

Dans un rapport publié le vendredi dernier à Kinshasa, la Coalition pour la gouvernance des entreprises publiques du secteur extractif (COGEP), une plateforme des organisations de la société civile, des journalistes , des experts congolais travaillant sur la gouvernance des ressources naturelles de la RDC a dénoncé  le manque de transparence et de vérité dans les déclarations de la Gécamines concernant divers chiffres contradictoires sur les contrats avec les partenaires, notamment les cas de Metalkol et des ventes de scorie.  La COGEP qui met en cause la gestion d’Albert Yuma fait état du rapport de la Gécamines rendu public en novembre 2018 à Kinshasa contenant plusieurs questions, notamment la contradiction des chiffres déclarés à l’ITIE et ceux contenus dans ses propres rapports.

« Le fait qu’une même entreprise déclare à la même période des chiffres contradictoires nous inquiète en tant que citoyens congolais, mais plus comme acteurs de la société civile engagés dans le processus ITIE », s’indigne Me Daudet Kitwa, coordonnateur de la COGEP.

La COGEP note que plusieurs dossiers manquent de transparence, comme les cas de la sous-traitance Scorpion, de la vente des parts dans Metalkol et des recettes de vente des scories. Face à cette situation calamiteuse, la COGEP invite l’équipe dirigeante de la Gécamines à rendre publics les états financiers, à organiser les élections syndicales et à assurer la sécurité sociale des travailleurs. S’agissant des élections syndicales, la COGEP note que depuis 2013 jusqu’à ce jour, la Gécamines n’a pas organisé les élections syndicales conformément aux dispositions réglementaires (33).

Albert Yuma a rejeté en bloc les accusations de la COGEP. Mais le souhait de tout le monde est de voir le gouvernement congolais à travers le ministère du Portefeuille ordonner une mission d’audit à la Gécamines afin d’éclairer la population sur la gestion de Yuma.
Toute chose restant égale par ailleurs, pourquoi les nouvelles nominations à la Gécamines et à la SNCC doivent-elles déranger le FCC quand on sait que les mandataires de l’Etat nommés dans ces deux entreprises sont tous des originaires du grand Katanga ?

Par GKM

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