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Affrontements entre Hema et Lendu, Ituri: plus de 300.000 déplacés sacrifiés !

Ituri Affrontements entre Hema et Lendu

La sonnette d’alarme vient d’être tirée à Genève par le Haut-Commissariat des Nations aux réfugiés (HCR) qui dit redouter encore le pire, alors que la RDC fait déjà face à d’autres urgences

Après plusieurs mois d’accalmie, la province de l’Ituri, au Nord-est de la République démocratique du Congo, est à nouveau  secouée par les violences intercommunautaires meurtrières opposant les ethnies Hema et Lendu.
Ces dernières flambées de violence qui interviennent alors que la RDC vient de connaître sa première passation de pouvoir « pacifique et civilisée » au sommet de l’État, au terme du scrutin présidentiel organisé le 30 décembre 2018 et remporté par Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo suscite de grandes inquiétudes au sein des agences humanitaires.

Car, aux dernières nouvelles, ces violences intercommunautaires qui embrasent l’Ituri ont obligé plus de 300.000 personnes à fuir leurs villages depuis le début du mois de juin en cours et à vivre désormais dans l’errance et dans une totale précarité.

La confirmation du nouveau drame humanitaire qui vient de voir le jour en Ituri a été faite hier mardi à Genève, en Suisse,  par le Haut-commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR), au cours d’un point de presse animé par son porte-parole, Babar Baloch. Celui-ci a, à cette occasion, déploré le fait que le HCR et les autres acteurs humanitaires n’ont même pas accès actuellement à la plupart des zones touchées.

Citant des sources locales dans 125 localités, le HCR a également fait savoir que la situation en Ituri s’est encore gravement détériorée depuis le milieu de la semaine dernière, suite aux multiples attaques impliquant les communautés Hema et Lendu. Celles-ci ayant formé, chacune, des groupes d’auto-défense qui s’affrontent sans épargner les populations civiles.

Selon le HCR, ces violences intercommunautaires ont donné lieu à des  déplacements massifs de populations civiles dans trois des cinq territoires administratifs de l’Ituri, notamment Djugu, Mahagi et Irumu. Ces personnes sont contraintes de fuir les attaques et contre-attaques.

Le HCR dit redouter que cette escalade puisse toucher de vastes régions de la province. « Nous sommes très inquiets pour la sécurité des civils après avoir été informés de meurtres, de kidnappings, de mutilations et de violences sexuelles », a encore déclaré à Genève le porte-parole du HCR, M. Baloch. Ce nouveau drame humanitaire en Ituri se déroule alors que des opérations militaires sont actuellement en cours sur le territoire de Djugu où les FARDC tenteraient de reprendre le contrôle de la situation.

L’église de Drodro envahie par des milliers de déplacés !

A en croire les sources humanitaires, ces nouvelles violences ont obligé près de 20.000 personnes à aller se réfugier à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri où, selon le HCR, des efforts sont en cours pour identifier les sites appropriés autour de la ville.

Plusieurs personnes tenteraient également de se mettre en sécurité sur des sites proches de Bunia. Mais, ces personnes vulnérables parmi lesquelles plusieurs femmes et enfants sont bloquées par des jeunes armés appartenant aux deux groupes ethniques qui s’affrontent. Pendant ce temps, d’autres déplacés tenteraient de traverser le lac Albert pour se rendre en Ouganda.

Selon le HCR, la plupart des personnes déplacées ont trouvé refuge dans des communautés, mais environ 30.000 d’entre elles se sont présentées à des sites d’accueil où les conditions sont très précaires. « Les gens dorment maintenant en plein air ou dans des bâtiments publics. La plus grande concentration de déplacés étant ces 10.000 personnes dormant à l’intérieur de  l’église de Drodro ou à proximité de celle-ci, dans le territoire de Djugu, sans aucune aide viable », a précisé le porte-parole du HCR.

Loin de se décourager, le HCR et ses partenaires font tout pour collaborer avec les autorités locales pour avoir une idée plus précise des besoins des déplacés, notamment en matière d’abris, d’articles ménagers de base et de nourriture. La réponse humanitaire est déjà débordée dans cette partie de la RDC qui fait déjà face à une série d’autres urgences et une situation sécuritaire instable et un manque de fonds.

Pour tenter de voler au secours de certains déplacés, le HCR affirme avoir lancé au sud de l’Ituri, dans la province du Nord-Kivu, une intervention d’urgence en faveur de près de 100.000 personnes déplacées à Nobili, près de la frontière avec l’Ouganda.

Il sied de noter que la RDC compte actuellement environ 4,5 millions de déplacés internes auxquels il faut désormais ajouter des milliers de nouveaux déplacés enregistrés principalement dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Par DMK

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