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En détention à la CPI depuis 2013 pour des crimes commis en Ituri : Bosco Ntaganda risque la prison à vie !

Bosco Ntaganda

Ancien Général congolais d’origine rwandaise et co-fondateur de la rébellion M 23,  l’ancien chef de guerre est  reconnu coupable par la CPI de 18 chefs de crimes, dont des massacres de civils et des viols de jeunes filles

Pour avoir joué un rôle déterminant dans les atrocités commises dans la province de l’Ituri entre les années 2002 et 2003, l’ancien chef de guerre congolais d’origine rwandaise Bosco Ntaganda, surnommé  » Terminator « , vient d’être reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cour Pénale Internationale (CPI). Les juges de la CPI se sont prononcés en  ce sens au cours de l’audience tenue le lundi 8 juillet 2019 à la Haye.

Selon l’AFP, l’effroi se dessinait sur les visages des personnes  présentes dans la salle d’audience du tribunal, au moment de l’énumération de la longue liste d’atrocités commises en Ituri   par  le groupe armé que dirigeait l’ex-seigneur de guerre Bosco Ntaganda dit  » Terminator « . Ces atrocités consistaient notamment en des actes de viols, éventration de femmes enceintes, esclavage sexuel, enrôlement d’enfants soldats âgés de moins de 15 ans, meurtre d’un prêtre catholique, … une liste noire qui a donné des frissons à l’assistance dans la salle d’audience.

Le juge Robert Fremr de la CPI s’est dit convaincu que  Ntaganda  » remplissait une fonction militaire très importante et avait un rôle déterminant pour mettre sur pied un groupe armé puissant à même de chasser la population locale « . Pour ce magistrat,  » au vu de ses ordres directs pour tuer des civils, l’ex-chef de guerre approuvait le  comportement criminel de ses soldats par son comportement  « .

18  chefs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité

Au cours de l’audience organisée le  lundi 8 juillet à  La Haye, les juges de la CPI ont déclaré le Congolais coupable de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Outre les crimes sexuels et les massacres, il  est également reproché à Bosco Ntaganda d’avoir persécuté des villages entiers et forcé le transfert de la population civile.

Celui que les Congolais vivant à l’Est du pays ont fini par surnommer  » Terminator  » est apparu à l’audience de lundi le visage fermé, vêtu d’un costume sombre et d’une cravate rouge bordeaux. Quant  à la peine il encourt, elle sera prononcée lors d’une prochaine audience, une fois que toutes les parties auront transmis leurs observations aux juges.  Mais d’ores et déjà, dans les coulisses de la CPI, on laisse entendre que l’ex-seigneur  de guerre en détention à La Haye risque la prison à perpétuité,  s’il ne fait appel du jugement.

Féru de chapeaux de cowboy et amateur de bonne cuisine, l’ancien chef de guerre aurait tenté de se donner bonne conscience par rapport aux atrocités lui imputées en soutenant (en kinyarwanda) qu’il est un  » révolutionnaire  » et non un criminel, rejetant même le surnom de  » Terminator « .

Outre l’accusation d’avoir exécuté un prêtre de ses propres mains, des ONG lui imputeraient aussi la mort  de plus de 60 000 personnes depuis l’éclatement en 1999 de violences sanglantes en Ituri. Bosco Ntaganda  est également accusé d’avoir joué un rôle central dans la planification des opérations de l’Union des patriotes congolais et de son bras armé, les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC).

Au cours d’une attaque menée sous le commandement de ce chef rebelle d’origine tutsi, ses soldats ont tué à coups de  » bâtons, couteaux et machettes  » au moins 49 personnes dans une bananeraie près d’un village, a déclaré le juge Fremr.  » Des hommes, des femmes et des enfants, dont des bébés, ont été retrouvés dans la plantation. Certains des cadavres étaient nus, certains avaient les mains liées, d’autres avaient le crâne écrasé « , a encore indiqué le juge de la CPI. Et dans ces atrocités, les rebelles que  dirigeait Bosco Ntaganda allaient jusqu’à éventrer des corps de femmes enceintes !

Réfugié à l’ambassade des États-Unis

Né au Rwanda, où il a fait ses armes avec le Front patriotique rwandais (FPR), M. Ntaganda, issu d’une famille tutsie, avait la réputation d’être un leader charismatique. Général de l’armée congolaise de 2007 à 2012, il est ensuite devenu l’un des membres fondateurs du groupe rebelle du M23, qui a finalement été vaincu par les forces du gouvernement congolais en 2013.

À la suite de dissensions accompagnées de combats au sein du mouvement, Ntaganda est contraint à fuir au Rwanda et à se réfugier à l’ambassade des États-Unis à Kigali, d’où il demandera son transfert à la CPI, une initiative inédite dans l’histoire de la juridiction.

Par DMK

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