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A travers une lettre ouverte : L’ASADHO interpelle les professeurs d’Universités de la RDC

asadho

L’ONGDH accuse ces intellectuels d’avoir été absents de toutes les luttes que
les Congolais ont menées pour le changement dans le pays
Par GKM

A travers une lettre ouverte N/Réf : 047/ASADHO/CE/JCK/FD/2019  adressée aux professeurs d’Universités de la RDC, l’Association Africaine de Défense des droits de l’homme(ASADHO) interpelle l’élite congolaise qu’il accuse d’ d’avoir été absente de toutes les luttes que les Congolais ont menées pour le changement dans le pays.
Dans ce document, l’ONGDH se dit préoccupée au sujet du rôle que les professeurs d’Universités sont appelés à jouer dans la situation politique, économique et sociale actuelle que traverse la RDC.

L’ASADHO fait référence à l’article 22 de la Déclaration de Kampala de 1990  sur la liberté intellectuelle et la responsabilité sociale des intellectuels va dans ce sens quand il dispose que « Il incombe à la communauté intellectuelle de faire sienne la lutte des forces populaires pour leurs droits et leur émancipation, tout en y prenant part ».
Mais l’organisation constate que depuis longtemps,  particulièrement depuis 2001, à part quelques exceptions, les professeurs d’universités de la République Démocratique du Congo ont failli à leur responsabilité sociale.

Une démission qui ne dit pas son nom

Dans cette lettre ouverte, l’ASADHO note que les professeurs d’Universités de la RDC ont été absents de toutes les luttes que les Congolais ont menées pour obtenir la révision des contrats miniers en 2007 ,s’opposer à la révision de la Constitution en 2011, exiger le  respect de la Constitution par  Monsieur  Joseph Kabila et sa Majorité présidentielle ;dénoncer la corruption et les antivaleurs à tous les niveaux, y compris dans vos universités ,dénoncer les différents massacres perpétrés à Beni et dans l’espace Kasaï ,exiger l’organisation des élections dans le délai prévu par la Constitution ,dénoncer la répression dans le sang des manifestations pacifiques.

« Au lieu  de vous impliquer  dans ces luttes du peuple  congolais, vous vous êtes focalisés sur le monnayage  des syllabus, la multiplication des « diplômes politiquement obtenus », la pratique des « points sexuellement transmissibles »,  et sur les revendications tournées plus vers l’augmentation et la perception régulière de vos primes ainsi que d’autres avantages du corps académique.  La lutte des forces populaires pour la démocratie ou l’Etat de droit a été absente de vos préoccupations », écrit Me Jean Claude Katende, président de l’ASADHO.

Le numéro 1 de l’ASADHO signale aussi que les différents pouvoirs politiques ont utilisé les professeurs d’universités pour asseoir leur autoritarisme,  justifier les tentatives de révision de la Constitution et différentes violations des droits dont de nombreux Congolais, particulièrement  les jeunes , ont été les principales victimes.

« Le positionnement politique et les intérêts financiers, matériels ou tribaux  vous ont divisés, au point que vous n’êtes plus capables de défendre ce qui est juste et bon pour l’ensemble du peuple congolais. Beaucoup d’entre-vous sont devenus de promoteurs ou des avocats de leurs provinces ou tribus au sein des universités, alors que notre peuple attendait de vous un message d’unité et de cohésion nationale. Si la société congolaise a échoué et  perdu ses repères, c’est aussi à cause de votre démission et même de votre trahison », fait remarquer Me Katende.

Les exceptions saluées

Selon l’ASADHO, la plupart des professeurs d’universités sont plus préoccupés par leur devenir personnel que par le devenir collectif ou national. Cette recherche de la réussite personnelle n’a même pas permis à beaucoup d’entre vous d’être reconnus au plan international ou mondial, note encore Me Katende qui signale que trop peu de professeurs d’universités sont capables de publier des articles d’une grande rigueur scientifique dans les revues ou magazines de renommée mondiale.

« Aucune université congolaise ne figure actuellement parmi les 150 premières en Afrique. Comme corps, vous avez globalement échoué votre mission », signale –t-il. Vous êtes nombreux dans les partis politiques et institutions publiques, qu’est-ce que vous y faites pour que le Congo se porte mieux ?  Vous y agissez comme tout le monde, avec toute légèreté,  alors que vous êtes sensés être la lumière du Congo, les modèles des intellectuels congolais.

Vous êtes ceux qui devraient inspirer notre jeunesse pour qu’elle se batte pour plus de démocratie et de justice pour tous.  Mais l’exception ne manque pas. L’ONGDH  tient à féliciter et à remercier certains professeurs d’universités comme André Mbata, Norbert Kampetenga, Philippe Kaganda, Arnold Nyaluma, Denis Mukwege, Thierry Landu, Kambayi Bwatshia, Jean-Louis Esambo et Paul René Lohata pour leur engagement dans la lutte du peuple Congolais pour réclamer une vraie démocratie participative.

Organisation  affiliée à la Commission Internationale des Juristes (Genève), à la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), dotée du statut d’observateur auprès de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des peuples basée à Banjul en Gambie, l’ASADHO estime que le Congo est confronté à des défis qui nécessitent une mobilisation générale des intellectuels et spécialement des universitaires.

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