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Les journalistes burundais maintiennent la lutte malgré les menaces

la liberté des médias au Burundi

Plus de 100 journalistes burundais ont fui le pays après la destruction des  stations de radio locales, en mai 2015.  Les stations autrefois animées ont cessé d’émettre et les observateurs, les groupes indépendants de la société civile et le bureau des droits de l’homme des Nations Unies ont été expulsés, jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne pour dénoncer la situation.

Deux défenseurs des droits humains,  à savoir Germain Rukuki et Nestor Nibitanga,  ont été emprisonnés pour des offenses liées à la sécurité de l’Etat, apparemment en raison de leur travail sur les droits humains. Mais tout le monde n’est pas parti. Travaillant sans relâche dans l’ombre, certains journalistes sont restés sur place. Quand on leur demande pourquoi ils n’arrêtent pas de travailler en tant que journalistes, ils répondent tous, comme à l’unisson :  » Si nous n’écrivons pas sur ce qu’il se passe, qui le fera ?  »

Les stations de radio privées, désormais basées dans les pays voisins, utilisent les listes de diffusion WhatsApp pour partager leurs bulletins d’information quotidiens. Les groupes exilés, tels que SOS Médias Burundi, publient anonymement sur les réseaux sociaux les reportages de leurs journalistes sur le terrain. Malgré ces précautions, le danger est omniprésent et beaucoup craignent que le pire soit encore à venir, regrette un observateur.

La pression monte dans le pays et alors  que le journal Iwacu,  continue à publier des enquêtes percutantes, ce tabloïd est régulièrement dans la ligne de mire des autorités.

Des Imbonerakure à la tête de la régulation et média d’Etat

A l’approche des élections de 2020, les journalistes s’attendent à ce que le gouvernement burundais trouve de nouvelles façons d’entraver leur travail, y compris par une surveillance accrue et des mesures restrictives imposées par le Conseil national de la Communication (CNC), le régulateur des médias contrôlé par le gouvernement. La récente nomination d’un ancien chef des Imbonerakure,  qui supervisait la ligue des jeunes du parti au pouvoir lorsqu’ils commettaient des abus flagrants,  à la tête de la radiotélévision étatique envoie un message glaçant à nos confrères.

Un responsable du service national de renseignements et un ancien responsable du ministère de la Défense ont aussi été nommés au conseil d’administration de cette radio, RTNB.
Depuis février 2019, lorsque le Congrès national pour la Liberté (CNL), nouveau parti d’opposition, a été enregistré, SOS Médias Burundi a posté plus de 120 fois sur Twitter des publications concernant le CNL. Ces publications incluent souvent des détails sur des meurtres,  disparitions, arrestations et passages à tabac de ses membres, des abus qui ont aussi été documentés par Human Rights Watch.

Un  journaliste d’une radio clandestine parle du travail des journalistes qui devient encore plus difficile, mais il est déterminé à continuer.  » Je peux voir avec l’arrestation des membres des partis de l’opposition que les élections auront probablement lieu dans un climat très tendu. Comme les médias parlent de ces problèmes, nous ne serons pas épargnés. « , insiste l’homme.

Les journalistes travaillant avec des ressources limitées et sans filet de sécurité sont une source d’information vitale pour la population burundaise de plus en plus isolée, et représentent un lien avec le monde extérieur.

Par GKM

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