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Retombées des violences xénophobes en RSA : Après Lubumbashi, Kinshasa sous tension

Des Congolais avant le match de Caf le 28/01/2013 entre RDC-Mali : 1-1 à Durban en Afrique du Sud. Radio Okapi/© Don John Bompengo

Le Consulat d’Afrique du Sud pris d’assaut jeudi dans la Capitale du cuivre, alors que des étudiants projettent ce vendredi un sit-in devant l’ambassade sud-africaine dans la première ville  de la RDC
Par YHR

L’ambassade de Belgique en République Démocratique du  Congo recommande à ses ressortissants d’éviter les endroits où auront lieu d’éventuels attroupements à Kinshasa aujourd’hui vendredi 6 septembre. Cela, suite aux violences ayant émaillé les manifestations à Lubumbashi contre les attaques xénophobes qui ont lieu depuis le 2 septembre en Afrique du Sud.

La représentation diplomatique belge signale que, sur les réseaux sociaux,  ont circulé des appels à manifester aujourd’hui vendredi à Kinshasa contre les violences se déroulant au pays de Nelson Mandela. Des étudiants des universités et instituts supérieurs de la capitale prévoient des marches et autres manifestations, avec un sit-in devant l’ambassade d’Afrique du Sud à Kinshasa.

Appel sur les réseaux sociaux à manifester ce vendredi à Kinshasa

Hier jeudi à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, la population est descendue dans la rue dans l’avant-midi pour protester contre la mort d’un étudiant congolais dans ces attaques xénophobes. Les manifestants ont pris d’assaut le consulat sud-africain, où ils ont tenté d’agresser le consul, et brûlé des pneus. La police est intervenue pour les disperser. Ils ont poursuivi leur manifestation jusqu’au centre-ville, où ils ont envahi et pillé la boutique d’habillement sud-africaine MRP, située sur la chaussée Mzee Laurent-Désiré Kabila, en face d’un restaurant sud-africain, qui a été sauvé de justesse par l’intervention d’éléments de la police, arrivés plus tôt pour sécuriser les lieux.

Paralysie des activités au centre-ville de la capitale du cuivre

Jeudi, on a observé une paralysie des activités au centre-ville de Lubumbashi, où les magasins étaient fermés. La police y a effectué  des patrouilles pour dissuader d’éventuels casseurs. Une manifestation a eu lieu également à Kinshasa, où un groupe de personnes appartenant à une Ong réputée proche d’un acteur politique a effectué une descente en face de la chancellerie de l’ambassade d’Afrique du Sud. Un mémorandum a été remis entre les mains de l’ambassadeur de ce pays en RDC, dans lequel il est question de la protection dont doivent bénéficier les étrangers résidant dans ce pays africain.  Par ailleurs, sur les réseaux sociaux, ont circulé des appels à manifester aujourd’hui vendredi à Kinshasa contre les violences se déroulant au pays de Nelson Mandela.

Fin du Forum Économique mondial de Capetown sur fond de boycott

Le Forum Économique mondial s’achève aujourd’hui vendredi 6 septembre à Capetown, seconde ville de la République Sud Africaine, sur un bilan mitigé. Il faut dire qu’il s’est déroulé dans un climat délétère, suite aux multiples actes xénophobes se déroulant dans ce pays d’Afrique australe. En réponse à ces violences, qui ont fait au moins sept morts, le pillage de centaines de magasins appartenant à des étrangers et occasionné quelques 200 arrestations dans le pays.

Plusieurs chefs d’Etat, parmi lesquels celui de République Démocratique du  Congo, Félix–Antoine Tshisekedi Tshilombo, ont décidé de boycotter cette rencontre. Ses homologues  rwandais et malawite,  Paul Kagame, et Peter Mutharika, n’ont pas non plus participé à  cette manifestation. Dans ce contexte de crise xénophobe, qui n’honore pas l’Afrique, la Zambie a également décidé d’annuler un match  amical international de football avec l’équipe nationale sud-africaine, les  Bafana Bafana, rencontre qui devait se dérouler à Lusaka. «C’est pour des raisons de sécurité, on ne sait jamais ce qui peut se passer», a déclaré le secrétaire général de la Fédération zambienne de football, Adrian Kashala.

L’Union africaine condamne

L’Union africaine, à travers le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki, et le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, n’ont  pas manqué de condamner les attaques dont sont victimes les étrangers vivant en Afrique du Sud. En outre, le numéro un nigérian a chargé son ministre des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama,  de convoquer l’ambassadeur d’Afrique du Sud au Nigeria, Bobby Moroe, pour s’entretenir au sujet de ces violences.

Par ailleurs,  plusieurs centaines de personnes ont perturbé le  mercredi 4 septembre le début d’une réunion du Forum économique mondial consacrée à l’Afrique pour dénoncer les meurtres de femmes et les viols en Afrique du Sud. Partis du Parlement, les manifestants, pour l’essentiel des femmes, se sont massés devant le centre de conférence accueillant le Forum économique mondial, qui réunit pour trois jours chefs d’Etat, patrons et investisseurs du monde entier.

Accalmie ?

Une certaine accalmie semblait s’observer jeudi dans les attaques xénophobes en Afrique du Sud, qui ont débuté le 2 septembre.  Ces actes inadmissibles en plein 21ème siècle ont commencé après l’assassinat d’un chauffeur de taxi par un prétendu trafiquant de drogue à Pretoria.  L’Afrique du Sud, aujourd’hui dirigée par Cyrille Ramaphosa,  connait cycliquement des poussées de xénophobie. Ainsi en 2008 et 2015, des migrants africains ont été pris pour cibles par des Sud-Africains surexcités, qui les ont molestés et pillé leurs biens. Mais les autorités sud-africaines ont toujours nié la nature xénophobe de ces incidents, parlant de simple délinquance.

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