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A l’initiative du bureau de l’UNESCO de Kinshasa : La création de l’Observatoire national pour la sécurité des journalistes entamée

« Aujourd’hui, nous sommes réunis pour poser un acte historique majeur, la création de l’Observatoire national pour la sécurité des journalistes. Cet Observatoire ne remplace pas le rôle et le travail des associations comme Journalistes en danger, dont nous saluons le courage et le devoir bien accompli ». Ainsi  s’est exprimé hier mardi 5 novembre, au Cercle français de Kinshasa, dans la capitale congolaise, le Dr Jean Pierre Ilboudo, représentant de l’UNESCO en République Démocratique du Congo.

C’était lors de l’ouverture de l’atelier de mise en place d’un Observatoire national pour la sécurité des journalistes en RD Congo.
L’orateur a, d’entrée de jeu, invité les participants à l’atelier à observer une minute de silence en   mémoire de Papy Mumbere Mahamba, animateur de la Radio communautaire de Muemba, assassiné à la fleur de l’âge (35 ans), samedi dernier, parce qu’impliqué dans la lutte contre la maladie à virus Ebola.

Il a, ensuite, déclaré que les journalistes, face à la sensibilité des sujets abordés dans le travail d’information partout à travers le monde et en temps réel, courent des risques énormes, souvent mortels. A ce propos, l’intervenant  a rappelé que la liberté d’expression est un droit fondamental essentiel à la dignité humaine, à l’Etat de droit et à la bonne gouvernance et que, dans les temps mouvementés de l’époque actuelle, il est important de fournir aux citoyens les informations dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées concernant leurs vies et leurs sociétés.
Pour ce faire, le représentant de l’UNESCO en République Démocratique du Congo a recommandé de compter sur les journalistes, les médias d’information et les producteurs de médias sociaux exerçant le métier des journalistes.

Un journaliste tué chaque semaine

« Seulement, la sécurité de ces derniers (journalistes) n’est pas tout le temps garantie car ils sont effectivement exposés à des menaces, des manœuvres de harcèlement, des violences et risquent parfois la mort », a poursuivi le Docteur, soulignant qu’en moyenne, un journaliste est tué chaque semaine, sans compter les correspondants étrangers et que, parmi les victimes, la grande majorité sont des journalistes locaux, prestant dans leurs propres milieux .

Les statistiques rassemblées par l’UNESCO ainsi que par d’autres organisations, comme le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF), The International News Safety Institute (INSI), l’Echange international de la liberté d’expression (IFEX) et l’Inter american press association(SIP), témoignent du nombre considérable de journalistes et de travailleurs de l’information tués dans l’exercice de leur profession.

Pour mettre fin à ces violences à l’endroit des professionnels des médias, le représentant de l’UNESCO en République Démocratique du Congo a rappelé, d’une part, que le premier Plan d’action de l’ONU sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité a été approuvé en avril 2012 selon un processus mené par l’UNESCO, et d’autre part, la résolution qui a finalement proclamé le 2 novembre la « journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes » a été adoptée. La date choisie est celle de l’assassinat, en 2013 au Mali, de deux journalistes français, Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Le Dr Jean Pierre Ilboudo a également expliqué en détails les principes directeurs dudit Plan et son objectif qui est celui de travailler à la création d’un environnement libre et sûr pour les journalistes et les professionnels des médias dans les situations conflictuelles ou non, afin de renforcer à terme la paix, la démocratie et le développement dans le monde.

Il a aussi rappelé les mesures contenues dans le même Plan, avant d’insister sur la nécessité de mettre en place dans  tous les pays africains des comités nationaux chargés de créer l’Observatoire pour la sécurité des journalistes. Pour conclure, le Dr Ilboudo a précisé que cet Observatoire n’est un organe de l’UNESCO, mais une création nationale et qu’il appartient aux Congolais de lui donner la forme juridique qu’ils souhaitent et de le faire fonctionner.

Par Marcel Tshishiku

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