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Violences à Beni: halte à la manipulation!

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En  visite de travail dans cette ville meurtrie du Nord-Kivu,  Jean-Pierre Lacroix, chef onusien des opérations de paix, a déploré l’incendie des installations de la MONUSCO et appelé  la population à ne pas se tromper d’ennemi car, selon lui, les ennemis sont ceux qui ne soutiennent pas les efforts de l’ONU et du gouvernement.

Le territoire congolais de Beni, dans la province du Nord-Kivu, continue à être le théâtre d’attaques meurtrières perpétrées contre les populations civiles par des présumés rebelles ougandais de l’Allied Democratic  Forces (ADF), malgré la forte présence des Forces Armées de la République Démocratiques du Congo (FARDC) et des Casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo, (MONUSCO).

Ce pourrissement de la situation à l’Est de la RDC préoccupe au plus haut point le Secrétaire général de l’ONU, M. Antonio Guterres, qui a vite fait de dépêcher en RDC le chef des opérations de paix de l’ONU, M. Jean-Pierre Lacroix. L’émissaire de l’ONU a commencé sa visite samedi par la ville de Beni, où des installations de la Mission onusienne  ont été incendiées quelques jours avant par des manifestants visiblement mal informés et même instrumentalisés en guise de protestation contre ce que ces derniers considéraient comme une inaction des casques face aux attaques récurrentes dont les populations civiles de cette partie du pays sont victimes.

« C’est important d’être ici par solidarité au peuple congolais et aux collègues humanitaires. Nous allons tirer les leçons de ce qui s’est passé et renforcer notre partenariat. Il faut des enquêtes sur tout ce qui s’est passé. Il ne faut pas qu’il y ait l’impunité », a notamment déclaré à Beni le Français Jean-Pierre Lacroix. Après le Nord-Kivu, le responsable des opérations de maintien de paix à l’ONU est attendu ce lundi 02 décembre 2019 à Kinshasa où il aura un entretien avec le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, ainsi qu’autres autorités congolaises.

Ne pas se tromper d’ennemis

Au cours de sa visite dans la province du Nord-Kivu, l’hôte de la RDC s’est montré rassurant. « Le gouvernement et la MONUSCO ont réaffirmé leur détermination à travailler en commun. Il ne faut pas se tromper d’ennemis. Les ennemis sont ceux qui tuent et empêchent les équipes de riposte de protéger contre Ebola », a notamment affirmé Lacroix.

Durant son séjour dans le territoire meurtri de Beni, le proche collaborateur du Secrétaire Général de l’ONU a eu à s’entretenir  avec le commandant de la Brigade d’Intervention de la MONUSCO et son équipe ainsi qu’avec  le chef de bureau pour un briefing militaire à l’aéroport de Mavivi. Après son briefing militaire à l’aéroport de Mavivi, M. Lacroix et sa délégation se sont rendus à Boikene pour visiter le site incendié de la MONUSCO et rencontrer les autorités politiques et militaires de la ville de  Beni.

Le Secrétaire général adjoint de l’Onu en charge des opérations de maintien de la paix a mis à profit son passage au Nord-Kivu pour rassurer les populations congolaises de la détermination de l’ONU à accompagner le gouvernement de la RDC dans les efforts de la restauration de la paix à l’Est du pays. Il a également fustigé toute manipulation susceptible  d’amener la population à se tromper d’ennemis.

Vers le renforcement du partenariat FARDC-MONUSCO

« S’il y en a ceux qui jouent un autre jeu qui n’est pas celui de soutenir les efforts des Nations Unies, du Président de la république et de son gouvernement, il faut qu’ils soient dénoncés et condamnés », a déclaré Jean-Pierre Lacroix, samedi dernier à Beni, région qui fait face aux tueries des civils par les ADF. Ces rebelles ougandais commettent ces actes en représailles aux opérations des FARDC lancées contre ce groupe armé, avec l’appui de la MONUSCO.

« Nous allons voir comment nous pouvons mieux faire, nous allons voir aussi comment le partenariat avec les FARDC et les autorités doit être renforcé. Le président Tshisekedi nous avait envoyé clairement un message d’appui et de volonté de travailler avec la MONUSCO. Pour nous c’est un impératif que ce message soit bien entendu et se traduise par la réalité sur le terrain », a affirmé le haut-fonctionnaire onusien.
Après avoir rencontré le chef d’Etat-major général des FARDC qui est également à Beni, le secrétaire général adjoint de l’ONU s’est rendu à Biakato, où trois personnes engagées dans la riposte contre Ebola ont été tuées il y a trois jours, au cours d’une attaque armée.

Tout porte à croire que le constat fait par Jean-Pierre Lacroix sera au menu de l’entretien qu’il aura ce lundi avec le chef de l’Etat congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, alors que des voix s’élèvent de plus en plus au sein de l’opinion nationale pour exiger la permutation des officiers FARDC restés longtemps au front de Beni et dont certains se comporteraient actuellement en affairistes. Il est probable que le mandat actuel de la MONUSCO, qui arrive à terme dans quelques jours, et l’éventualité de sa prolongation  soient aussi évoqués au cours de l’entretien entre ces deux personnalités.

Par DMK

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